ETUDE CLINIQUE
Les hémorragies sont le svmptôme alarmant el <e présentent soit spontanément, soit provoquées par nne selle un toucher rectal un lavement. Leur précocilé est parfois très grande. Le Professeur. Quenu eite des eas ou elles ont précédé de deux el quatre ans les premiers svmptômes. Ce sont des cas exceptionnels au sujet desquels on à prononcé le nom « d'hémorragies précancéreuses » les comparants ainsi aux hémmoragies” prétubereuleuses. I nous parait surprenant qu'une lésion si elle est du cancer surtout de Fépihélioma evlindrique puisse rester latente pendant des années après avoir provoqué une abondante hémorragie qui témoigne d'un certain désordre Uissulure. En général les hémorragies: sont moins précoces el nous en retrouverons deux qui ont précédé de un an les autres svmptômes, une huit mois, une de deux mois, trois qui ont été suivies de troubles fonctionnels.
On pourrait certanement multiplier les formes de ces hémorragies. Même dans les cas que semble-E1l on peut rapprocher, on retrouve des différences de détail appréciables, mais il nous à paru utile de les grouper et à la lecture des observations on peut les ramener à trois types cliniques parfaitement définissables.
1° Les hémorragies initiales imnassives ;
2° Les saignements ;
3° Les filets de sang dans les selles ;
Fe
Les hémorragies initiales massives sont celles émises spontanément en général et en dehors des selles, d'une abondance d'un verre et plus sans qu'aucun symptôme ait attiré lattention du côté du RU ou de l’état général.
Les saignements sont les émissions sapguines moins abondantes que ces premières presque-toujours émises à l’occasion d’une selle et rappelant en tous points les saignements hémorroïdaires.
Quant aux ns de sany dans les selles il se défimssent par eux mêmes
Les Hémorragies initiales massives
C'est la forme la plus curieuse du début du cancer du Rectum et c’estsur elle que nous voulons insister. Cette hémorragie est signalée simplement en quelques lignes. dans les travaux originaux sur la question et 11 semble que sa valeur n'ait pas été mise suffisamment enlumièré. Le Professeur Quenu, dans un article de la Revue de Chirurgie de janvier 1897, les signale el en donne des exemples résumés mais plus lard dans une lecon faite en 191%, à Phôqital Cochin, il ne les cite pas et les confond avec les saignements provoqués par l'émission des matières dont nous avons voulu les séparer. Mondor dans le beau travail sur le cancer du Rectum qui eons- Ulue sa thèse inaugurale insiste un peu plus. Il nous à paru qu'elles élaient un signe de grande valeur par leur fréquence el par leur précocité el qu'elles méritaient d'etre dégagées des symptômes ‘du début représentant un avertissement inférieur pour le médecin.
Elles sont fréquentes si nous nous en 'apportons aux observations que nous avons recueillies : sur les 38 ob- :
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servalions retrouvées nous les rencontrons 12 fois. Dans quelques observations: leur précocité est très grande. Mondor dans sa thèse cite des cas où l'hémorragie s’est montrée 6 ans et 10 ans avant l’époque où la malade est venue consulter. I faut convenir que ce sont des cas exceptionnels ; en général le témps écoulé est moins long et la moyenne est de quelques mois à un an. Nous résumons ici quelques observations qui mieux que des descriptions auront toute l'éloquence des-faits,
Observation due à l’obligeance du professeur Forcur. — P. E. cultivateur 49 ans,entré à Phôpital suburbain, Salle Delpech n° 13, le 15 octobre 1919, pour hémorroides. Début par hémorragie intestinale abondante un dent Hitre de saug pur,survénue sans cause apparente,en dehors d'une selle, et en bonne santé, il y a deux mois; sang dans les selles à diverses reprises depuis. Selles normales pas de peaux, nt fausse membranes, pas de besoins fréquents d'aller à la selle. Etat général peu touché. Appétit conservé. Rien dans les antécédents, Au toucher tumeur bourgeonnante très fixée oceupant surtout la paroi postérieure du Rectum à 4 centimètres de l'anus; l'extrémité supérieure est atteinte difficilement par le doigt. Le 25 octobre anus iliaque., Etat jugé inopérable.
