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de lu substance blanche trôs-éloignés des parois du foyer sanguin dans la partie la plus postérieure des cordonspostérieurs par exemple, on trouve des espaces à contours irréguliers où les cylindres d’axe, entourés seulement d’une mince couche de myéline, ont acquis pour la plupart des dimensions énormes (de 0,026 mill. à 0,018 mill., pour le diamètre transversal).
Dans l’intervalle de ces tubes nerveux à cylindres axilcs tuméfiés, les mailles du réticulum sont quelquefois épaissies: le plus souvent elles ne sont pas plus épaisses que dans l’état normal.
Mais ce qui frappe surtout danscet examencesont les dimensions vraiment colossales que présentent, dans la corne antérieure gauche de la substance grise, au voisinage du foyer sanguin, les cellules muUipolaircs. Ainsi, tandis que les plus grosses cellules de la corne droite mesurent en moyenne dans leur plus grand diamètre 0mm,0495, celles de la corne gauche peuvent atteindre jusqu’à 0mm, 0825. Les moins volumineuses parmi ces dernières ont encore un diamètre qui mesure 0mm, 056. D’ailleurs les cellules tuméfiées ne sont pas seulement plus volumineuses qu’à l’état normal; elles sont de plus manifestement déformées. Elles ont perdu leur forme allongée et sont globuleuses; on les dirait distendues à l’excès, et leurs parois sont comme bosselées. Les prolongements de ces cellules n’offrent plus eux-mêmes leur gracilité habituelle ; ils sont épaissis et tortueux. La substaneequi constitue le corps descellules ainsi altérées se colore d’ailleurs fortement par le carmin; elle est finement granuleuse, légèrement opaline, et de plus quelque peu opaque, car l’œil pénètre difficilement jusqu’à la masse pigmentaire et au noyau. Ce dernier toutefois, ainsi que le nucléole, ont toujours paru présenter les caractères de l’état physiologique. J’ai été assez heureux pour rendre M. Lockart-Glarke, lors de son dernier séjour à Paris, témoin de toutes les particularités qui viennent d’être signalées.
Les coupes longitudinales font reconnaître l’aspect moniliforme de la plupart des cylindres axiles tuméfiés, et, de plus un grand nombre de ces cylindres volumineux conservent leurs dimensions anormales uniformément dans une grande étendue en longueur, sans traces de dilatations et de rétrécissements. Un dernier point, qui doit être relevé tout particulièrement, c’est que, dans ce même cas, un premier examen, fait à l’état frais, avait permis de reconnaître la tuméfaction des cylindres axiles: de telle sorte qu’il ne saurait s’agir là d’un produit de l’art, d’un résultat accidentel du mode de préparation.
Outre la tuméfaction parenchymateuse des éléments nerveux, on trouve encore signalés des dépôts pigmentaires, soit autour, soit dans l’intérieur des cel-
Iules (Trasbot, Virchow, Massot) ou une désagrégation de ces éléments (Duguet).
Le pigment sanguin en masquant même plus ou moins complètement les cellules, peut empêcher de se rendre un compte exact de leurs altérations propres ; c’est ce qui s’est produit dans le fait de Massot que nous rattachons à l’histoire de l’atrophie musculaire par myélite.
— La pauvreté des renseignementshistologiques que nous constatons relativement aux altérations du tissu nerveux, est plus grande encore en ce qui touche les vaisseaux.
La congestion vasculaire avec la dilatation qu’elle entraîne est tellement la règle, qu’elle est signalée même dans les descriptions faites à l’œil nu, et cette hyperémie s’accompagne souvent d’une distension marquée des veines de l’épendyme (Massot). Les capillaires sont gorgés de sang et contiennent des globules pressés les uns contre les autres.
Lorsqu’on les étudie au microscope, on y trouve d'abondantes granulations graisseuses et pigmentaires (Virchow, Lancereaux), ou seulement des grains d’hématoïdine ; mais ces faits mériteraient d’être étudiés plus soigneusement. On sait, en effet, le rôle de premier ordre que jouent les dilatations vasculaires dans la production des hémorrhagies cérébrales. Ce point important, mis en lumière parles travaux récents de l’école française, méritait de fixer sérieusementl’attention à propos de l’hématomyélie. Mais, cette maladie est rare, et depuis qu’on étudie les vaisseaux avec soin, nous ne trouvons, à citer sous ce rapport, que les observations de M. Trasbot chez le cheval, et celle de M. Liouville chez l’homme. Le premier décrit très-
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brièvement et sans précision des dilatations des capillaires entourées d’un blastème rosé, granuleux, et, à ces caractères, il est impossible de reconnaître quelque chose d’analogue aux anévrysmes des artérioles trouvés dans le cerveau.
