‹ Des hémorrhagies intra-rachidiennesChapitre 19 sur 30 · Cas divers ou complexes · texte numérisé non relu

Cas divers ou complexes

OBS. LVIII. — Chevalier (Merf. chir. Transact ., t. XIV, p. 105). — Hémorrhagie intra -arach. avec méningite (Résumée).

Homme adulte.

Cause. Action de lever un sac lourd.

Début. Brusque.

Symptômes. Paraplégie.

Durée. Quinze jours.

Lésions anat. Siège. Sang extravasé dans le canal rachidien, mêlé à de la matière sanieuse. Membranes rachidiennes enflammées. Nerfs de la queue de cheval putréfiés, plus'ramollis que s’ils avaient été macérés dans l’eau pendant plusieurs semaines.

OBS. LIX. — Bergamaschi. ( Sulla mielitide stenica e sul tetano. Paira,

1820. — Olliv. d’Angers, loc. cit., t. II, p. 126). — Hémorrhagie intra-

arachnoïdienne avec méningite. — (Résumée.)

Homme de 50 ans.

Cause. Traumatisme.

Début. Subit. Chute sur les fesses.

Symptômes. Paraplégie incomplète. Douleur aiguë au niveau des deux dernières vertèbres dorsales. Élancements aigus. Contracture permanente des muscles des membres inférieurs. Urine bien. Puis délire furieux, insomnie continuelle. Au troisième jour, urine involontairement. Au quatrième jour, abattement général. Décoloration de la face. Contraction dans la lèvre supérieure et les paupières. Contractions cloniques dans les membres supérieurs et dans le cou. Déviation de la bouche. Respiration stertoreuse. Bave écumeuse.

Durée. Quatre jours.

Lésions anat. Siège. Épanchement de sang dans les ventricules cérébraux. Toute la cavité des méninges rachidiennes jusqu’au sacrum est remplie d’une grande quantité de sang noir mêlé à de la sérosité. Méninges enflammées.

OBS. LX. — W. Stroud ( Bright's Med. Reports, t. II, p. 339, 1826). — Hémorrhagie sous-arachnoïdienne avec méningite. — (Abrégée.)

Homme de 48 ans. Antécédents rbumatimaux. Début dans la nuit du 20 avril 1826. Légère attaque de paralysie avec quelques

(1) Voir les observations dans le texte.

(2) Nous plaçons ici toutes les observations dans lesquelles la lésion est complexe ou qui nous paraissent, par l’incertitude du diagnostic, rentrer difficilement dans les cadres précédents.

troubles de l’intelligence et de la parole. La paralysie qui n’avait été d’abord que de l’hémiplégie, prit le caractère de la paraplégie et continua jusqu’à sa mort, qui arriva environ un an après, le 16 avril 1827.

Pendant cet intervalle, il eut plusieurs attaques. Elles furent accompagnées de symptômes suivants : douleurs à la tête, dans le dos, dans les membres; tièvre, désordre dans les évacuations alvines.

Pendant les deux derniers mois de sa vie, la paralysie augmenta rapidement, et, en dernier lieu, elle atteignit le tronc.

L’emploi du cathétérisme devint alors nécessaire.

Lésions anatomiques. Cerveau sain. Les enveloppes de la moelle présentent des traces évidentes d’inflammation, bien que la substance propre de la moelle n’offre elle-même aucune altération visible. Entre les membranes, existe une quantité considérable de liquide séreux d’une légère coloration rouge. Au niveau des vertèbres dorsales supérieures et du côté gauche, on trouve un foyer apoplectique contenant les restes rouges et fragmentés d’un coagulum de sang, ayant un peu plus d’un pouce de longueur dans la direction de l’axe vertébral, et environ la moitié d’un pouce de largeur. Un peu plus bas, dans le canal spinal, une ecchymose large et fortement prononcée occupait le ligament interne, comme s’il y avait eu commencement d’un autre épanchement semblable. Le foyer sanguin paraissait avoir été entièrement formé hors de la moelle et la comprimait. La moelle, autant qu’on pouvait le voir, n’était ni détruite ni enflammée.

Le foyer sanguin paraissait placé sous la pie-mère et enfermé dans une fausse membrane.

Il est regrettable que cette observation intéressante soit incomplète ; car elle tendrait à prouver l’existence d’une sorte d’arachnoïdite hémorrhagique. Nous n’avons trouvé aucun autre fait analogue.

OBS. LXI. — Molison (Dans Abercrombie, Tr. des mal. du cerveau ,

p. 526, 2e édit., 1835). — Rupture d’un sac anévrysmal. — Hémorrhagie

extra-méningée et sous-arachnoïdienne. — {In extenso.)

Homme de 37 ans.

