OBSERVATIONS
OBS. LXXl. - Gaultier de Glaubry (Journ. génér. de méd., 1808). — HéiiiAt(Wfto1iis avec ramoUÎMement pnltaoé et inûttrati<m saDgaine du tisaa delà moelle épinftre.
Dnraad, 61 ans, d'aae forte eoitttitnUoii, n'ayant jamaii fait d'excès, au mois d*août 1808 se plaignait d'une douleur le long de la colonne Tertébrale, depuis 10B vertèbres cervicales jusqu'au bout du sacrum. Il disait y sentir une grande pesanteur ou de ren^joiir iisscnient qui se prolongeait dans les cuisses, les jambes et les pieds. Visage frais, calme; peau douce, sans chaleur; pouls fort, mais égal ; il ine dit que cet état du pouls était naturel chez lui : dn reste point de douleurs ni d'embarras dans la tète; le malade allait librement à la garde-robe ; ses urines étaient bien cuites et légèrement citronnées. Après lai avoir prescrit un bain, je le quittai à dix heures du malin; à onze heures, on vint me chercher, et l'on me dit qu'il ne pouvait remuer les jambes ; déjà les urines et les matières fécales s'étaient échappées involonlairenient.
Les coisses et les jambes sans mouvement étaient chaudes, sans sécheresse; ventre et région abdominale soiiith's ; li^ pouls n'avait plus la force cl la célérité que je lui avais trouvées quelques moments avant. Uespiration moins facile; le visage avait perdu de sa couleur, les yeux de leur éclat et de leur vivacité } la lôte prenait de la pesanteur, mais sans douleur; il n'y avait pas d'étourdissements. Dans cet état, le malade se plaignait d'un sentiment de douleur avee lourdeur et engourdissement. Il ajouta alors qu'il y avait environ six mois que son épine lui faisait un peu de mal, mais qu'il croyait que c était un rhumatisme. Ce fut le dernier mol qu'il prononça, il mourut à l'instant.
Autopsie : Depuis les dernières fausses côtes dreulairement jusqu'aux ongles des pieds, ecchymose générale, plus noire anx doigts de pied. Bau dans les ventricules du cerveau ; il s'écoula du sang assez abondamment du canal rachidien ; peu de liquide l'extérieur do la gaîneméningienne. J'ouvris l'enveloppe, dans laquelle je trouvai comme une bouillie d'un rouge sang de bœuf, et qui se voyait depuis la partie inférieure de l'os sacrum jusqu'à la troisième ou deuxième vertèbre dorsale, ob on commençait, à apercevoir sinon U moelle, aa moins un
corps un peu plus formé. A la septième vertèbre cervicale, je commençai à trouver la moelle épiuière daos son iutégrilé quant à la forme, mais U eoulenr était d*aii rouge très-foncé ; en Yoalant la fendre, elle s'écrasa sous mes doigts et le scapel ; il n'y eut qu*à son eitrémité sapérieure où elle conservait eocore un peu de sa forme naturelle et de sa consistance ; l'intérieur participait à la même teinte que l'extérieur, rn iis allant en diiniimanl à mesure ((ne, l'un montuil vers la base du cràae et le trou occipital. Dans une assez graude longueur, environ du milieu des verlèbres dorsales jusqu'au bas du saeram, les membranes étaient séparées très-distinctement, de sorte qu'on pouvait voir le canal vertébral et deux autres canaux, mais membraneux, remplis de sang.
Rien à noter dans le thorax ; les organes contenus dani l'abdomen étûeat fortement injectés.
OBS. LXXn.~lfo]IOd {Bull, (le soc. (uiaf. iSiQ, u» 18, p. 340, obs. 33). — Hémtomyélie.— (Résumée.)
Serrurier, 29 ans, devient malade sans cause appréciable. Frissons et douleurs le long de la colonne vertébrale à partir de la
région lombaire. Membre inférieur droit paralysé .sans perle de sensibilité. Dii côté gauche, les mouvements persistent, mais la sensibilité est abolie complètement. Rétention d'urine. Pouls normal, parole libre. Cinq jours après, les urines devinrent sanguinolentes ; nausées, langue rouge et sèche, pouls fréquent; esehares au sacrum se forment. Agonie longue.
Durée 34 jours.
Lésions analomlqiies. Foyer apoplectique non circonscrit dans le centre du côté droit de la moelle, au-dessus du renflement lombaire. La substance gi ise du côté droit est infiltrée, depuis le renflement lombaire jusqu'en haut de la portion dorsale. En outre il y a ramolUsse* ment inflammatoire.
ÛBS. LXXIIL— Breschet (.Ârch, de méd., t. XXV, p. 101, 1831). — Hé
matomyélie. — (Résumée.)
Homme de 29 ans. Début le 8 juillet sans cause connue; frissons, puis douleurs de ventre, rétention d'urine, constipation, faiblesse de la jambe droite.
Le 11, ventre douloureux et tuméfié, vessie distendue, constipation, paralysie du mouvement seulement dans la jambe drdte; à gauche perle de la 8ensi!)ililc, mais conservation des mouvements, et la paralysie du sentiment remonte de ce oèté, jusqu'au mamelon; pas de fièvre, intelligence nette.
Le 13, mômes symptômes, selles involèntaires.
Le 14, fièvre, nausées, douleurs dans les reins, dévoiement.
Le 15, prottralion : ineontinenee do reelom et do la vente, nrélhrile*
Le 19, aggravation des symptômes, pus et sang dans Tarine.
