‹ Des hémorragies secondaires: par blessures de guerre et de leur traitementChapitre 27 sur 40 · C... Paul, caporal, .,. régiment infanterie. à · texte numérisé non relu

C... Paul, caporal, .,. régiment infanterie. à

Entre dans notre hôpital le 2 juillet 1916, à 15 heures. Il a été blessé Le 1°", à 20 heures, par balle : séton de la face interne du bras droit. Il portait son fusil de la main droite; sous le coup du projectile il le lâche et aperçoit presque au même moment une hémorragie très abondante (primitive). Le sang coule par l'orifice de sortie antérieur. Il saisit alors avec l'autre main la racine du membre atteint et le soutient en exerçant une pression qui paraît avoir certainement permis la formation du caillot. Voyage fen auto sans incidents. A son entrée bus apprenons cette histoire et notons la difficulté qu’éprouve le blessé pour fermer la main et mettre le

O. Lienart 9

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pouce en abduction. Le trajet de la balle nous invite à vérifier la lésion nerveuse probable du médian.

. Anesthésie au chloroforme, exploration du trajet brachial : le nerf médian a été traversé par la balle, il ne tient plus que par sa gaine.

L'artère humérale est blessée latéralement, l'ouverture est oblitérée par un gros caiïllot qui est exprimé mécaniquement au moment de la ligature et qui représente le moule de la lumière vasculaire.

On pose deux fils : l’un au-dessus, l’autre en dessous sans. réséquer. On suture le médian. Le pouls radial n'apparaît que le 3 juillet, à 13 heures.

Évacuation le 11, en bonne voie.

N.-B. — A l’examen de l'artère dans la plaïe, on vit la partie supérieure tuméfiée, rouge, turgescente, violacée. Elle battait. En dessous de la perforation : pas de battements, la

sortie du caillot exprimé nous en donne la raison.

Ogservarion XIX. Frc. 3

N, médian. A, humérale, C, caïllot obturateur.

C’, caillot exprimé par les deux ligatures. ,

Nous avons souvent observé de ces plaies latérales.

L'observation XII, page 54, en est un autre exemple, mais là le caillot avait été expulsé par l’'hémorragie secondaire cause de l'intervention.

Ces trois variétés de lésions ne sont autres que des plaies vasculaires sèches, c’est-à-dire qui ne s’accompagnent ni d'hémorragie extérieure, ni d’anévrisme diffus, ni d’hématome interstitiel important. Voyons les autres. ne |

4 Faux-anévrisme avec faux-sac fibrineux.

— Hématome pulsatile. — Hématome silencieux.— Nous avons cité plus haut (obs. VII, p. 38} un cas lypique d'hémorragie secondaire par rupture du faux-sac fibrineux d’un hématome artériel pulsatile, Nous avons déjà dit dans l'étude clinique que lhémorragie se faisait par l’orifice de sortie et nous l'avons souligné dans nos observations. Or, ici encore, et M. Caraven le fait remarquer avec juste raison, « la poche anéorismale s'était développée entièrement vers l'orifice de sortie ; elle était parfaitement étanche en avant, bien bridée par la paroi antérieure du canal de Hunter. L’hémalome était en bissac, une volumineuse poche fusant par son pôle supéricur derrière le moyen adducteur, une plus petite siluée derrière le grand adducteur et communiquant avec la première par un large orifice

arrondi » (Caraven).

= Leschéma suivant peut s’appliquer à la plupart des cas: qu'un caillot obture la blessure artérielle avant

l'organisation du faux-sac fibrineux, l'hématome devient silencieux (Ex. obs. VIII et IX).

Schéma d'après CGaraven

À, artère lésée. — B, faux-sac (caillot actif de fibrine) contenant des caillots rouges. — C, sang et pus. — D, peau. — a, communicalion entre artère el sac, — .b, rupture sous l'influence de la suppuration. — H, hémorragie secondaire.

5° Ulcération mécanique par projectile. —.

Nous citons deux exemples. La première observation est fort intéressante : c'est une hémorragie viscérale par ulcération compressive d’un viscère et de ses artères.

QT n’y avait eu aucune hémorragie primitive,

aucun signe primitif de perforation gastrique. Il n’est

pas douteux que la perforation est secondaire » (Caraven). La symptomatologie est aussi caractéristique : & petites hémorragies prémonitoires, puis « grande hémorragie brusque au cours de laquelle € la balle est vomie. En somme, une balle juxta-gas- «trique ulcère peu à peu le viscère qui saignote ; « puis brusquement la perforation complète, une « grosse artère est ouverte, le malade meurt... »

La seconde observation esi une ulcération mécanique d'une branche de la temporale superficielle par éclat d’obus.

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