En février 1827, cet homme se plaignit de douleurs dans le dos et sur les deux côtés du thorax avec dyspnée, à l’occasion de tout exercice fatigant. Au milieu de mai, la douleur de dos devient plus intense, et il se produisit de la dysphagie : après une course de trois milles, chargé d’un fardeau, il prend un bain de mer: étourdissement, chute spontanée, hémorrhagie abondante par le nez et Hayem. ü

la bouche, vomissements de sang. Il survint ensuite un état de demi-perte de connaissance, avec attaques convulsives; dans ces attaques, les yeux devenaient fixes, il y avait des tremblements dans les jambes, tandis que les bras semblaient paralysés. Le lendemain, le docteur Molison constate des vomissements de sang qui se coagulait immédiatement, une léthargie qui disparaissait par moments; alors les facultés intellectuelles était régulières, et il se plaignait de douleurs dans la tète, le thorax et les intestins : mouvements continuels dans la tête et les jambes, paralysie des membres supérieurs : le pouls est fréquent et petit, les urines sont rendues involontairement.

La mort survint deux jours après, sans que le malade eût présenté d’autres symptômes.

Autopsie. L’estomac était rempli de sang coagulé. Dans l’aorte descendante, au niveau des quatrième et cinquième vertèbres dorsales, on trouve un anévrysme du volume d’une orange, ouvert dans l’œsophage par une large issue. Le corps des troisième, quatrième et cinquième vertèbres dorsales était largement carié. La substance osseuse était détruite à la profondeur d’un quart de pouce. On trouve, à l’ouverture du canal spinal, une matière albumineuse sanguinolente entre l’os et la dure-mère rachidienne. Entre la dure-mère et la pie-mère spinale se trouvait une quantité considérable de matière sanguinolente sanicuse, tenace, qui tapissait la surface de la pie-mère, depuis la deuxième et la troisième vertèbres dorsales jusqu’à la dernière. La substance de la moelle était elle-même, depuis la troisième jusqu’à la dernière vertèbre dorsale, d’une couleur jaunâtre et dans un état de ramollissement étendu, spécialement vers le centre de l’espace indiqué où le tissu médullaire était entièrement diffluent. A l’enlèvement de la moelle spinale, on trouva la partie antérieure du canal rachidien, vue par derrière, dénudée en plusieurs places de la membrane qui la revêt et cariée. Cette altération était surtout remarquable vers les troisième, quatrième et cinquième vertèbres dorsales (1).

OBS. LXII. — Clendinning ( Transact . of thepath. Soc. of. London, 1846, I, p. 35). — Alcoolisme. Apoplexie méningée intra et sous-arachnoïdienne. — (Abrégée))

Un homme intempérant, âgé de 43 ans, présentait à son admission : froideur de la peau, pouls faible, mais régulier, pupilles dilatées, prostration II était tombé en arrière dans un café et avait perdu connaissance. Cet homme mourut trois jours après son entrée (pas d’autres renseignements cliniques).

Autopsie. Arachnoïde cérébrale et pie-mère adhérentes sur les lobes

(1) On peut rapprocher cette observation de celle de Laënnec.

antérieurs. La substance perforée antérieure était congestionnée; un peu de liquide (2 onces) dans les ventricules.

La cavité de l’arachnoïde spinale était remplie par du sang fluide et foncé en arrière. Quelques coagula adhèrent à la moelle et à la pie-mère, qui sont fortement colorées par l’épanchement.

Hypertrophie du cœur, du foie, des reins. Congestion hypostatique des poumons.

Réflexions. L’auteur admet que le coma a été produit par la congestion cérébrale survenue immédiatement sous l’influence des boissons. L’apoplexie spinale n’a été qu'une complication des autres lésions viscérales.

OBS. LXIII. — Boulland (Bull, de la Soc. anat ., 1846, p. 359). — Tumeur tuberculeuse du cervelet; méningite cérébro-spinale. — Hématorachis et compression de la moelle épinière. — (In extenso.)

Pelletier, 15 ans, atteint d’attaques épileptiques depuis trois ans, entre à l’hospice des Enfants-Trouvés le 15 juin 1846. Cetenfant se plaignait depuis longtemps d’une douleur très-vive, au niveau de la bosse occipitale inférieure du côté gauche ; les moindres mouvements exaspéraient cette douleur. Incontinence des matières fécales et d’urine ; aucune paralysie, sensibilité normale.

Le 12 juillet, diarrhée abondante, vives douleurs le long delà colonne vertébrale, qui lui arrachent des cris et le forcent à s’aliter; fonctions intellectuelles très-obtuses. A partir de ce moment, il ne demanda plus cà manger, et il ne parlait même pas ; de temps en temps il poussait des gémissements et des cris très-aigus. Le 19 il entre dans le service de M. Baron et l’on constate : amaigrissement assez marqué; pouls 68; ventre souple et indolent; le malade est plongé dans un état comateux. Il nous dit qu’il attribue ses attaques épileptiques à une chute qu’il a faite du haut d’un mur, il y a trois ans. Contracture dans les muscles de la partie postérieure du cou, ce qui produit le renversement de la tête en arrière. Sensibilité cutanée exaltée et portée à un haut degré; céphalalgie intense, dont le point le plus douloureux siège au côté gauche de l’occiput. Depuis deux septénaires, on a constaté l’hypertrophie de la glande

thvroïde.

