‹ Des hémorragies secondaires: par blessures de guerre et de leur traitementChapitre 12 sur 40 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

(Service de M. Faix)

B... François, © régiment d'infanterie.

Blessé le 24 avril par balle de shrapnell, à 7 heures du matin.

. Entré dans notre hôpital le 27 avril avec une fiche de diagnostic complète.

Il présente sur la face postérieure du moignon de l'épaule gauche, à l'union du bras et de la région scapulaire un orifice arrondi. I n’y a .pas d’orifice de sortie, On remarque une vaste ecchymose qui occupe toute la partie supérieure du cou tant à gauche qu’à droite. Du côté gauche, les régions sus et sous-claviculaires sont fortement gonflées et ecchymotiques. Il ya de l’emphysème sous-cutané (le blessé a expulsé des crachats hémoptoïques à l’ambulance). A la palpation on perçoit-un thrill continu avec renforcement synchrone au . pouls artériel. A l’auscultation on entend un soufile continu, avec même renforcément. Le pouls radial gauche est seulement plus faible que le droit, il n’est pas retardé. Tout l’hémithorax gauche transmet fortement les battements cardiaques. |

A la base on distingue quelques râles sous-crépitants mais la respiration est normale, il n’y a pas d'épanchement.

L'ecchymose diminue les jours suivants.

Le thrill et le souffle se localisent.

Le blessé ne peut mouvoir le bras gauche et se plaint de quelques douleurs au niveau du plexus brachial.

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7 mai. — La radioscopie nous montre un shrapnell assez superficiel au niveau du bord externe de l'insertion ster- : nale du $. G. M. droit.

9 mai.— Localisation du thrill et souffle maximum autiers externe de la clavicule. Pas de réaction inflammatoire. Bon état général sans température. Au bout de deux ou trois mois environ, M. Caraven, tant pour éviter une hémorragie secondaire par rupture toujours possible de cet anévrisme artérioso-veineux, que pour mettre fin aux troubles de compression du plexus, pratique l'intervention : quadruple ligature du faux-sac fibrineux sans résection de la poche trop adhérente. Guérison. ù :

° Blessé infecté. — Plaie sphacélée. — Le blessé a ou n’a pas eu d'hémorragie primitivé, mais il arrive avec un état général mauvais.

Souvent il a séjourné plusieurs heures ou plusieurs jours sur le champ de bataille après des journées de lutte et d’äpre fatigue sans prendre le temps de manger.. Tous les chirurgiens ont vu de ces grands diables amaigris, les yeux creux, le teint plombé, terreux, subictérique. Parfois quelque gangrène a déjà empoisonné l’homme avant d'apparaiître au piveau du membre. Chez ces blessés tantôt la plaie est atone, les bourgeons sans vie, tantôt, les tissus sont sphacélés en voie d’élimination. Ce sont des soldats qui ne savent plus se défendre : ils sont blessés, mais toutes leurs cellules sont malades. Ce

sont des blessés qui saignent et nous verrons tout à l'heure comment ils saignent.

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B) Cas avec hémorragies. — Symptômes

[1 ÿ à hémorragie foudroyante.

Il y a hémorragie en défaisant le pansement.

Al y a suintement sanguin continu avec redoublement intermiltent.

a) Hémorragie foudroyante. — L'observation cidessous en est un bel exemple.

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