‹ Des hémorragies secondaires: par blessures de guerre et de leur traitementChapitre 18 sur 40 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

(Service de M. Tridon)

® R... Jean, ° infanterie.

Blessé le 5 mai 1916, à 2 heures du matin, par éclat d'obus.

Entre dans notre hôpital le même jour, à 14 heures.

La blessure siège à la partie inférieure et interne du bras droit œdématié.

Onintervient pour débrider la plaie. On tombe dans la loge postérieure du bras et l’on trouve,en mêmetemps quequelques caillots noirâtres, l’extrêmité inférieure eflilochée du nerf cubital sectionné par le projectile.

On place une pince sur cette extrémité et l’on va chercher dans la partie haute de la plaie l’extrêmité supérieure de ce même nerf. 3

Le nerf libéré, on arrive malgré tension à en rapprocher les deux bouts qu’on suture. Puis on examine la plaie dans la profondeur. Le {trajet paraît s’enfoncer entre le biceps et le brachial antérieur. On ne sent pas le projectile, on ne trouve ni fracture ni esquillè. À ce moment et bien qu'aucun instrument n'ait été enfoncé dans ce trajet on est inondé par une hémorragie veineuse (sang noir coulant en nappe).

Une mèche arrête cet écoulement sanguin. On draine la plaie, on immobilise à angle droit. Le blessé est remis au lit mais on le surveille au point de vue hémorragie possible.

Or, quelques heures plus tard, le pansement esttraversépar de la sérosité sanguinolente et un quart d'heure après, il

y a hémorragie. Des caiïllots se forment sous le bras du malade

ms

puis dans le lit, Garrot posé par une infirmière, transport à la salle d'opérations.

Anesthésie au chloroforme rapide et facile (shock). On défait le pansement.

Le garrot a été suffisamment serré pour arrêter l'hémorragie mais pas assez pour empêcher le pouls radial de battre. Ce pouls reste en effet perceptible malgré l'hémorragie, done il s’agit d'une hémorragie veineuse ou d'une hémorragie artévielle par artère de petit calibre {mais nous avons vu qu'on pouvait avoir bien des surprises).

Après enlèvement des compresses et mèches, on voit du sang sourdre de toute part. Le garrot paraît gênant par la stase veineuse qu'il produit artificiellement. On l’enlève, on voit le sang noir venir de la profondeur. On débride plus largement et on va à la recherche du paquet vasculaire en laissant le cubital en arrière (sa suture tient).

-Or sent battre l'artère en avant mais on arrive diflicilement à la voir car on l’aborde par un procédé non classique. On dissèque donc la cloison interne pour pénétrer dans la loge antérieure et on tombe sur la veine humérale déchirée latéralement et qui paraît bien être la cause de l’hémorragie.

Pince au-dessus, pince au-dessous, ligature. On passe donc deux fils avec une aiguille entre la veine et l'artère de faible calibre mais celle-ci se trouve piquée, on est obligé dela lier.

Le pouls bat toujours et il s’agit vraisemblablement d’une humérale déjà divisée et c'est sur la cubitale qu’a porté la ligature.

Sérum, huile camphrée.

Guérison.

O, Liénart

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