20 juillet. — Un peu de mieux, il répond assez bien aux questions qu’on lui adresse; la sensibilité de la peau et du rachis, ainsi que la céphalalgie sont toujours très-intenses ; pouls peu fréquent.

Du 20 au 21, au matin même état; le soir vers les sept heures, il survient de la difficulté daus les mouvements respiratoires: les sterno-cléido-mastoïdiens et les muscles sous-hyoïdiens se contractent avec force, la respiration est diaphragmatique, le malade meurt le 22 à 8 heures du matin.

Autopsie. — Pas de roidour cadavérique, l’incision de la duremère donne lieu à l’écoulement d’unegrandc quantité de sang contenu dans lestissus. Le cervelet a contracté dans la fosse 'cérébelleuse de fortes adhérences avec la dure-mère. Une tumeur grosse comme unœufdepouleôccupepresquetoutle lobe gauche du cervelet, l’arachnoïde forme une espèce de kyste incomplet à la tumeur, dont le tissu a tous les caractères du tubercule non ramolli. Le lobe gauche du cervelet a disparu à peu près complètement, et il ne reste plus que le pédoncule et le quart interne de ce lobe. La surface du cerveau et de la moelle présentent des altérations propres à la méningite; les ventricules latéraux contiennent un liquide séreux, assez abondant. L’arachnoïde rachidienne n’est pas épaissie; mais elle est soulevée par une grande quantité de sérosité dans laquelle on voit flotter de petites fausses membranes blanches, surtout à la partie inférieure de la moelle. Les vaisseaux delà pie-mère, distendus par beaucoup de sang, couvrent toute la face postérieure de la moelle, et se continuent jusque sur les nerfs qui forment la queue de cheval.

Entre la dure-mère et le canal osseux du rachis, les sinus veineux sont, comme ceux du cerveau, distendus par un sang noirâtre; la rupture de quelques-unes de ces veines a donné lieu à un épanchement, qùi s’étend depuis la quatrième vertèbre dorsale jusqu’à la dixième inclusivement. Le sang épanché forme une enveloppe assez épaisse autour des méninges spinales, mais la faible consistance de ce sang épanché annonçait qu’il avait dû se faire depuis peu.

Adhérences des plèvres des deux côtés; faible épanchement. Congestion des poumons, bronches remplies de liquide spumeux. Cavités droites du cœur distendues par du sang noir. La muqueuse de l’intestin grêle offre dans des étendues plus ou moins considérables des traces de phlegmasie.

OBS. LXIV. — Gregory et Castello ( London mecl. and surg. Journal , mars 1834, n° MO, et Schmidt’s Jahrb., 1834, t. VII, p. 170). — Communications à fia Société médicale de Westminster. — Cas de paraplégie. — Hémorrhagie extra-méDiugée. — (Résumée).

Un homme de 42 ans sentit en descendant un escalier une certaine oppression, bientôt suivie d’un sentiment de constriction dans la région lombaire , la nuit suivante il perdit le mouvement des membres inférieurs et ne put vider sa vessie : Une saignée lui rendit, mais pour peu de temps, cette dernière faculté; depuis, on fut toujours forcé de le sonder. Bientôt la constriction fit place à des douleurs qui gagnèrent de vertèbre en verlèbre vers les régions supérieures. Des ventouses mises à la région tombaire, amenèrent une amélioration. La motilité revint en

partie; l’état général s’améliora, mais la sensibilité resta perdue. On remarqua du pus dans les urines, et, comme le malade avait jadis eu des douleurs lombaires, on attribua sa présence à une néphrite. Le malade mourut bientôt.

A V autopsie on trouva l’encéphale sain; la moelle et ses enveloppas étaient injectées, et dans la région lombaire des caillots adhéraient aux os entourés de quelque peu de sérum. On ne découvrit nulle part de ramollissement de la moelle, qui, à part son hyperémie paraissait saine.

(Les auteurs ne font pas mention de l’état des reins et de la vessie.)

Nous aurions pu placer cette observation parmi les faits d’hématorachis dite primitive, à côté de celui de Jackson par exemple. Mais ici encore, l’observation n’estpas irréprochable. Ainsi, il existait peut-être de la méningo-myélite et comme l’examen histologique de la moelle n’a pas été fait, on peut penser que cet organe n’avait que les apparences de l’état normal.

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