Observalion (professeur QuENv). — Une malade raconte qu'il y a 8 mois ne ressentant aucune douleur el croyant bien se porter elle perdit un Jour en allant à la selle un bou verre de sang. Cette perté se reproduisit plusieurs fois dans les mênres proportions puis disparut pour faire place lrois mois après à de petits summtements imtermittents. Actuellement carcimome annulaire à 8 ou 10 centimètres de Fanus.
Observation (professeur Quenv . — Un homme de 55 ans, deux ans avant lèpoque où 11 vint consulter
pour cancer annulaire présenta une première, puis une deuxième hémorragie très abondante (un litre dit le malade) ; les saignements s'espacèrent ensuite el se mêlérent à des écoulements glaitreux.
Observation (professeur Quenu). — Malade (hôpital Cochin, Salle Cochin, n° 20, mars 1895, entré à Phôpital pour cancer du Rectum. Hémorragie initiale # ans auparavant. |
Observation (professeur Quenu). — E. L. (hôpital: Cochin, Salle Bichat 6, 13 octobre 1892). Le mal s’annonça au commencement Jhillet 1892, par une hémorragie post-fécale qui se reproduisit trois fois dans la mème Journée el qui au dire du malade oceastonna une perte de sang de plus d'un litre : au mois de Septembre 1892, nouvelle hémorragie qui affaiblit le patient au point de l'obliger à interrompre son travail ; puis seulement alors apparurent les douleurs et les difficultés dans la défécation.
Observation (MôXboR). — M. À: constipation depuis avril 1903, envoyé à Plombhières pour arthritisme. En avril hémorragie (un verre) quelquefois depuis un peu de sang dans les selles : douleurs dans la région coecvsienne. Au toucher à 6 centimètres de lPanus épaississement en forme de bourrelet qui arrête le doigt. Le 27 septembre 1903 (M. Hartmann) ampultation très pénible l'épithelioma avait envahi là protaste et le eul de sac vésico-rectal. Mort 5 jours après.
Observation (Moxbor} À....5# ans, opéré pour fistule en 1897, à deux reprises en huit jours. L'hiver dernier un soir, en lrain d'écrire, se sent mouillé, regarde, sang sur sa chemise. [lv à # mois, même accident, 11 y à # jours même accident (toujours sans prodrome sans douleur). Le 27 octobre 1910, au toucher
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rectal, ulcération dure, circulaire, occupant l'ampoule au niveau (le Sa partie moyenne, Le 15 novembre 1910, amputation abdomino périnéale, bonnes suites opératoires. Meurt le 26 février 1911, avec des signes de urippe infectieuse et sans récidive.
Observation (MoNpoR). : G.... 38 ans. Entré à Bichat, le 31 décembre 1911, pour douleurs sacrées elenvies fréquentes. ÎY à % ans hémorragie pendant défécation. I y à 3 ans coliques fréquentes, «des menbranes dans les selles ; il Y à 2 ans Incontinence des” malières. Au mois d'août 1911, douleurs abdominales généralisées. Depuis mictions fréquentes. Toucher recll : le doigt s'engage à frottement dans un étroit défilé qui nt stnent au dessus de l'anus semble oceuper toute la circonférence du Rectum et être limité par un bourgeonnement dur et inégal. Le 26 décembre 1911, ampuütation abdomino périnéale avec abaissement de Fintestin. Bonnes suites opératoires.
Dans ces observations l’hémorragie est bien le prenier signe. Elle surprend le malade en bonne santé apparente et se montre brusque et abondante. Dans les observations suivantes l'hémorragie massive à été précédée de quelques jours seulement par quelques petits signes avertisseurs.
Observation ‘due à lobligeance du professeur ForGur. —T. F, 55 ans, entré salle Delpech, n° 22, hôpital Suburbain le 8 août 1919, pour douleurs sacrées et suintements sanguin par l'anus. En mars 1919,quelques gouttes de sang avec les matières, pas de douleurs, état général non altéré. Le 12 avril, à la suite d'un effort fait pour déterrer ün soc de charrue hémorragie abondante d’un demi litre de sang environ en dehors de toute selle, Jamais d'autre hémorragie depuis. Mais un mois après écoulement glaireux. À son entrée douleurs sacrées
RE #7 Vo:
continuelles avec irradiation dans les régions inguinocrurales, écoulement continu de glaires sanguinolentes. Au toucher à # eentimétres de l'anus, tumeur ‘bourweonnante occupant toute la circonférence du Rectum mais développée surtout sur sa paroi postérieure, bord supérieur inaccessible au doigt. L'ensemble est tres fixé. Cas jugé inopérable. Anus iliaque le 22 août 1919.