M. Liouville, au contraire, a fait une étude plus suivie des vaisseaux et a cru y reconnaître des dilatations anévrysmatiques qu’il a montrées aux membres de la Société de biologie. Comme cette découverte très-intéressante a donné lieu à une discussion , M. Liouville a eu l’obligeance de nous faire examiner avec lui la moelle et les préparations microscopiques qui se rapportent à ce cas, et nous lui en sommes d’autant plus reconnaissant que son observation est, ainsi que l’a montré la discussion précédente, la seule avec examen microscopique qu’on pourrait invoquer pour admettre encore l’hématomyélie.
Or, nous avons pu par nous-même étudier ce fait important, qui résume pour ainsi dire à lui seul toute l’histoire de l’hématomyélite , et nous convaincre que c’était là un exemple des plus nets et des plus probants de myélite centrale diffuse avec hémorrhagie secondaire.
Aussi, nous serait-il impossible pour terminer et compléter utilement cette description anatomo-pathologique, de faire mieux que de rapporter cette observation en montrant comment il est facile, suivant nous, delà comprendre, malgré sa complexité apparente.
OBS. LXVIII. Liouville (Soc. de biologie, 1872). — Hématomyélie avec anévrysmes. — (Obs. résumée d’après le manuscrit.)
Muller, âgé de 25 ans, garçon de café, né à Luxembourg.
Rien à noter du côté des parents.
Antécédents alcooliques. Excès vénériens.
Il y a trois ans et neuf mois, il ressentit des douleurs qui formaient comme un cercle autour de ses reins, et, huit jours après, il fut frappé de paraplégie subite et complète. Le malade, debout, sentit ses douleurs en ceinture prendre une grande intensité, et se laissa tomber à terre sans tou tefois perdre connaissance. Cet homme, ne pouvant pas bouger, ayant une paralysie des sphincters et le cathétérisme étant nécessaire, entra, au bout de quinze jours, à l’hôpital Gochin, dans le service de M. Chauffard. Il eut là des troubles urinaires très-marqués (paralysie de la vessie), et fut également affecté au sacrum d’une eschare considérable qui se cicatrisa. Au bout d’un an il sortit très-amélioré, pouvant marcher un peu avec une canne.
Peu de temps après il eut une hémoptysie.
Puis des accidents de bronchite survinrent, qui déterminèrent son entrée à Lariboisière, en 1869 ou 1870, dans le service de M. Millard. Il sortit trois mois après, et put alors reprendre son métier de garçon de café.
Les symptômes de paraplégie qui s’étaient montrés en février 1868, s’étaient ainsi dissipés. Cependant, le malade ne sentait pas bien, depuis son attaque de paraplégie, sur quoi il marchait.
C’est dans ces conditions que, sans cause connue, il fut repris, en octobre 1871, d’accidents semblables.
Il était monté sur une chaise et nettoyait des carreaux, lorsqu’il ressentit une vive douleur vers le dos et les reins, et faillit tomber tout à fait. Il fut de suite, comme la première fois, paralysé des membres inférieurs.
Quelques jours après, il entra à l’Hôtel-Dieu dans le service de clinique, dirigé parM. Bail.
Après plusieurs examens, on porta le diagnostic : hémorrhagie de la moelle, de cause inconnue.
Octobre 1871. Décubitus dorsal.
Motilité et sensibilité normales aux membres supérieurs.
Pour les membres inférieurs : paraplégie complète, amaigrissement peu- marqué. Les mouvements qu’on imprime sont douloureux et il y a un certain degré d’anesthésie, avec retard appréciable dans la perception des sensations dans toute la longueur des membres inférieurs. Aux pieds il n’y a pas d’anesthésie. On note également pour les membres inférieurs la perte de notion de position.
Le sphincter de l’anus est affaibli, et la vessie présente un degré assez marqué de paralysie.
Les mouvements réflexes sont très-exagérés aux deux membres inférieurs.
Mouvements spasmodiques subits et douloureux des membres inférieurs, revenant de temps en temps.
Douleurs névralgiques insupportablés des testicules et des cordons, à retours subits et à exaspérations très-marquées.
Douleurs également vives dans les muscles du cou à droite.
On constate de plus sur quelques points de la peau des cuisses, des jambes, de la partie inférieure de l’abdomen, de petits groupes d’herpès circiné, surtout du côté droit. On en a noté aussi sur le bras droit.
15 novembre. Un peu de rétention d’urine, cathétérisme.