A partir du 24, frissons de (îèvre irréguliers tous les jours.
Le 2 août, la paralysie gagne la poitrine et les membres supérieurs.
Les jours suivants, proslralion, escbares fétides, devoiemenl dysp< née, mort le 10 août.
Litkm, Le tiiwa des vertèbres est injecté et noirâtre, les enveloppes de la moelle sont injectées au niveau des vertèbres dorsales. Au niveau de la huitième ou neuvième vertèbre dorsale, on observe une coloration noirAtre, ardoisée au niveau des racines antérieures et postérieures des nerfs vertébraux du côté droit. Après avoir enlevé avec soin les membranes qui reooavrent la moelle, on écarta les eordons aniérieors et postérieurs, et Ton vit que cette teinte noire se prolongeait depuis le bulbe inférieur jusqu'au bulbe 3upérieur de la moelle, qu'elle était plus prononcée à droite qu'à gaucbe, en arrière qu'en avant. Un grand nombre de vaisseaux veineux étaient injectés autour; on s'assura que la coloration noire était due â du sang extravasé dans la substance grise et nn pea dans la blanche; dans quelques points, existait ime oouleor janne autour de l'épanchement sanguin. On incisa la moelle transversalement, chaque incision faisait sortir unOgOUtte de sang.
Rien à noter dans le cerveau.
Pyélo-uépbrite des deux reins.
Gjstite généralisée.
Aboès dans la rate.
OBS. LXXIV. — Grisolle [Journ. hed. des progrès des se. méd., janvier 183C, n« 3, page 71).— licmatomyélie avec ramollissement (Abrégée).
Matelassier, 40 ans. Sans cause connue : douleurs entre les deux
épai^les, sans frisson.
Sftmplôiiies. Quinze jours après étourdissement, chute sans perte de connaissance, paralysie des quatre membres. Envie de vomir sans vomissement, élouffement, oppression avec aphonie. Dyspnée trèsviolente, anxiété. Vue iutacte, déglutition facile. Rétention d'urine. Sterno-mastoïdiens fortement contractés. Rr?]Mratio!i exclusivement abdominale, thorax sonore. Sensibilité intacte dasis toutes It^s parties de l9 tète, et aux membres supérieurs, abolie dans le reste du corps. NI la pression, ni la percussion, exercées sqr le rachis, n'excitent de sensibilité. La flexion sur la poitrine s'accompagne de douleurs dans le cou. Les symptômes s'aggravent, et le malade s'éteint sans rien offrir de particulier, au bout de 19 jours
/ éiions anatoniiqucs. Pas d'altération de la substance cérébrale. Injection générale des méninges par stase. Arborisations rouges à la surface des membranes de la moelle, surtout à la bauteur des omofilates. An même niveau, ramollissement de six pouces de long. Au centre un caillot noiràtrct, du volume d'une amande. Le ramoUisse-
ment s'arrête à un pouce au-deaious de la protobéranoe. Portion lombaire saine. Le ramollissement afTccte \cs parties ceotralei de la moelle. Adhérence entre l-^s faces opposées de l'araclinoïde.
Observations particulières. Les phénomènes précurseurs de rattaquc de paralysie ne permelleiU pas de douter que la myélite n'ait précédé lliématomyélie.
OBS. LXXV.— Virehow (Virchow** Arehiv. 1847, vol. I, p. i 56).— Cas de scoliose. — RamoHissoraent ronpc occupant la plus grande partie de la substance grise de la moello. — Paralysie dos extrémités inférieures et do la vossiti. — Fausse route à partir do la portion prostatique de l'urèthre et inflamination da tina oelliikire vdiin avec enfpliysème. — (Résnniéé)
Friedr. Arvége, oarrler de 26 ans, atteint depuis longtemps d'une
forte courbure de la colonne vertébrale.
Douleurs subites occupant les membres inférieurs et remontant jusqu'aux aines, dans la nuit du 27 au 28 novembre 1847.
Six heures après, cessation de la douleur et paraplégie complète avec paralysie de la vessie. A Faide de la sonde, on retire de Turlne, et le malade est soulagé jusqu'au soir où revient le besoin d'uriner. Ventre tendu et matàlapercassion; cathétérisme inutile le 29 novembre, malgré les sinapi^mes et un bain. Le ventre se ballonne davantage et devient tympanique. Emphysème du tissu cellulaire allant de la région fessière droite vers les lombes et la poitrine. Emphysème interne perçu psr l'anscoltation du eœur.
Envie considérable d'uriner. Vomissements verdâtres; anxiété; pouls fiurorme, à UO. — Une selle après un lavement. Anus fortement dilaté. Extrémités supérieures mobiles.
Le 1«' décembre, à dix heures du matin, le malade meurt.
