‹ Des hémorragies secondaires: par blessures de guerre et de leur traitementChapitre 13 sur 40 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

(Service de M. Caraven)

Érfianere régiment d'infanterie, classe 1900.

Blessé le 18 novembre dans la nuit, par grenade. Entre dans notre hôpital le 21 au matin. Il présente une plaie au niveau du bras droit : un seul orifice; une autre au niveau de la jambe droite: un seul orifice.La partie supérieure du bras blessé est marquée d’une plaque couleur peau de chamois.

D'autres blessures attendent nos soins, on fait un pansesement.

Le lendemain, au-dessus de la plaie brachiale, dans la région deltoïdienne, la peau est infitrée. Elle offre les caractères de l’erysipèle bronzé et le long du biceps on perçoit de la crépitation. Il paraît s'agir d’une infection gazogèné bénigne. A la radioscopie on trouve trois ou quatre grains de plomb dans le bras en dedans de l’humérus.

Le malade, le soir du même jour vers sept heur e a une

très violente hémorragie (plaie du bras). D'après les dires

des infirmières, il venait de manger de bon appétit quand, soudain, le sang apparut au milieu d’une crise nerveuse’avec étouffement..… Elles firent immédiatement de la compression et mirent un garrot. L'hémorragie parut s'arrêter, mais néanmoins le malade perdit connaissance et mourut rapidement malgré les injections d'huile camphrée et de caféine.

23 novembre. — Autopsie. — On trouve un anévrisme

rompu de l'humérale.

b) Hémorragie en défaisant le pansement. — L'hémorragie se fait directement à l'extérieur au moment où l’on enlève le pansement. Ce sont de grandes saccades systoliques de sang rouge jaillissant hors de la plaie. Le blessé a de grandes sueurs, tendance à la syncope (Caraven, loc. cit.).

Il meurt sion ne pose pas le garrot qui permettra d'intervenir ensuite.

On a ici les signes classiques de l’hémorragie : angoisse, vertige, soif, sueurs, décoloration des téguments, D'ailleurs ils vous sautent aux yeux en même temps que vous arrose ce jet artériel, Le diagnostic est facile : à y «a hémorragie secondaire.

c) Suintement continu avec redoublement inter- mittent. — Le blessé, saignotant ou non d’une facon continue, inonde tout à coup son lit comme la femme inonde son péritoine au moment de la rUp= ture d’une grossesse tubaire... J’ai encore présent à l'esprit le cas d’un blessé près duquel je fus appelé en toute hâte : il était étendu sur sa couche, pâle, le

pouls rapide, une sueur froide perlait sur son front,

mais l’angoisse avait cessé, il ne saignait plus; de gros caillots gisaient entre ses jambes... et ce tableau n’était pas sans analogie avec une hémorragie placentaire.

En clinique cette variété fréquente d'hémorragies revêt deux formes bien différentes tant au point de vue de leur évolution que de leur traitement.

On a affaire en effet tantôt à des hémorragies artérielles d’un type un peu spécial; tantôt à des hémorragies médico-chirurgicales qui méritent une étude particulière.

1° Hémorragies artérielles : Type de l’hématome interposé. — En effet, ce qui les caractérise c’est la présence d’un hématome entre l’artère lésée et la peau, l’hémorragie continue étant due au trop plein de ce réservoir et le redoublement à sa rupture ou à sa védange brusque sous l'effet d’un mouvement intempestif, d’une hypertension artérielle, d’une suppuration qui supprime toute barrière ou qui pourrit le bouchon obturateur.

Nous avons souvent remarqué avec M. Caraven que dans ces cas l’hémorragie se fait par l’orifice de sortie ou d'extraction du projectile, l'entrée étant cicatrisée (voir Anatomie-pathologique, p. 68, $ 4).

A l’examen on note que cet hématome peut être soit pulsatile, soufflant: c’est le faux-anévrisme ; soit silencieux. Dans le premier cas,le diagnostic est évident, dans le second cas deux signes permettent d'affirmer la communication artérielle (Caraven).

«) C’est d’une part l'induration considérable de

O. Liénart 3

l'hématome et surtout ses limites peu précises comme dans les cancers épithéliaux ; | €) D'autre part, la douleur considérable au niveau de l’hématome et au-dessous. 4 L'observation suivante porle sur un cas typique d'hématome pulsatile par plaie de l'artére fémorale. Il y a eu rupture du faux-sac fibrineux et hémorra-

gie secondaire.

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