EAU A ARE
au froid très vif, soit enfin à la suite d’une violente émotion, cette dernière circonstance pourra nous faire penser à une paralysie hystérique d’une corde vocale.
Un autre nous racontera que pendant un effort de voix il a senti sa voix craquer (Poyet), et que depuis il en ressent une douleur sourde et de l’enrouement.
Un troisième nous dira que depuis son dernier repas il a dans le gosier la sensation d’un corps étranger qu'il ne peut avaler. Ces mêmes malades peuvent se plaindre aussi d’un peu de gêne de la respiration, gêne apparue en même temps que les troubles de la phonation ou de la déglutition.
Si nous examinons le malade au laryngoscope, nous constatons sur les cordes vocales inférieures et ordinaire. ment sur leur bord libre une ou plusieurs ecchymoses qui se détachent en rouge foncé sur le blanc rosé de la muqueuse. La corde vocale est tuméfiée. Tous les points de la muqueuse peuvent être le siège d'ecchymoses. Quelquefois la suffusion sanguine nous apparaîtra sous la forme d’une petite tumeur rouge et fluctuante au toucher.
Les replis de la muqueuse peuvent être œdématiés, la couleur rouge foncé de cet œdème nous permettra de préjuger son origine, la ponction a été conseillée pour pouvoir affirmer sa nature hémorrhagique.
Les ecchymoses de la muqueuse peuvent être confondues avec de petites tumeurs telles que les nœvuset certains polypes plats. Une ecchymose très circonscrite pourra être confondue avec une varice du bord libre d’une des cordes vocales, ou bien encore avec un petit
Danet 7
Lex MONS
caillot de sang. Il nous faudra revoir le malade plusieurs
fois avant d'affirmer notre diagnostic, bien souvent nousdevrons assister à la résorption de l’épanchement avant d’être sûr que c’est bien un épanchement, nous le verrons diminuer petit à petit et enfin disparaître complètement dans un espace de temps qui variera de quelques jours à trois ou quatre semaines. C’est seulement quand’ l'évanchement sous muqueux est réduit à son minimum,
c'est-à-dire tout à fait au début de l'hémorrhagie ou à la fin du travail de résorption qu'il nous est possible d'en préciser la source, quelquefois elle pourra nous échapper complètement.
Chez le malade que nous avons pu suivre (V. Obs. XV), nous avons assisté pour ainsi dire au travail de résorption. Le premier jour où nous avions vu Me V..., la corde vocale inférieure gauche avait la forme d’un véritable caillot sanguin, elle était boursoufflée, noirâtre et de forme olivaire, il nous eût été impossible de préciser le point de départ de l’'hémorrhagie. Au bout de trois semaines la disparition de l’ecchymose se fit sur toute la lon-gueur de la corde en partant du bord ventriculaire vers le bord libre, de telle sorte que à un moment donné je bord libre seul était ecchymotique et boursoufflé alors que l:< 3/4 en étaient simplement rosés.
À jurtir de ce moment on pouvait voir sur la surface de la corde, occupant son milieu longitudinalement, c’està-dire dans le sens de sa longueur, un vaisseau relativement volumineux partant de l’attache thyroïdienne de la corde et venant se perdre au niveau de l’apophyse antéro-
interne. Plus tard l’ecchymose était réduite à un poin
rie
noir situé sur le trajet de ce vaisseau à deux millimètres environ de l’attache thyroïdienne de la corde vocale, c'était sans aucun doute le point où le vaisseau avait cédé.
Quelques jours plus tard ce petit caillot avait complètement disparu.