Observation (Moxpor). — (Geneviève F.., vingl-trois ans. IE Y à onze mois après avoir perdu pendant buit jours un peu de sang parmi les gardes-robes, a été prise d'une hémorragie grave (après diner au moment de meltre son chapeau). Perd connaissance, aucune douleur : l'hémorragie énorme sur le plancher fut évaluée à plusieurs litres (?). Depuis cette époque envies fréquentes, cepéndant depuis onze mois défécation difficile, nécessité de lavements. Au toucher rectal : Presque immédiattement au-dessus du spincter le doigt pénètre dans une cavité anfractueuse bien développée surtout en avant, Pour trouver le canal intestinal il faut le contourner en arrière ; alors, défilé retréei, inégal, qui vient sur le. doigt pendant que la malade pousse. Amputation périnéale du Rectum et résection de la paroi postérieure du vagin. Neuf mois après ‘anus iliaque pour careinome récidivé au niveau de la fourchette vulvaire et de la fosse ischio-rectale droite. Le 7 décembre 1903, mort.
En général, après l'hémorragie initiale l'évolution clinique suit son cours @t apparaissent plus où moins rapidement d'autres signes fonctionnels qui amènent le malade à la période d'état. Mais parfois le mal reste latent après l'émission sanguine comme dans le cas suivant.
Obseraation (Moxpor). — H.., soixante ans. En mai 1910 (rien avant) sent une colique, va au cabinet rend du sang en abondance ; pendant la nuit qui suit plu-
SERV sieurs pelites hémorragies, puis un an sans trouble. En mai 1911, en voyage, coliques suivies d'hémorragies ; depuis cette époque douleurs et diarrhée. IE + à un mois douleurs abdominales, miclions fréquentes, conslation de pus dans les urines. Lavages. Sonde à demeure. Odeur fécale des urines, gaz à la fin de la miclion. Au toucher prostate volumineuse. Tumeur recto-sigmordienne. Colostomie iliaque gauche.
SI nous essayons de grouper les caractères par lesquels ces hémorragies se présentent en clinique, nous -vovons qu'elles frappent surtout par leur brwsquerie et leur abondance. Ge sont, en effel, ainsi qu'elles sont significative et qu'elles ont loule la valeur que nous voulons leur attacher ; sauf dans trois observations, elles surprennent les malades au cours de leurs occupalions par exemple ce malade se sentant mouillé en lr'ain d'écrire ou cette autre faisant son hémorragie au moment où elle met son chapeau.
La quantité du sang émise est toujours importante et nous pensons (que doivent entrer dans cette catégorie seulement les hémorragies qui représentent un verre et plus de sang. Certaines mêmes sont très abondantes, tels ces malades du professeur Quénu,qui évaluent leurs hémorragies à plus d'un litre. En tenant compte de lexagération habituellement rencontrée de ces malades on peut cerlainement conclure à une grande quantité de sang émis. D'ailleurs dans certains cas hémorragie a provoqué des troubles généraux et exigé un lrailement hémostatique.
Un autre caractère important et qui nous à permis de les définir consiste dans le fait d'être rassives. Elles ne sont pas mélangées à des malières où à des glaires et si elles sont provoquées comme dans quelques rares cas par une selle, elles sont émises soit avant, soit après les matières, mais jamais avec elles. D'ailleurs le sang
NET ee émis est rouge vif. C’est du sang frais. Ceci est probablement dû à l'abondance de l'hémorragie qui commande l'expulsion immédiate et empêche le séjour dans le Reetum comme dans la forme suivante.
Enfin à aucun moment nous ne retrouvons des donleurs avant ou au moment de l'émission pas de sensaon anormale à l'anus ou au, pétinée pas dépreinte. Sinon parfois un besoin impérieux d'aller à la selle phénomène réflexe conditionné par la réplétion du Rectum. Dans un cas, c'est la sensation d'humidité des vêtements qui a Signalé au malade son hémorragie.
Si ces rectorragies sont abondantes, elles se répètent un petit nombre de fois, deux ou trois fois au plus, ou bien dans la même journée et on peut considèser que c’est la même hémorragie qui suit son évolution, ou bien à plusieurs mois d'intervalle pendant lesquels le malade n’observe pas de troubles. Mais elles s'arrêtent spontanément et font place à des troubles fonctionnels ou à des saignements peu abondants. C’est donc par leur abondance plus que par leur fréquente répétition qu’elles peuvent provoquer des troubles d’anémie.