Autûftiê après 95 heures. Emphysème sous^cutané du o6té de la région abdominale antérieure et postérieure jusqu'au thorax. Scoliose très-prononcée; vertèbres dorsales inclinées à droite, elles lombaires à gauche. Pas de traces d'affection récente des os. Après avoir enlevé les arcs vertébraux, on voit la dure-mère comme fluctuante. Un sérum floconneux remplit la partie inférieure de sa cavité et principalement près de la queue de cheval ; à la partie supérieure on voit par transparence, à travers l'arachnoïde, une matière gélatineuse d'apparence brunâtre. La moitié postérieure de la moelle, depuis le deuxième tiers de la portion cervicale jusqu'à la partie inférieure de la portion dorsale, est privée de substance blanclie; on voit jusqu'aux méninges une substance gélatineuse assez consistante, en partie rouge-brunâtre, en partie brun-jaunfttre et en partie blane-jaunfttre sous forme d'un cor» don cylindrique. Cette matière remplace la subêtanee blanche et une partie de la substance grise. Plus haut et plus bas on voit que rorigine de cette modification se trouve dans la substance grise gangiioonaire;
en dfet, jusqu'à lamoelle allongée, les couches extérieures de la moelle sont normales, tandis que la substance grise est transformée en un cordon assez solide, brun-verdàlre, d'un diamètre supérieur à celui de la substance grise normale. En bas, jusqu'à un [>ouce et demi environ du eftne terminal, on voit la mtaie modification, occupant principalement lecordon nucléaire de la moitié droite de la moelle. La salistaDce blanche ne paraissait nullement intéressée dans celte transformation; car, dans les parties où le cordon brun était le plus é[)ais, celle substance ne paraissait que réduite par la dilatation ; elle formait là un demi canal rempli par le cordon bron. Donc, les racines des nerfo n'étaient pas atteintes, elles étaient tout au plus poussées en avant et en dehors en eertaim endroits. A la partie moyenne de la région dorsale, où la modification était le plus imf»ortanle, les parties centrales de la substance blanche étaient légèreuienl ramollies; on en dégageait facilement le cordon brun, qui n ^^ adhérait que par quelques vaisseaux d un certain calibre.
Le cordon était assez dur à son centre, présentait une certaine résistance an couteau, et se composait d'un tissu brun plus ou moins
rouillé, verdâlre ou jaunâtre, ayant des lacunes remplies de sérosité et se terminant à la périphérie par une substance brun-jaunâtre tirant sur le blanc, et assez homogène. En plusieurs endroits cette corde était très>résistante ; on y trouvait au centre un bouchon sec, d'un brun noir&tre, cylindrique, analogue aux caillots rétractés. Cette ressemblance fdt affirmée par l'existence d'un caillot récent, d'un noir roupeâtre, au centre du cordon au niveau de la première vertèbre dorsale. Ce caillot avait la grosseur d'une noisette.
L'examen microscopique démontra qu'il y avait là un processus avec exlravasation et formation de pigment, ayant son point de départ dans la nibstance grise. Une fois on trouva de nmnbreuses celtules ganglionnaires assez jaunes et en certains endroits des granulations hors du noyau, et cela dans toute l'épaisseur de la coupe. En d'autres endroits on vit des globules sanguins inaltérés dans des caillots récents; des granulations pignientaires brillantes, rouges-bruuàtres, isolées ou agglomérées à coté de très-beaux cristaux, d'hématoïdine. Les tibniies nerveuses sont ▼ues rarement; trèariMMrrent,att cootrah«, de la graissa libre, de la matière amorphe légèrement granuleuse et des agrégats de eeUules graisseuses. Les lésions les plus remarquables se trouvèrent sur les vaisseaux. Le plus grand nombre était vide de sang, mais par contre on irtjuva des troncs artériels assez gros et la plupart des capillaires remplis de granulations pigmeotaires brunâtres, assez serrées; il y avait, en outre, de nombreux amas de granulations graisseuses assez volumineuses, qui paraissaient se trouver en dedans des parois vasculaires. On ne irouva de tissu conjonctif de nouvelle formation qu'au centre du cordon brun; à sa périphérie, il n'y avait, outre les Cttiiuies ^aAgiiouiuires et les quelques flbrOles nerveuses, que des ma*
tières aiDorphcs, graisseuses eialbuminoïdes, les alléraUoDB dfls parois vasculaires et quelques granulations pigmentaires.
Le cerveau et la moelle allougée ne présentent pas de lésions. Du eôlé des voies arioaires : cystite. — lofliuration urineose dans le tisso soat-pérltODÂal et jusque dans la euisse. — Péritonite.
OBS. LXZVI. - Trier (FIospital-Meddelelser, Bd. IV,18B8}. Traduotion d'après la thèse de Levier
Un matelot de 33 ans qui, indépendamment d'une fièvre intermittente développée un an auparavant, n'avait jamais été malade, fut saisi le 46 septembre 1851; pendant la travetaée de Calmar h Copenhague, d'un violent Mason, avec élévation 'de température, de sueur ■violente et d'embarras p:nptriqi]e. I! ?e mit aussitôt an lit; lorsque deux jours après il voulut le quilter, il remarqua qu'il ne pouvait setenir sur le pied droit ,ni même porter les aliments à sa bouche au moyen de ta main droite. Peu à peu, à ces phénomènes du côté droit, s'ajoutèrent une paràlfftie det extrémité» gmukef et delà plmt groadê partie du corps. Le 28 septemlMTede l«)demaîn de son entrée à l'hôpital, il ne possédait plus que peu de mouvements d' la main et de l'avanlbras droits, pendant que le bras correspondant, tout le membre supérieur gauche et les deux extrémités iuférieures étaient entièrement privés, tant du sentiment que du mouvement. Apart la tête, le cou et la partie supérieuro du thorax (à droite jusqu'au mamelon, à gauche jusqu*à la quatrième côte), tout le corps étaitanesthésié. Les apophyses épineuses des 2^, 3« et 4' vertèbres cervicales étaient sensibles à la pression, mais peu. Quaut aux facultés intellectuelles elles n'avaient jamais été troublées pendant le cours de la maladie; pas de céphalalgie, te malade n*avait point eu de seUes depuis trois jours : il y en avait deux qu'il n'avait pas uriné; le besoin même ne s'en faisait point sentir, bien que la vessie fût très-distendue : l'huile de ricin provoqua enfin des évacuations involontaires. La parole était balbutiante, la langue embrouillée et faible. La température cutanée normale, le pouls à 100, un peu plein. Le soir survint du délire qui continua à se montrer à oette heure ? jusqu'à la mort qui survint le M mars.
