INTRODUCTION
Un cas récent, présenté par notre maître le professeur Cha- -vannaz, d'hématocèle sous-péritonéale développée dans le ligament large, atlire à nouveau l'attention sur une modalité d'épanchement sanguin dans la cavité pelvienne, rare, et, partant, peu connue et peu étudiée.
Le tissu cellulaire sous-péritonéal, inclus entre les deux feuillets du ligament large, peut être le siège d'épanchements sanguins, d'hématomes sous séreux. C’est à ces collections sanguines que Huguier, en 1851, avait donné le nom d’hématocèle extrapéritonéale.
Dupouy, dans sa thèse, a contesté la valeur de cette dénomination qui, selon lui, ne pourrait s'appliquer à une catégorie d'épanchements obstétricaux, tels que ceux qui succèdent à des ruptures utérines sous-péritonéales.
Sous le titre que nous avons choisi d'hématomes inclus dans
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le ligament large, nous comprendrons dans cette étude toutes les infiltrations sanguines, enkystées ou diffuses, limitées au tissu cellulaire des ligaments larges, répandues ensuite dans le tissu sous-péritonéal pelvien ou envahissant secondairement la cavité péritonéale par effraction du feuillet séreux postérieur du ligament.
Les unes trouvent leur origine dans une rupture sur place des vaisseaux utéro-ovariens que contient le tissu cellulaire sous séreux ; d’autres viennent d'organes voisins : utérus, trompes, ovaires; d’autres sont de véritables tumeurs sanguines du ligament large ; enfin, cerlains épanchements sanguins doivent être groupés dans une catégorie que nécessite leur pathogénie : tels sont les cysthématomes menstruels postopératoires de Dartigues.
Après avoir fait l'historique de la question et rappelé l’anatomie chirurgicale du ligament large, nous essaierons de faire une classificalion étiologique et pathogénique des épanchements sanguins intraligamentaires; nous les étudierons ensuile au point de vue anatomo-pathologique, clinique et thérapeutique.
Une étude d'ensemble de l’hématocèle sous-péritonéale mérite d’être faite, après les travaux multiples qu'a fait naître l’hématocèle intrapéritonéale, aujourd'hui une affection des plus connues en gynécologie.