ARTICLE VIII
Hémorrhagie de la partie inférieure du rectum .
Les plaies de la circonférence de l’anus sont rares, mais les opérations fréquentes que l’on pratique sur cet orifice et sur la partie inférieure du rectum, donnent souvent lieu à des hémorrhagies, qui deviendraient graves et même mor-
telles, si Ton ne se hâtait d’y remédier. Après l’excision des hémorrhoïdes , si cet accident survient, il est d’autant plus à craindre que la contraction spasmodique du sphincter , empêche le sang de couler au- dehors, et le fait accumuler dans le rectum et le gros intestin. Après l’opération de la fissure et de la fistule , l’écoulement se fait en général à l’extérieur, lorsqu’il a lieu, mais il ne faut pourtant point se reposer sur ce qui se passe dans la majorité des cas. On doit surveiller attentivement et prévenir l’accumulation du sang dans le gros intestin. Il est toujours possible, dans ces cas, de dilater l’anus d’une manière suffisante pour voir la source de l’hémorrhagie , et y remédier par la ligature ou l’application du cautère actuel ou le tamponnement.
Lorsque après l’ablation de l’extrémité inférieure du rectum, il survient une hémorrhagie, il faut, autant que possible, lier les vaisseaux qui fournissent du sang ; quand ils échappent aux pinces, appliquer le cautère actuel qui, dans ces cas, doit être manié avec beaucoup de ménagement. Si enfin le vaisseau échappait à l’œil, il faudrait, après avoir évacué les matières et le sang, à l’aide de lavemens simples, faire dans le rectum des injections froides et astringentes, et, dans quelques cas, employer le tamponnement.
Le devoir du chirurgien, dans toutes ces circonstances, est de prévenir et d’empêcher les
hémorrhagies internes; car elles ne s’annoncent que par des symptômes généraux, c’est-à-dire par les phénomènes qui les rendent redoutables. La cautérisation, le tamponnement et la ligature offrent des ressources précieuses pour oblitérer les vaisseaux qui fournissent du sang.