Auteptie 84 benras après la mort.
Les poumons reliés aux parois tlioraciques par d'anciennes adhérences étaient gorgés de sang qui colorait la muqueuse des bronches en rouge sombre} le cœur était grand, flasque, rempli de caillots demiliquides ; la rata et les reins congestionnés, le foie normal. Le fond de la muqueuse stomaehale était byperémié; ses plis étaient livides; comme macérés et avalent perdu leur épitbélium. Rien d'toonnal n'existait dans le tube intestinal. Les sinus et les vaisseaux sanguins delà cavité crânienne élaient gonflés par du sang noir et fluide. La coupe du cerveau montrait un piquclcao* udaut; les ventricules peu
distendus et les espaces aouMracbnoKdieBsreoCeriDaieal quelques onees
d»î sérum rougeAlre.
La pie-mère aussi clait le siège d'un peud'inûltratioii sanguine. Dans la imiti rackidiame se trouvail taol en dehors qu'au-dessous de la dure-mèreune qusntiié énorme de sérosité. En ouvrant cette membrane»
OD trouva la moelle augmentée de diamètre par places et «es faisceaui comme dissociés : cet accroissement de volume était surtout manifeste au niveau de la 3" et 4' vertèbres cervicales, où un coagulum sanguin noirâtre qui faisait issue entre tes cordons postérieurs démontrait une coUeetion à l'intérieur même de la moelle. On pouvait sentir sur Is moitié antérieure et à la même hauteur, immédiatement sons la piemère, dans la moité droite, un corps dur, dont les contours rigides repoussaient celte membrane, et qui se trouva ôtre une tumeur entourée de sanp, allongée et grande à peu près comme un haricot : elle était nettemeai limitée : Le plus grand diamètre de cette tumeur était horilontalemeAt dirigé d'avant en arrière dans répaisseur même de la moelle Elle consistait à la coupe en une substance sèche, grenue, compacte et gris-brun-sombre ; elle se laissait pénétrer par une aiguille. Ce corps fut plus tard examiné au microscope et reconnu par M. Hannoverpour dusaug dessécbé. La tumeur était entourée par une collection de savg noir frcUchement exlravasé, et de ce point l'on pouvait poursuivre l'épan' ehemeiU dmu toute la longueur de la modle d'un boiU à têutre de cei organe eijutqu*à la queue de cheval. De cette façon s'était formé au centre même de la moelle un canal qui n'était nulle part moindre qu'une plume de corbeau et qui eu certains points môme présentait des dilatations variqueuses. En l'uu de ces points les cordons postérieurs ramollis avaient été violemment s^arés et déchirés grâce à la distension de la moelle. L'cxtravasalion sanguine s'éiend«t en haut jusqu'à un demi pouce du pont de varole et se terminait en pointe à ce niveau sans arriver jusqu'au quatrième ventricule.
OfiS. LXXVIL — Colin. — Hémalomyélie circonscrite et diUuse do la moelle épiuière. — Autopaie. — ^Obs. n'>i.)
Lajeune, fusilier, 96 ans, d'une forte constitution, a joui toujours d'une excellente santé ; soldat depuis cinq uns, jamais n'a eu de maladies ; tous les renseignements fournis par le malade ou recueillis autour de lui, attestent la régularité de sa conduite et sa sobriété sous tous les rapports.
Le m novembre 1871, il s^amuse avec quelques camarades au jeu dit de saute-mouton, n'éprouve aucune douleur, et immédiatement après peut faire, sans plus de fatigue que d'habitude, une promenade
militaire de trois heures.
Le '28 novembre, il se réveillait paralyfé des membres inférieurs et entrait au Yai-de-Grâce. Je note que, pendant cette dernière nuit, le
- Ici'—— ^>-.'vj^le
. togmalide s'était levé pour aller uriner bon de la èbambre, qu'il n'avait pa satiefaîre à ce besoin, et que, de plus, il loi avait' semblé en ce
moment être très- faible sur ses jambes ; n'éprouvant aucune douleur, • il s'était à peine préoccupé de ces deux faits, et f'était rendornji.
Visite du !29. Paralysie complète du mouvement des membres inférieurs ; de l'ombilic aui orteils, perle également absolue des sensations du tact, deehàtouillement, de douleur, de température qui ne produisent non plus aucune contraction réflexe. Douleur vive, spontanée continue au niveau de l'angle de romo[ilale, en dehors et à gauche de la ligne des apophyses épineuses ; cette douleur s'exagère à peine par la pression ; à son niveau, et dans toute la circonférence du tronc, existe une sensation de constriction i&vineible, esfrespondant aux points où reparaît la sensildlité. Respiration costale, ventre bsUooné, constipation absolue ; le malade n'a uriné qu'au moyen du cathétérlsme. Intelligence nette ; pouls régulier, langue rosée ; un peud'ap* pédt.
Deux saignées de 200 grammes. Yentouses scarifiées sur la région lombaire. Lavement purgatif.
