‹ Des Guérisons Tardives de la FolieChapitre 15 sur 30 · RESTES · texte numérisé non relu

RESTES

bien difficile était mon état, ne parlant jamais pendant de si longues années que j'ai habité l’Asile, il fallait donc attendre que je puisse prononcer quelques paroles. Mais aussitôt, surveillant toujours vos pauvres malades avec la plus parfaite bonté, aidé de ma chère sœur Félicité toute à son devoir, par ses paroles, sa patience, son courage, Je suis revenue à la santé ; me voilà près de celle pour qui j'ai tant souffert ; heureuse la chère enfant de me recevoir, son mari m’a accueilli avec bonté et sympathie. Je leur serai utile je crois, et pourrai satisfaire mon désir, croyant ne pas avoir encore assez fait mon devoir. Il y a leur petite fille qui est bien belle et très délicate à élever, elle est assez souvent malade, je me ferai un plaisir de l’élever.

« Monsieur, laissez-moi une fois de plus vous dire merci, mille fois merci ».

Cette femme doit certainement être considérée comme guérie ; elle avait, en effet, complètement conscience de son état ancien, des causes de sa maladie et de son état, lors de sa mise en liberté. Elle ne présentait plus de troubles délirants ou hallucinatoires, s’occupait très régulièrement, et avait recouvré ses sentiments affectifs, mais ses facultés intellectuelles, la mémoire notamment, restaient sensiblement affaiblies, et, non seulement, cette femme avait conscience de cet affaissement, mais, dans une lettre à sa fille, elle déclarait qu’il persisterait, et qu’elle ne serait plus capable de supporter les émotions dont elle avait été abreuvée jadis. Il s’agit donc bien plutôt d’une guérison que d’une amélioration, guérison intéressante par sa lenteur à s'affirmer, et par ce fait que M€ H... avait conscience du degré de débilité mentale quirésultait de la durée de la maladie.

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