Le 16. Céphalalgie très-violente. Douleurs dans le bras droit, surtout dans l’épaule et allant de là jusqu’à l’extrémité des doigts de la main droite, dont les doigts lui semblent très-lourds. Mais il a déjà eu souvent, depuis sa paralysie, des douleurs semblables.
L’examen de la poitrine révèle l’existence de lésions déjà considérables marquées surtout au sommet droit.
Le 18. Depuis deux ou trois jours, le malade présente une eschare, consistant actuellement en une ulcération superficielle du derme, large comme une pièce de 2 francs, située sur la fesse gauche près de la cicatrice de l'ancienne eschare sacrée.
Le 28. A bien uriné seul. Météorisme considérable. Constipation.
Le 29. L’eschare est plus creuse, et se trouve limitée par une zone indurée assez étendue.
Le 30. Douleurs très-vives dans le cou.
2 décembre. Persistance et aggravation de cette douleur du cou.
Dans le reste du mois de décembre, l’eschare fait de grands progrès en largeur et en profondeur, s’étendant surtout à gauche. En même temps l’état général du malade s’aggrave, et il succombe avec des symptômes de septicémie et de bronchite tuberculeuse, le 30 décembre 1871.
Autopsie. 1er janvier 1872. L’eschare du sacrum est considérable, dé la grandeur des deux mains réunies. L’os est tout à fait à nu.
Cavité rachidienne : L’examen des méninges démontre l’existence d’une arachnoïdite déjà ancienne, qui est surtout très-intense dans la région dorso-lombaire, et correspond aux parties les plus altérées de la moelle. En avant, il y a des adhérences, un état poisseux et des néo-membranes.
La pie-mère est distendue et forme comme une coque au-dessous de laquelle se trouve un tissu d’aspect gélatino-colloïde.
La moelle présente une déformation de la région dorso-lombaire, caractérisée à l’œil nu par un changement dans sa consistance qui est molle, dans son volume qui est plus que doublé, et dans sa coloration, puisque l’on trouve à la surface de la portion ramollie des îlots rouge bleuâtre d’une longueur de 1 à 3 centimètres, surtout sur la partie latérale gauche.
Au-dessus du foyer hémorrhagique, le volume de la moelle est toujours considérable, et son tissu ramolli, mais ces lésions vont en diminuant à mesure qu’on remonte.
Au-dessous, le volume de la moelle redevient presque de suite normal, et la consistance du tissu est ferme.
Une coupe faite do suite à l’union de la région dorsale avec la cervicale, montre, du côté droit, un ramollissement à teinte ocreuse, existant au niveau de la partie postérieure de la corne grise; de même à gauche, mais seulement dans la partie extrême. La substance blanche, appartenant aux cordons postérieurs, est tout à lait ramollie, friable, au voisinage de ces deux foyers de ramollissement.
Une autre coupe, faite à la partie inférieure de la région lombaire, démontre, dans les cornes postérieures, des foyers hémorrhagiques assez nettement limités. Celui de gauche est un peu plus étendu que celui de droite. La substance blanche des cordons postérieurs est colorée en jaune par imbibition ; elle est œdématiée, mais sa substance n’est pas réduite en pulpe comme dans un ramollissement bien accusé.
Plus bas encore, une nouvelle coupe montre un foyer hémorrhagique unique, siégeant au milieu des cordons postérieurs et semblant de date plus ancienne que les foyers précédents.
Une incision faite sur la moelle, suivant la ligne médiane de haut en bas sur la face antérieure, met à découvert un vaste foyer hémorrhagique existant dans toute la longueur de la région dorsale et dans presque toute la longueur de la région lombaire. A la région dorsale, le foyer a détruit toute la substance de la moelle, n’étant recouvert que par une coque de 2 millimètres environ. En certains points même, le foyer arrive jusqu’à la surface de la moelle, mais cependant il n’y a eu nulle part rupture du foyer dans la cavité méningée.
A la région lombaire, le foyer se rétrécit et finit par n’occuper, comme on l’a vu précédemment, qu’un petit espace arrondi dans l’épaisseur des cordons postérieurs.
A la région cervicale, au-dessus du foyer sanguin, on voit la teinte rouge-carminée du foyer hémorrhagique s’affaiblir et même disparaître. Toute la partie centrale de la moelle, à ce niveau, est occupée par une sorte de gelée grisâtre, autour de laquelle la substance blanche est friable et se déchire facilement. La moelle est dans cette région un peu augmentée de volume et un peu déformée.
La substance qui occupe l’intérieur du foyer hémorrhagique ne présente pas partout la même coloration ni la même consistance. D’une manière générale, la coloration est moins foncée, et la consistance moins ferme à la partie supérieure qu’à la partie inférieure.