Le 30 novembre : Persistanoe des mêmes symptômes $ cautérisation
transcurrente le long des gouttières vertébrales, n'éveillant aucune sensation au-dessous du point douloureux de la région dorsale.
Les jours suivants, la paralysie semble suivre une marche ascendante ; le 3 décembre, elle remontait jusqu'aux mamelons ; constriction du thorax plus forte ; SB respirations par minute ; expectoration de cracbats spumeux rosés. En même temps, se déplaçait aussi dans le même sens la douleur fixe, limitée au début au niveau de l'angle de l'omoplate, remontant chaque jour entre les épaules, puis vers la nuque, où clic prit un caractère de violence tel qu'elle arrachait nuit et jour au malade des cris continuels.
Le 5 décembre. Les moindres mouvements de rotation ou de fiexion de la tète donnent lieu à des souffirances intolérables ; aussi la nécessité d'une immobilité aussi complète que possible de cette région provoque-t-elle, même dans I» décubitus dorsal , une rigidité presque tétanique des muscles du cou. Apparition d'une tache noirâtre à la région sacrée ; cette tache devient le point de départ d'énormes escliares. Abolition complète de la sensibilité et de la contractiHté électriques
' Le 9 décembre, apparition de points gangréneux aux deux malléotes.
Le 12 décembre, incontinence d'urine et des matières fécales sucoé» dant à la rétention; elle dura jusqu'à la mort.
Fièvre dans les derniers jours de la vie, soif inextinguible, pas de glycose dans les urines.
Dans les derniers jours fourmillements dans les doigts. A partir du 4 janvier, convulsiona cloniques revenant deux ou 4rois fois en 24 Hayem. 14
baureg dans les membraisapériettn, et dorant chaqae foU une heure
ou une heure et demie ; convulsions brèves et rapides ; grande sensation de troid avec claquement de dents. La sensibilité tactile, la perception des excitaiions douloureuses, ainsi que la force et la régularité des mouvements dans l'iAtervalle de ces aeeàs, demeurèrent toujours normales dans les membres supérieurs.
Mort 9 janvier.
Durée. Quarante-deux jours.
Lésions anatomitjii es. — Dans le sillon collatéral antérieur gauche on trouve une eccli^uiosc, irrégulièreuicnt circulaire, d environ [o uiillimAtres de diamètre, s*é(endant eu avant jusqu'au milieu du cordon antérieur, et eo arrière allant affleurer le sillon eollatéral postérieur ; au centre de la surface eccbymotiqne , viennent aboutir tous les filets de la neuvième racine antérieure gauche ; cette tache est vue par transparence à travers l'arachnoïde qui, à son niveau, n'a contracté m adhérence ni coloration anormales ; elle ne luit pas de relief visible mais donne, è la palpation, ;ia sensation d'une tumeur pjrriforme, résistante, au milieu d'un tissu très-mou. Une incision transversale ixNmée à cette tumeur, permet de constater qu'elle occupe en épaisseur la moitié externe du cordon antérieur, et presque tout le cordonlatéral, englobant à son centre la corne antérieure de la substance grise; son point interne le plus saillant est à 2 niilliiuètres en dehors de la commissure blanche : sa coloration est d'un bmn marron, granité de petits points noirAtes; sa consistance est presque celloloflbreuse ; et si l'on cherche à Tisoler des fibres nerveuses avoisinantes, il se forn^e h sa surface des granulations qui lui donnent l'aspect extérieur d'uu lobule glandulaire.
Mollesse remarquable de la moelle ; elle a perdu sa forme cylin* drique, et semble comme aplatie dans toute sa longueur. Une indsion ayant été pratiquée du bulbe au ligament caudal , on reconnaît qu'elle ne consiste plus qu'en une coque de substance blanche renfermant une bouillie jaunâtre, presquî liquide, qui, de l'extréraité inférieure, s'étend jusqu'au bulbe, où elle s'arrête brusquement. Toute la substance grise est fondue eu cette matière jaune, qu'on enlève en y passant même le doigt très-doueement, et il ne reste plus alors que la sobstuBoe corticale.
Examen mieroscopique. — » H. le professeur Laveran voulut bien me prêter son savant concours pour le double examen microscopiqu", d'une part, de la substance jaune dilTuse dans toute la moelle ; d'autre part, du suc exprime de la tumeur circonscrite, et chacune de ces investigations nous fournit on résultat identique relativement au degré d'altération des éléments sanguins: absence de globules non altérés, nombreux cristaux d'bematoldine, et cellules pigmentaires.
OBS.LXXVIII. — Ijebeau (Arcft. belges de mé l. nnlit., Gas,hebd,ft, IIj p. 660, 1855). — Uématomyélite. — (Kéeumée.)
Soldat, 20 ans.
ùébut. Sympidmes d'une fièvre typhoïde, sauf les taches lenUculairea
et le râle sibilant.
Symptômes. — Le lO® jour, engouidissemeut des extrémités inférieures, 15' jour, contractures, engourdissement des membres supérieurs, léteution d'urioe alternant avee incontinence , inseneibUité et immobilité des membres inférieurs. Respiration fréquente et difficile. — Les jours suivants paralysie de plus en plus complète, malgré de rares «oubrepauls des tendons; sensibilité obtuse des membres supérieurs, aneslbésie générale, cyanose. Le puuls était tombé à 96, quand les symptômes spinaux étaient venus se dessiner.
Jhirie. 18 jours.
