‹ Des hémorragies secondaires: par blessures de guerre et de leur traitementChapitre 36 sur 40 · C... Baptiste, ° régiment d'infanterie · texte numérisé non relu

C... Baptiste, ° régiment d'infanterie

Blessé le 3 juillet 1916, à 14 heures, par éclats d'obus.

Entre le 18 juillet. Il vient d’une ambulance.

‘Il présente des plaies multiples au niveau de la verge, des bourses, de la région inguinale gauche et de la fesse gauche, de la région scapulaire droite et du dos. Toutes ces plaies sont en évolution.

Le 21 juillet. — Hémorragie secondaire. On défait le pansement de la fesse: du sang rouge coule assez abondamment et semble venir de la profondeur par la plaie inguinale gauche qui siège à la partie interne de cette région, et par la plaie cruro-scrotale gauche.

Un tamponnement avec mèches arrête l’'hémorragie en avant, mais en retournant le malade pour enlever l’alèze, on voit le sang jaillir par les plaies de la fesse gauche.

On tamponne ces orifices : l’hémorragie cesse, le malade est anxieux, couvert de sueurs et très pâle. Pouls petit*et rapide. Sérum.

Le 22 juillet. — On change le pansement sans retirer les mèches. Le soir à 6 heures, nouvelle hémorragie que tam-

ponne M. Tridon.

Le 93 au milieu de la nuit. — Troisième hémorragie. La

température est élevée, le malade est exsangue et érès infecté. On tamponne.

Le 924, à la visite du matin, on décide l'intervention car ceshémorragies répétées menacent la vie du blessé.

Anesthésie au chlorotorme.

On se rappelle que le sang prenait issue par les plaies inguinales et les plaies de la fesse gauche... mais quelle est l'artère qui saigne? Est-ce la fémorale profonde, est-ce l'ischiatique ou les vaisseaux honteux internes ? Ce qui est eertain, c’est que le sang vient de la profondeur. C'est unerégion difficile à aborder que ce carrefour artériel formépar la fémorale profonde, les circonflexes, etc. Certainement on ne peut ici aller à la recherche de l'artère qui saigne pour en ligaturer les deux bouts au fond d’un tannel. Ils faut agir à distance par des ligatures classiques. C’est ce qu'on va tenter.

La fémorale bat mais on a des doutes sur la fémorale profonde. On débride done la plaie inguinale qui siège en dedans. de la veine fémorale. Le trajet s'enfonce profondément en dedans et en arrière de la veine qui n’est pas lésée. On arrive sur la fémorale profonde, elle bat normalement : on la lie aw catgut mais avant de serrer on cherche à provoquer l’hémorragie qui a cessé spontanément (cas fréquent et ennuyeux sur la table d'opérations). Comme on sait par expérience que l’hémorragie peut reprendre et qu’on juge la première ligature insuffisante, on va à la recherche de l'ischiatique.

On incise la fesse (peau et muscles), on tombe sur les vaisseaux ischiatiques et honteux internes. On lie tous les -paquets artério-veineux qui, presque fusionnés,sont difficiles à distinguer les uns des autres : les veines sont violacées et

dilatées par les hémorragies successives ; on lie tout.

: Les jours suivants l’état du blessé reste grave: diarrhée infectieuse. On lui fait du sérum à hautes doses. les hémorragies ne réapparaissent pas, on a espoir.

Le 9 août. — Le blessé n’a pas resaigné. Il présente de temps à autre une diarrhée d'origine infectieuse probable, entretenue par les liquides absorbés en quantité (soif intense du malade). Il a des oscillations mais il faut noter que ce blessé, perclus de plaies, garde probablement des projectiles profonds.

Guérison.

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