‹ Des hémorragies secondaires: par blessures de guerre et de leur traitementChapitre 26 sur 40 · OBSERVATION XVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVI

(Service de M. Faïx)

C’est une observation du même type que la précédente et nous la résumons.

On est intervenu quarante-huit heures après la blessure avant toute hémorragie.

Le projectile (éclat de bombe) avait pénétré dans la région deltoïdienne et était sorti en arrière du bord interne du biceps. Le bras était tuméfié, œdémateux, un suintement

noirâtre et {étide se faisait par l’orifice interne.

n'y avait pas de pouls radial perceptible.

Diagnostic posé : blessure probable des veines du paquet vasculaire...

On incise et fon tombe sur des caillots qui emplissent une cavité anfractueuse. Le nerf médian est arraché, les veines humérales sectionnées, obstruées et turgescentes. L’artère humérale bat à la partie supérieure de la plaie, plus bas sa tunique externe est lacérée en plusieurs points.fAprès résection et ligatures vasculaires, on examine le segment artériel contus : on trouve un thrombus volumineux très adhérent

s'étendant sur 5 centimètres.

OBsERVATION XVI. F1c. 2

TI, tunique interne.

TE, tunique externe.

M, tunique moyenne.

C, caïillot.

Les tuniques sont altérées.

2° Section artérielle complète ou plutôt arrachement avec hémostase spontanée mais temporaire parce que en milieu très infecté.

— Les deux houts écartés par suite de l’élasticité des tuniques, assurent leur hémostase par recroquevil-

lement de Ja tunique interne qui se rompt la première, les autres tuniques plus externes sont étirées el. se rompent les dernières en formant bonnet de nuit. Mais... s’il y a manque de débridement, mauvais drainage, grosse suppuration, infection nécrosante, l'artère ne tarde pas à subir, au niveau de ses parties plus ou moins déchirées, le sort des autres tissus, il y a ramollissement puishémorragie d'autant plus abondante et grave que le tronc atteint est plus gros ou que les secours se font attendre.

OBSERVATION XVII (Service de M. Tridon)

I1 s’agit d’un blessé reçu vingt-quatre heures après sa blessure.

Il présente une vaste plaie au niveau de l’extrémité inférieure de la cuisse droite avec fracture très esquilleuse du tiers inférieur du fémur : il y a rupture de l'artère fémorale et signes d'ischémie. Le blessé est fort anémié (hémorragie primitive) et ne peut supporter une amputation immédiate.

On pose une ligature sur la fémorale pour prévenir toute

hémorragie.

Décès le soir.

OBSERVATION XVII (Service de M. Faix)

IL s’agit d’un blessé par éclats d’obus.

Il nous arrive vingt-quatre heures plus tard avec des

plaies multiples et parmi celles-ci une large blessure de la

région dorsale du poignet avec lésions articulaires.

Vingt jours après il fait une hémorragie au niveau de la dorsale du carpe qui est sectionnée et baigne dans du pus.

On pose des pinces. Guérison.

3° Plaie latérale avec caïllot obturateur. — Liquéfaction du caïllot. — L'observation qui suit montre bien cette |variété de lésion artérielle, On a pu intervenir avant la chute du caillot : l’'hémorragie aurait été mortelle... (nous croyons aussi que ce caillot aurait pu s'organiser... provisoirement, mais le danger aurait été aussi grand : rupture brutale de faux anévrisme).

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