Linons aiiaUmiques. — A la liauleur delà S«cei virale, dans l'étendue
d'un centimètre, épanchcmen l occupant le centre de l'organe, sous forme d'un noyau rouge, assez dur, du volume d'un gros pois, occupant le centre de la portion médullaire, qui est i amollie, de consistance puitacée et d'une coloration brun noirâtre. Placée sous l'eau, cette portion de la substance grise laisse flotter des bords inégaux et frangés, dfarlgésversla partie centraley^ plus en dehors l'altération mal limitée s'approehe plus ou moin< de la couche corticale sans l'intéresser. Injection des vaisseaux de la porlion d'^s méninges qui correspond à répanchement. Cette injection est peu prononcée.
OBS. LXXIX. — F. Dnriau {Un. méd., no> 20, 21, 24, i5, 1889). — Apoplexie de la moelle épinière.
Lantraisi, 26 ans, mouleur, entré le 3i décembre à la Charité , service de M. Piorry.
U a traTaillc pendant six mois, dans la station verticale, les bras éle» vés au-dessus de la tête pour poser des moulures aux plafonds. — Sans cause appréciable, il survint des douleurs sourdes dans la région lombaire, des fourmillements dans les extrémités inférieures, puis de la rétention d*urine nécessitant le catbttérfaMOse et orauBueoeement de paraplégie. A l'entrée à l'bôplta], abolition des mouvements volontaires , intégrité de la contractililé électro-musculaire, anesthésie et analgésie des extrémités inférieures, douleurs lombaires. Rétention d'urine.
Traitement an tiphlogis tique sans résultat (90 sangsues^ Peu k peu selles involontaires , eschaies au sacrum, abolition progressive de la contraetilité musculaire, œdèoie des jambes. Mort au 19« jour de ron entrée. A l'autopsie, ramollissement de la moelle s'étendant de la 8* dorsale à sa terminaison ; caillot noirâtre d'un centimètre de diamètre
occupant la substance grise à la hauteur dé la 11« paire ; ramollissement plus prononcé à ce niveau. Rien de particulier daiM les autres oii^anes. Cerveau injecté à la superficie.
OBS. LXXX. — Colin {Bull. Soc. méd, hôp.y 1868).— Paralyse du membre
Bupérieur di-oit, d'origine spinale. — Insuffisance aortique.— AugmentaUon de tempéra' ure dans le membre paralysé. — (Obs. n® 2.) — (Résumée.)
Individu atteint de paralysie du mniivement du membre supérieur droit avec affaiblissement du membre inférieur du m(^mc cftié. Cette hémiplégie iiiooraplèle résulte d'une ostéite des deuxième et troisième cervicales, surveuueà lasuilc d'une ciiule sur la tète, faite au commencement d'avril 1861. D^autre part, un rhumatisme articulaire aigu, survenu deux mois après, a laissé une insuffisance nortiquo très-nette.
Dès son entrée à l'hôpital, le 3 septembre suivant, M. Colin est frappé de la différence de température entre la main droite paralysée et la main saitie : loiiles deux étant placées sur la couverture du lit, assez écartées l'une de l'autre pour être soustraites à toute influence réciproque, la chaleur de la main gauche semblait s*abaissersensiblemeat au niveau de celle du milieu ambiant, la main droite demeurant à pea près aussi chaude et aussi moite que les parties recouvertes da corps.
20 septembre. T. gén., 38"*; main droite 37«; main gauche, 3-2^
22 octobre. — 37»; — 36°; — 24»
12 novembre. — 37*; — 35o; — 84«
Toutes les expériences thermométriques ont été fsitefi, en laissant les mains du sujet à Tafar pendant au moins une demi-heure. Les résultais ci-dessus représentent à peu près la moyenne de tous les autres. Dans les deux dernières expériences faites, la différence entre les deux mains a été plus marquée, s'élevant de 11 et 12", en raison, sans doute, de l'abaissement de la température ambiante dont la main gauche paraissait seule subir l'influence.
Des explorations analoguss sortes membres inférieurs ne donnèrent aucun résultat appréciable.
Étal général assez bon. Bon appétit. Se levait chaque jour, pendant plusieurs heures, lorsque, le 16 novembre dernier, au milieu de son repas du matin, U tondM subitement privé de connaissance, et, sans cris ni convulrionst expfan en quelques secondes.
Autoipt^» Intégrité parfaite du cerveau, du cervelet, de U protubérance et de leurs enveloppes.
Le corps de la troisième cervicale lait une légère saillie transversale dans le canal rachidien.
Le périoste, étant soulevé, on constate, en ce point, un gonflement avec coloration noirâtre du tissu osseux.
Rien de notable dans l'aspect extérieur de la moelle ni de ses enveloppes. Mais la section longitudinale, au niveau du faisceau antérieur droit, fait découvrir, à la hauteur de la troisième cervicale, un petit
caillot sanguin, mou, non décoloré, non enkysté, avec ramollissement de la pulpe périphéri(]uo. Dans son enscmbiC| celle alléralion a le volume d'une petile aveline.
Hypertrophié eonndirMe excentrique du eomr^ avee adlmiicet générales ceilalo-fibreaies da péricarde. losuffiianee des valruler, mais sans lésion de structure.
Dans le grand sympathique cervical, aucune altération.
L'examen coniparatif des principales artères des membres supérieurs établit la parfaite identité de leurs calibres.
OBS. LXXXI. - Saccheo [Revue méd., imc^, t. III, p. 265, Repetoriodel Piemonle). — Cas d'apoplexie de la moelle épinière et du cerveau.