La face interne de la coque, qui sert de limite au foyer, est formée par la substance blanche, fortement désorganisée, déchirée, frangée. Toutefois, au microscope, on y distingue un grand nombre de tubes intacts dans toute leur longueur. Quelques-uns sont renflés, et ce n’est qu’à de rares intervalles qu’on rencontre
des corps do Gluge et des vaisseaux un peu plus dilatés, fortement colorés on jaune rougeâtre, et dans la gaîne desquels se voit de la matière colorante du sang. Plus rarement on y trouve de petits cristaux d’hématoïdine, tandis que, dans la substance même du foyer, il en existe une quantité innombrable, ayant de grandes dimensions. On y voit, en outre, des globes irréguliers colorés d’une teinte jaune d’ocre, des vaisseaux disparaissant sous une teinte jaune rougeâtre et présentant de nombreuses dilatations. Il n’y a plus de traces de tissu nerveux, si ce n’est quelques sections où se montre une substance colorée par imbibition dont on ne peut déterminer la nature.
Un examen microscopique, fait sur les pièces durcies dans l'acide chromique, a montré, à la région cervicale, une sclérose corticale, une dégénération secondaire ascendante, siégeant dans les cordons postérieurs, ayant une forme quadranguiaire, mais présentant cette particularité qu’on y rencontrait des masses à forme assez variable, d’apparence solide, de coloration noirâtre, semblant provenir de l’épanchement sanguin ?
A la région lombaire, sur des coupes faites sur la moelle également durcie dans l’acide chromique, on trouve aussi une sclérose circulaire des plus manifestes, plus étendue sur les parties latérales, surtout à droite. On notait également de la sclérose dans le tissu avoisinant le foyer hémorrhagique.
Cavité encéphalique. — Le bulbe et la protubérance sont assez fermes.
Les vaisseaux de la base ne semblent pas athéromateux, mais ils sont gorgés de sang liquide. Nulle part il n’y a d’oblitération.
Les méninges hyperémiées s’enlèvent sans exulcérer la substance grise.
Des coupes faites dans le cerveau et le cervelet ne présentent rien de particulier.
Le microscope fait constater :
Une méningite manifeste avec granulations graisseuses abondantes jusque sur les petits vaisseaux.
Une encéphalite superficielle, limitée à la substance grise avec état scléreux au début des vaisseaux.
(Nous omettons ici les détails nécroscopiques relatifs aux cavités thoracique et abdominale.)
Le nerf sciatique droit est très-augmenté de volume et assez ferme.
Dans les muscles des membres inférieurs, on trouve une dégénérescence granuleuse des fibres musculaires ; dans d’autres fibres, on voit des blocs jaunâtres et grisâtres (dégénérescence de Zenker); il ne reste que peu de fibres saines, quelques-unes seulement, mais elles sont petites et réduites de volume. Entre les fibres on voit
une grande quantité de tissu connectif. On remarque surtout un grand nombre de vaisseaux très-dilatés, à parois fermes, avec grand nombre de noyaux. Les trôs-iines artérioles se montrent également en plus grand nombre que d’habitude et plus volumineuses (1).
Les lésions complexes de la moelle peuvent se résumer ainsi :
1° Foyer central en partie ancien, en partie récent, formé par un mélange intime de substance nerveuse et de sang en grande abondance.
2° Infiltration sanguine partant des deux extrémités de cet énorme foyer et se prolongeant, dans l’un des faisceaux postérieurs, dans toute l’étendue de la moelle, soit jusqu’au filum terminale d’une part, et de l’autre jusqu’au bulbe exclusivement.
Le contenu du foyer, sauf au niveau de l’ancienne lésion est composé de sang et d’éléments nerveux dissociés.
Les prolongements qui représentent une sorte de canal creusé dans l’épaisseur du faisceau postérieur, sur les limites de la corne grise et de la substance blanche, sont assez nettement limités.
Au microscope on y trouve tous les caractères du ramollissement avec exsudât hémorrhagique et des cristaux nombreux d’hématoïdine. (Y. description de M. Liouville.)
Si maintenant, on examine les vaisseaux des parois tomenteuses du foyer principal, et c’est là surtout l’étude que M. Liouville a bien voulu faire avec nous pour compléter la note qu’il nous a remise, on les trouve tous altérés de la manière la plus nette.
La plupart d’entre eux sont épaissis, couverts de
(1) Voir un autre cas fort intéressant dans lequel M. Liouville a trouvé de3 anévrysmes dans « tous les organes », et surtout un autre exemple de ramollissement hémorrhagipare avec dilatations vasculaires. (Liouville, Thèse de Paris, 1870.)