En résumé, réctorragies brusques, abondantes, massives surprenant le malade en bonne santé apparente tels sont les caractères cliniques qui caractérisent cette hnportante catégorie d'hémorragie dans le cancer du Rectum au début.
ILest plus difficile de les interprèter que de les définir. Et d’abord on ne peut sempêcher de faire un rapprochement avec des faits analogues que l’on observe dans le cancer de l'utérus. M. le Professeur Forgue, dans ses cliniques, signale souvent des cas de cancer de l'utérus évoluant au début avec une latence fonctionnelle absolue jusqu'au jour où une abondante métrorragie vient effrayer le malade et l'amène à consulter.
Cette hémorragie présente tous les caractères de cel-
ur les que nous étudions etest symptomatique des cancers du corps.
De même on a rapproché ces rector ages précoces des hémoptysies constituant le premier signe clinique de l’évolution d’une tuberculose pulmonaire et on à parlé de «rectorragies précancéreuses » par analogie avec Îles « hémoptysies prétuberculeuses » se montrant chez un sujel sain jusque là au moins en apparence ne S s'accompagnant pas de fièvre, l’auscultation restant négative. Elle peut-être l'unique manifestation d’une lubereulose pulmonaire momentanément latente. C’est l'hémotypsie d'alarme.
Ces rapprochements permettent des hypothèses pour éclarer la pathogénie de ces rectorragies d'alarme.
Faut-1l éliminer la possibilité d'hémorroïdes ? On pourrait objecter en effet que les hémorragies qui se montrent très précocement surtout celles qui précèdent de plusieurs mois et même d'années la période d'état du cancer du Rectum sont le fait non de l’épithéliome mais d'hémorroïdes précancéreuse. Le Professeur Quenu répond à celà que «les malades n’accusarent aucun symptôme d’hémorroïdes auparavant, et que d’une manière progressive l’hémorragie initiale a été‘reliée aux autres phénomènes morbides sans aucune interruption franche de longue durée, comme il eut du exister si lhémorragie et le cancer avaient été deux faits étiologiquement indépendants ».
Faut-il pousser le rapprochement avec les hémoptysies prétuberculeuses jusque dans leurs causes anatomiques, et faut-il voir dans l’état précancéreux une congestion de la muqueuse comme celle que Tripier et Bard ont décrite pour le poumon sous le nom de « pneumonie hémorragique » ?
Certains auteurs et Quenu en particulier trouvent que ces hémorragies iniliales correspondent à une période
où « lulcéralion est peu accentuée si tant est qu'elle existe déjà » et font jouer volontiers un rôle aux ectasies veineuses péricancéreuses ou sous jacentes,hémorroïdes secondaires ou symptomaliques en somme du cancer du Rectum.
Enfin d’autres pensent que c’est bien l'ulcération néo plasique et les bourgeons cancéreux qui font saigner ou saignent. 1! s’agit de la rupture de vaisseaux dont les parois sont gagnées par lPulcération.
Il faut penser à notre avis que c’est là le mécanisme habituel, sans négliger toutefois le rôle des hémorroides secondaires, des poussées d’hypertension et de congestion entretenues souvent par de la stase fécale qui jouent cerlainement un rôle dans le déterminisme de la rupture vasculaire.
Les saignements
Les hémorragies ne se présentent pas loujours avec les caractères nels que nous avons étudiés dans la forme précédente. Souvent elles n’en ont ni l’abondance ni la spontanéité et nous désignons sous le nom de saignements les pertes sanguines peu abondantes émises en général à l’occasion d’une selle d’un lavement, d'une exploration rectale.
Ces saignements se retrouvent souvent au début clinique du cancer du Reclum. C'est la forme la plus couramment observée et dans les 38 observations que nous avons recueillies nous les retrouvons 17 fois. Ce sont celles que les malades désignent quand ils se plaignent de faire du sang. Mais elles sont peut-être plus trompeuses que la forme précédente qui au moins à l’avantage d'amener le malade au médecin. Les saignements sont connus comme étant le fait d'hémorroïdes et n’effrayent pas. |
Observation(aue à l'obligeance du Professeur ForGue) — À.J:57 ans. Journalier, entre le 18 septembre 1919. Salle Delpech 13, hôpital suburbain. Début il y a deux mois par petites Hehotragies imtestinales. Sang pur en petite quantité dans les selles s. Une fois gros caillot noir. Depuis à eu souvent un peu de sang dans les matières quelques débris, fausses membranes surtout ces derniers temps. Matières élirées, minces, volume du petit doigt à peine. Fétidité très marquée.
