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même hauteur. Au moment où M. Caraven voit le malade, le 10 octobre 1914, la plaie d'entrée, insignifiante comme étendue, est complètement cicatrisée. Le trajet paraît siéger en arrière du fémur. <
Depuis son entrée à l'hôpital ce malade a eu des hémorragies multiples de sang très clair et même plutôt de sérosité roussâtre. Il avait en même temps de la fièvre élevée, oscillante, du délire ; il était tremblant.:
Finalement, dans la nuit du 9 au 10 octobre, il a fait une hémorragie plus vive avec caïllots et on se décide à vérifier le foyer.
Vers 11 heures du matin : anesthésie, on incise au niveau de l’orifice de sortie sur une longueur de 15 centimètres.
On tombe sur une immense cavité remplie de caillots et de pus que l’on évacue. Cette poche va du pubis et de l’ischion jusque vers le tiers inférieur de la cuisse. En bas le doigt
qui l'explore arrive jusque derrière la diaphyse fémorale, que l’on sent nettement, sans interposition de muscles. On y trouve, complètement disséquée, une des grosses artères qui pénètrent la face antérieure du grand adducteur. On coupe cette artère pour mieux drainer le pôle supérieur de la cavité et on fait la ligature. |
On lave la poche à H?0* et on constate qu'il ne se produit plus d’hémorragie nouvelle. Pansement à plat.
€ Un peu avant 2 heures de l'après-midi on vient me cher- « cher parce que le malade perd encore du sang. De fait je le € trouve à 2 beures, extraordirairement pâle, plus que le € matin. La dyspnée est considérable, le malade appelle € l'air à grands mouvements inspiratoires. Le pansement
€ est tout taché de sang extrêmement clair, et cet épanche-
ment s'est coagulé à la surface du bandage, en une longue ligne mince,moulée par le contact de la cuisse opposée. On applique un garrot à la racine de la cuisse. J’en fais appliquer un autre à la racine de la cuisse gauche, et un troisième à la racine du bras droit, pour constituer des réserves en cas de syncope. Caféine et sérum artificiel (injecté largement au moyen de la seringue de Guyon) pendant que je vérifie la plaie. Je trouve dans cette plaie un caillot sanguin qui la remplit, Je l’enlève. La poche se prolonge un peu plus bas que l'incision faite le matin ; je prolonge l’incision; elle donne issue à une grande quantité de pus liquide, sanieux, collecté, et ouvre de larges placards d'infiltration purulente sous-cutanés non encore ramollis. « Nulle part je ne vois de vaisseau important donner du sang; quelques gouttes seulement apparaissent par places. « Je me résous à faire de nouveau un lavage sérieux de toute la poche à H?20* pure, suivi cette fois d’un famponnement à la Mickulicz, très tassé, et d'un pansement compressif.
« Caféine, boissons chaudes et café, sérum artificiel; ablation des garrots du membre inférieur gauche et supérieur droit. Tout terminé le pouls est à 124 et 128.
« Malgré tout le malade meurt à la fin de la journée.
(Caraven) ».
Nous prévoyons l’objection : Pourquoi n'avoir
pas fait la ligature à distance ?
Laissons répondre M. Caraven :
« Dans cette région obluratrice la situation est particulièrement délicate au point de vue hémos-
« tase. Si on suppose qu’un vaisseau important est
« resté inaperçu pendant l'intervention, il peut
venir à l’idée de lier l'artère principale — malgré
«€ que cela ne soit pas très recommandable —. Mais
« ici ? que lier ? La région du grand adducteur reçoit,
je l'ai vérifié par la dissection, de grosses artères de la première perforante, de la circonflexe interne
postérieure (venues des fémorales}, et de l’obtura-
trice, Les grosses arlères venues de l’obturatrice
se continuent, sont inosculées avec celles venues
de la circonflexe interne postérieure. Tous ces
vaisseaux sont gros. Si on lie la fémorale pour remédier à la plaie artérielle supposée et passée
inaperçue, cela n'empêche pas l’obturatrice de
continuer à donner et même de « taper » plus fort, : l'onde de l'iliaque arrivant dès lors beaucoup
mieux dans l’obturatrice. Il faudrait lier l’obtura-
trice aussi ???
«Ce n’est pas possible chez ces sujets qui ont de
l’æœdème et des infiltrats sanguins et purulents qui
masquent tout. De sorte que la ligature de la
fémorale est soit dangereuse, soit fortement aléa-
toire. Il ne faut pas la faire.
€ Faate de pouvoir lier directement les deux bouts
d’un vaisseau, dissimulés dans des fausses mem-
branes et ne saignant pas au moment même de
l'intervention, il faut bien recourir au pis-aller
qu'est le tamponnement : il est loin d’être toujours
un moyen héroïque. »
Voyons maintenant quelques observations de
st 91 ——
ligatures à distance. Nous essayerons ensuite d’èn montrer les avantages, les inconvénients, AUSAREE fois l’inutilité.