‹ Des Guérisons Tardives de la FolieChapitre 4 sur 30 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Du Pronostic en Médecine mentale.

« Le pronostic, at-on dit, résume le rôle du médecin » et en médecine mentale, plus peut-être qu’en médecine physique, la première question qui est posée au médecin n'est-elle pas celle-ci : « Le malade guérira-t-il ? Quand guérira-t-1l ? » Mais quel doute, quelle incertitude s'empare aussitôt de l’aliéniste quand il lui faut répondre ; sur quels principes fixes en effet pourrait-il baser une opinion absolue : l'élément anatomique nerveux est encore si peu connu au point de vue pathologique, et le mystère ne règne-t-il pas sur la lésion dans la plupart des vésanies ? On a bien créé des formes nouvelles, des mots nouveaux, on à groupé des symptômes, on a fait de l'observation, et on s’est convaincu que cette science des éléments psychiques n'avait rien de régulier, rien de fixe dans son évolution.

C'est laisser entrevoir toute la difficulté qui entoure le pronostic et elle semble d'autant plus grande que ce pronostic est lui-même plus important. Car il ne s’agit pas seulement de considérer le malade isolé en traitement actif, de se demander s’il guérira ou non, s'il sortira de la crise qu'il traverse plus ou moins meurtri; 1l faut songer

Lies

aux germes morbides et héréditaires qu’il porte en lui, penser à sa descendance, aux conséquences terribles de toutes espèces qui peuvent en découler.

« Guérison ou chronicité » tout est là, etla question de durée ne serait que secondaire, si elle n'avait une importance pratique aussi grande. Mais pour formuler une de ces deux opinions,que d’'hésitation! Tantd’éléments entrent en jeu, et encore un si grand nombre d’entre eux ne sont susceptibles d'aucune mesure même approximative, ou échappent au médecin. Pour se diriger dans ce dédale d’incertitudes, on a multiplié les conditions de recherches et pour se faire un sentiment plus fondé on a envisagé d'abord le malade avec ses antécédents héréditaires et personnels, son âge, son sexe, Sa puberté, ses névroses, sa profession, sa vie, ses maladies antérieures, son développement intellectuel et moral. On a ensuite examiné sa maladie avec sa forme, son début, ses causes, ses symptûmes, ses complications, etc... et avec toutes ces données on à hésité encore à formuler un pronostic catégorique, que l'avenir vient souvent démentir ou convaincre d'erreur.

Nous n'entreprendrons pas maintenant de reprendre ces différentes conditions et d'examiner les variations que subit le pronostic suivant chacune d'elles. Ce travail serait trop facile : nous n’aurions qu'à interroger les divers traités de médecine mentale qui ont tous longuement énuméré les résultats de l'observation : nous ne pourrions alors que répéter après eux que la curabilité est en raison directe de la durée de l'affection ; plus la marche est aiguë, plus il y à de chances pour la guérison ; la

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