Pas de douleur pendant les selles. Souflre un peu après. Sa sensation dominante est celle de pesanteur avec prurit anal, constipation opiniatre.
Rien aux appareils sinon pollakiurie nocturne, pas d'hématurie rien de pathologique dans l’analyse'd’urine.
- Rien dans les antécédents.
Toucher. Tumeur perceptible occupant l’ampoule, surtout à gauche et en avant. La lésion forme un cratère à bords très saillants obliquement dirigé de droite à gauche et descendant plus bas à’ gauche. On peut la déplacer avec le doigt en haut. Mais elle est intimement soudée aux plans antérieure et parait avoir envahi la prostale.
Le 19. 9-19, sous Rachianesthésie. Anus iliaque.
Observation (professeur QuEenu). — Jeune fille 17 ans. Salle Terrier, 24 avril 1914. En juillet présence de sang dans les selles. On lui prescrit, sans examen direct des bains de siège. Les hémorragies rectales apparurent à intervalle de 42 à 15 jours, accentuant la faiblesse déjà grande. Constipation opiniatre,ne va que par lavement. Quelques mois plus tard fait un long séjour dans un hôpital des environs de Paris, il existe des envies fréquentes qui n’aboulissent qu'à l'expulsion de gaz ou de glaires sanguinolentes, parfois de sang. Voit le professeur Quenu au mois d'avril ; jusque là le toucher rectal n'avait
jamais été pratiqué. À #4 centimètres de l'anus le doigt rencontre une masse dure occupant les trois quarts postérieurs de l’ampoule adhérente en arrière au sacrum el Initable en haut. L'abaissement du Rectum est très pénible à l'intervention. Deux mois après résultat opératoire satisfaisant.
Observation (Moxpor). —- Mme B. 45 ans. Du sang dans les gardes robes depuis près de deux ans. En janvier 1908, hémorragie. Én octobre 1908, glaires qu'elle ne peul retenir. Douleurs dans les éuisses. Juin 4909, au toucher rectal tumeur inégale saillante à la partie supérieure de l’ampoule. Le 13 novembre amputation abdomino périnéale. Le 16 novembre le bout inférieur de l'intestin est manifestement sphacelé, va bien en décembre 1912: |
Observation (Monpor). — R. 63 ans, diabétique. Depuis six mois fausses envies et hémorragies par l'anus précédent les selles, quelquelois sans selles. Toucher à la parle supérieure de Pampoule, ulcération cratéri forme, dent circulaire, occupant la paroi postérieure. Limite supérieure inaccessible au doigt. Le 27 juillet 1911, ampulation abdomino périnéale en trois temps avee conservalion sphincter et abaissement, facile du colon. Huit mois après continence incompléte ; périnéorraphie postérieure avec excision de la cicatrice dibreuse. Actuellement la malade va très bien et retient très bien ses matières.
Observation (Moxpor). — M"°$. 59 ans. Depuis longtemps constipée, depuis 3 ou 4 mois, sang dans les gardes robes, sang ronge ou noir. Actuellement douleur sacrées el selles fréquentes. Toucher tumeur ampullaire commençant à l’anus, s'étendant à 6 centimètres au dessous. Le toucher provoque l'écoulement de liquide
CLS) etre glaireux sanguinolent. Biopsie : épithélioma c\lindrique. Ablation périnéale du Rectun, (Hartmann).
Observation (Moxpor). — Mme R., Pendant six mois diarrhée, souvent sang précédent les matières, épreintes. Amaigrissement Toucher cancer ampullaire, sténosant, Hinile supérieure inaccessible.
Observation (Moxpor). — M. H, soixante ans. Depuis novembre 1909, coliques et selles difficiles. Sang dans les selles. Toucher cancer ampullaire ne laissant pas passer le doigt. Tentative d’amputation rectale. Mort.
Observation (Moxpor). — B. trente quatre ans. Il y a quinze mois rend par l'anus, glaires, eaux rousses et sang depuis deux mois souffre de l'anus. Toucher : cancer ampullaire.
