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forme la plus favorable au point de vue du pronostic est la mélancolie simple ; les femmes guérissent plus facilement que les hommes ; le jeune âge entraine un pronostic plus favorable, etc., etc.
Nous voudrions envisager le pronostic dans les maladies mentales à un point de vue plus général, et donner les diverses opinions qui ont été émises sur cette question par des voix autorisées.
Mais disons d'abord que de tous temps certaines formes d’aliénation ont été jugées par tous et admises comme à Jamais incurables : l’idiotie, l’épilepsie, le crétinisme, (malgré les succès de Bourneville et les injections de suc thyroïdien). On à même songé à créer des asiles spéciaux et lorsque ce projet fut apporté au Sénat en 1884, ces asiles ne devaient être occupés que par ces trois catégories d’aliénés. Il est évident en effet qu'en pathologie nerveuse, une lésion organique grave, héréditaire ou même acquise, entraînant des troubles intellectuels, aboutira fort rarement à une guérison absolue, et les quelques excevtions citées, la plupart passibles de critiques, ne sauraient empêcher le médecin de se prononcer catégoriquement : « L’épilepsie guérie, n’a-t-on pas dit, n'est qu'une longue absence d'attaques ». Aujourd’hui, on à encore frappé d'incurabilité, et avec raison, la paralysie générale, dont les rares guérisons publiées (Nasse) n'étaient peut-être que de longues rémissions — le délire systématique à évolution progressive de Magnan lorsqu'il est franchement accusé ; et Ballet regarde comme incurables
les persécutés à évolution progressive et les persécutés persécuteurs — la démence enfin, lorsqu'elle existe depuis
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un certain temps; le docteur Kowalewski a cependant plaidé en faveur de la curabilité des psychoses chroniques et surtout de la démence ; il conclut à la possibilité de sa suérison lorsqu'elle est consécutive à une lypémanie ou à une manie; mais sait-on au juste où commence la démence? Les « frontières de la folie » sont encore bien difficiles à délimiter, malgré les travaux de Cullerre.
Ajoutons que parmi les nombreuses classifications des maladies mentales, il en est une intéressante pour nous que fit paraître en 1893 le professeur Kræpelin d’Heidelberg, et que nous croyons utile de résumer très brièvement. Se basant spécialement sur leur curabilité, 1l les divise en trois classes principales :
1° Maladies curables, aiguës et subaiguës, produites généralement par des causes extérieures et suivant une évolution déterminée (les délires, les états d’épuisement aigu, la manie, la mélancolie, le wahnsinn).
20 Maladies constitutionnelles, incurables à marche chronique, continue ou périodique, dues surtout à des causes internes (folies périodiques, folie systématisée, dégénérescences psychiques, neuroses générales).
3° Maladies à marche chronique, le plus souvent progressive, dues le plus souvent à une cause morbifique externe, avec lésion grave de la nutrition cérébrale et se manifestant même par de profondes altérations organiques (intoxications chroniques, la paralysie générale, les états de démence acquise, les anomalies du développement psychique).