Une femme, âgée de 27 ans, d'un tempérament sanguin, d'une intelligence pou développée, mélancolique, éprouvait depuis neuf mois, une lécère douleur dans la région da dos et un peu de céphalalgie; mais elle pouvait eonlinoer ses travaux. Le 18 février, en rentrant d'une longue promenade, elle perdit tout à coup la parole, et fut prise en môme temps de paralysie du côté droit du corps. Quand elle essayait de parler, elle ne pouvait prononcer les mots complètement : les sens de l'ouïe et de la vue étaient dans leur intégrité; la langue^ déviée à droite, était mobile. Mouvements et lensibUilé complètement abolis dans la moitié droite du corps. Douleur vive à la tète. Bicrétion involontaire de l'urine et des matières fécales. Pouls à peu près normal (sangsues à la nuque, petite saignée, sinapismes, pilules de valériane et d'arnica). La malade paraissait en voie de guérison le 7 mars, lorsqu'elle eut une seconde attaque d'apoplexie, à laquelle elle succomba qualre jours après.
UHont anuttomiquet. Moelle épinière saine depuis sa tcrmiiiaisoo jusqu'à sa portion cervicale : dans ce point, elle offrait une injection marquée. A deux lignes au-dessous du bulle, petit caillot de sang noir de la grosseur d'un pois. Les vaisseaux qui se ramifient dans les inter* slices des fascicules nerveux de la moitié droite étaient engorgés do sang. Mais la substance médullaire avait conservé sa couleur et sa consistance normales. Vaisseaux du cervelet volumineux et remplis de sang. Au niveau de la partie moyenne de l'iiémisphèro gauche existaient trois ou qualre tu'"ercnles de u ilure albumineuse situés dans le tisî'u cclluiairc sous-arachnoïdien : au-dessous d'une de ces plaques existait un épanchôment sanguin du volume d'une noix, recouvert par une couche mince de substance grise. Autour de ce foyer, la substance cérébrale était ramollie et formait une espèce de bouillie, de couleur rose, qui oecupidt à peu près la moitié de l'hémisphère.
OBS. LXXXII. — Femuid {ButLr de la Soc. anat, 1861, p. 80t> ^ H«-
matomyélie.
Homme, 25 ans, d'une faible constitution.
Courbure de la colonne depuis une quinzaine d'années.
Début. Depais un an, rourmiUements et doaleun daos les membres
inférieurs. Constipation.
Symptômes, i'r mars. Pâleur, maigreur, colonne vertébrale déviée, pas de lenBibiiilé sur son trajet, pas de oontraetore. Affaiblissement des deux membres inrfirienrs. Secousses dans les jambes. Du IS mars an 15 ayril: Augooentatioa des douleurs. Contracture, sensibilité obtuse et mouvement» spontanés impossibles dans les jambes. Rétention d'urine. Constipation. Du 16 au 29 avril. Escliares autour du bassin et érysipèle gangréneux, âèvre intense, sueurs abondantes, dyspnée extrftme.
Durét. mars au 89 avril. Soixante jours.
Lésions anatomiques. Légère augmentation de volume et coloration hrunp, dft la moelle au niveau et au-dessus de sou renflement cervical, où le toucher découvre des noyaux roulant sous le doigt. Au-dessous de l'entrecroisement des pyramides, cavité contenant un liquide séreux limpide, dont les parois sont tapissées par ane membrane téooe. Audessous, tache rouge ecchymotique. A i centimètre du kyste, caillot limite sur lequel la moelle ramollie est étalée en membrane; plus bas autre caillot moitié moindre (1 cent.), puis sorte d'infarctus foriiic par un mélange avec le sang épanché. La moelle est ramollie et brune dans les intervalles de ces épanchemenls sanguins. Le ramoUissemeot .est blane an niveau de la plus forte courbure du raebis, à 10 centimètres au-dessous des lésions précédentes.
OBS. LXXXIXI. - Clifford Allbutt {The Lancet, 1870, II, p. 84). -
Paralysie infautile.
Enfant de 7 mois, sain. — Un soir sa mère l'enleva un peu bnisquf'in' nl et fut épouvantée de le voir tomber lourdement en avant. A C''. moment on ne remarqua rien d'insolite, mais quelques minutes après, la mère fut, de recbef, effrayée de voir que l'eofant était paralysé des quatre membres. Celte paralysie survenue soudainement et san? douleurs re«-enil)Iait beaucoup à la paralysif' infantile, mais il y avait la chule en av ait avec « choc spinal.» L'enfant mourut de complicatious du côie des centres respiratoires. La moelle fut soumise à de fines sections. On trouva à la région cervicale, deux foyers d'hémorrhagle, l'un de petites dimensions, était dans la eorne postérieure gauche et l'autre considérable dans la corne postérieure droite faisant saillie dans la coloiiii'' laléralf. En résumé, ce n'élail qu'une fort petite hémorrhagie et si elle avait été {ilacce dans la partie inférieure de la moelle dorsale et dans la moelle lombaire, l'enfant suivant toute probabilité aurait pu vivre et le cas aurait été un cas de paralysie icfantile. — Cette observation prouve comment an choc peu considérable peut déterminer tme hémorrhagie dans la moelle d'un enfant, ot que souvent la paralysie infantile doit être due à de semblables accidents qui soul oubliés ou {m passent inaperçus.