Obseervation (Moxbor). — C., quarante huit ans. Depuis trois ou quatre ans quelques faux besoins et un peu de sang. IF v à un an besoins impérieux, six à dix gardes-robes par jour. Toucher cancer ampullaire stenosant.
Observation (Moxpor). B. soixante-quatre ans. IE Y à un an.envies fréquentes et sang noir recouvrant les malières diarréhïques : quelquefois sang pendant émission de gaz à chaque miction besoin de garde-robe. Toucher canncer du haut rectum.
Observation (Moxpor). — Marie F. trente quatre ans Depuis huit mois trois ou quatre selles par jour et sang rouge sur les matières, Vives douleurs sacrées depuis cinq mois. Soignée pour fissure, pour entérile Jusqu'à l'apparilion d’une grosse hémorragie qui force le toucher rectal.
Observation (Monpor/. — C, cinquante cmq ans. Il y à six mois amaigrissement, défécation suivie d'hémorragie. Envies fréquentes. Toucher cancer du haut rectum.
Observation (Moxpor'. — Ch W. soixante ans. Entre pour diarrhée et hémorragie rectale en juillet 1912. Début il y a quatre mois. Ecoulement abondant d'un liquide rosé par l'anus. Toucher. Cancer de la paroi ant. de l’ampoule. |
Ubservation (MonpoR). — Mme R. cinquante trois ans. Entre à Bichat 5 avril 1913, pour petite hémorragie rectale. Toucher : cancer ampullaire paroi gauche du rectum.
A la lecture de ces observations résumées on voit que
ces hémorragies diffèrent sensiblement des précédentes et sont justiciables d'un groupement dislinet.
Elles n’en ont pas l'abondance et souvent leur quanlilé peut s’évaluer à quelles cuillerées ce qui permet de leur donner le nom de saignements préférable à celui d'hémorragies. Elles n’en ont pas la brusquerie, commengant par quelques émissions sangnines, se répétant les jours suivants et même plusieurs fois dans la journée. Etse montrent toujours à l’occasion d’une selle ou d’une émission de glaires et de gaz. Dans les selles le sang n'est jamais intimement mélangé aux matières, ceci s'explique par son origine reetale le bol fécal arrivant daus le Rectum déja constitué et condensé. Elles précèdent les selles, parfois les entourent, dautrefois elles sont émises après elles, le malade arrosant les matières avec lesang comme dans les saignements hémorroïdaires. Ce sang est presque toujours du sang rouge, mais sa pete quantité lui permet parfois d’être toléré dans le Rectum pendant plusieurs heures sans commander l'évacualion et 1l est rendu sous forme de sang noirâtre ou sous forme de caillots. Comme nous l'avons noté dans la première observation de ce chapitre.
Dans quelques cas la précocité de ce signe est très grande ce qui ajoute à sa valeur de diagnostic et nous
avons relevé dans l'observation suivante une précesssion de trois ans avant que le malade ne vienne consulter.
Observation (MoNpor). — Homme entre à Bichat, en novembre 1909. 11 v a 5 ans du sang mêlé à des glaires foncées vint après des défécations douloureuses pendant une période de 8 jours. Puis ces phénowènes cessèrent pendant 3 ans. De nouveau sang rouge dans les selles. Depuis fausses envies. Pas de douleur. Constipation. N'obtient par lavement que des matières liquides noiiâlres. Toucher. Tumeur du haut Rectum très fixée. Anus Hiaque.
En résumé, sang rouge, émission fréquente et peu abondante provoquée par une selle, tels sont les caractères qui différencient ces saignements des hémorragies initiales massives.
[Il serait superflu nous semble--1l de rejeter à tous propos les considérations d'ordre pathogénique que nous avons énoncées pour la forme précédente, mais 161 117 semble bien que ces hémorragies doivent être rapportées au traumatisme provoqué par le passage du bol fécal sur la surface ulcérée du néoplasme sans que doivent intervenir les notions d’ectasie ou de congestion de la muqueuse, nécessaires pour expliquer l'abondance et la précocilé de la forme précédente.
Filets de sang dans les selles
La troisième forme que nous voulons envisager n'offre pas les caractères nets que nous retrouvons dans les deux précédentes. IT s'agit ici de parcelles de sang; souvent de liquide sanguinolent mélangés aux matières ou aux glaires et se montrant toujours avec d’autres symptômes, soit de la diarrhée, soit des envies fréquentes.