OBS. LXXXIV. - Crichett et Carlins (TransacL of the path. soc. of London, t, II, aeot. m^rr, 1848, p. 28.— Apq[>lexie de la mMlle. (Abrégée.)
Homme de 44 ans, bon viveur, goutteux, devient tout à coup paral^i'sé dcpiii>: la troisième côte jusqu'aux extrémités ioCérieures. — Priapisme violent et subit.
Douleurs vives iatescostales : pas de mouvements réflexes dans les parties paralysées.
Le priapisme dura 24 heures. — La paralysie s'étendit pou ; pourtant la maia déviai le siège de fourmillements, la vessie était paralysée.
Mort le quatrième jour par embarras croissant de respiration. Autopsie dix-sept heures après la mort.
Eavdoppes congestionnées, pas de liquide dans leurs cavités, àHncision de la moelle deux petits caillots pesant ensemble un drachme occupant l'espace compris entre l'origine de la deuxième et troisième paire dorsales ; un peu d'infiltration sanguine en hautjusqu'à la quatrième cervicale en bas Jusqu'à la douzième dorsale.
OBS. LXXXV (inédite\ — Reouinie dans le service de M. le D>- Mayet médecin des bôpltun de Lyno, pev IL J. Manaot, interne du seniee.
Chéseville (Louis), cultivateur âgé de 20 ans, néàGarnerand, département de l'Ain, entre à i'h6pilal delà Croix-Rousse, salie Saint-Pothin le 5 septembre 1871.
Ses proches paraissent dépounroa d'affections traosmissibles par hérédité et de maladies analogues à celle qu'il présente ; son père, sa mère et un jeune frère âgé de 6 ans se portent très-bien. — Il n'i jamais eu de maladie, antérieure ù celle qui l'amène à l'hôpital. — Assez fréquemment le dimanclie, il se grisait, et il l'avoue assez facilement ; mais il ne convient, qu'après plusieurs dénégations de vieilles habitudes d'onanisme, se répétant une et même plusieurs fois toutes les 84 heures. — Il se masturba jusqu'à 4 fois pendant chacun des jours qui précédèrent Taocident qui le frappa.
Il ne convient pas, mais il ne nie pas non plus que la paralysie dont il est atteint n'ait suivi immédiatement l'accomplissement de cet acte.
II se portait en éSét entièrement bien, lorsqu'il y a quatre mois à peu près, voulant boutonner son pantalon et remettre son gilet qu'il avait quitté pour aller aux cabinets, il s'aperçut qu'il éprouvait de trèsgrandes difficultés pour boulonner son pantalon.
Le matin môme de ce jour il avait pourtant pu se vêtir sans difficulté comme à l'ordinaire. — A partir de ce moment, les fonctions de ses bras ont été à peu près entièrement abolies et leurs muscles ainsi que
ceux de diverses autres régions, ont sabi une atrophie eonriilérable et de plus en plus marquée.
Il reçut des soins à l'hôpilul de RoUcville (<Uo) OÙ.oa lui appliqua, diUil, des vésicatoires sur les épaules.
Il n'y séjoarna que fort peu de temps et en sortit dans an état très'analogue à celui dans lequel il y était entré.
Les saillies des os se dessinent fortement sous la peui, e^s des muscles ont au contraire disparu presque entièrement sur certains points.
Ce qui frappe dès qu'on découvre le malade, c'esl un atTciisscmcnl considérable des épaules, et celte situation caractéristique delà para^ ijrsie du trapèze.
Le deltoïde et les autres muscles de l*cpaule et du bras sont con~ sidérablement atropliiés; ils le sont d'autant plus qu'on s'approche davantage du moignon de l'épaule. Aussi, dans la station debout ne peut-il pas écarter les bras du corps, le long duquel ils sont peudaals et inertes. Couché, ii peut, après Itien des efforts porter le hm droit à sa tète, mais il ne peut jamais y porter le gauche.
Cette paralysie plus complète à gauche est en rapport avec l'atrophie un peu pins mirqnée encore de ce côlc.
Les muscles des avant-bras sont notablement moins atrophiés que ceux du bras ; les mouveuienls de flexion du coude sont encore possibles parla contraction des muscles épicon^yliens et épitrochléens, asseï bien conservé». Le biceps et le brachial antérieur sont tout antant diminués de volume que les autres muscles du bras.
Les muscles de la main sont dans un état analogus à ceux des avant-bras.
Les muscles de la nuque sont très atrophiés, de telle sorte que la tètOi n'étant plus fixée que p<ir les stcrno-mastoldiens qui, du reste, ne sont pas entièrement iiilcmmcs, baîhtte lans certains mouvements, se
portant au hasard à droite OU à gauche.
Les muscles des parois antérieures, externe et postérieure du thorax, ainsi qua ceux des gouttières vertébrales se trouvent dans un état analogue.
La nutrition des membres Inférieurs bien que très-compromise,
est moins altérée cependant que celle des avant-bras et des mains.
— Le malade peut se tenir debout, marcher cl se promener main la jambe droite se fatigue vite, et, au bout de peu de temps, celle-ci ne le soutenant plus, il est obligé de s'asseoir pour éviter une chute imminente.
Il n'a jamais ressenti aucune douleur, d'aucune sorte en aucun point du corps. La pression et la percussion sur les apophyses épineuses n'en fait pas naître non plus. Jamais do conlricture.
Les sen>^ibilités, au contact, à la douleur et à la température, paraissent à peu près normales (les deux premières sont peut-être un peu amoindries;.