MN RUE
Hernie date de 4 ans, avait alors le volume d’un petit œuf; peu à peu augmenta de volume et aujourd’hui forme tumeur de la grosseur de la tête d’un enfant. Jamais le malade n’a porté de bandage ; la hernie ne causait d’ailleurs au début qu’une gêne très modérée de la marche et de plus, jnsqu'’il y a trois mois encore, elle se réduisait avec facilité dès que le malade était couché.
A cette date, elle devint douloureuse, des coliques assez intenses se produisirent ; depuis lors, la hernie fut irréductible et aujourd’hui encore elle est sonore dans toute son étendue, mais sa réduction est impossible. I] reste, malgré toutes les tentatives du taxis, une portion d’anse intestinale adhérente au sac, du volume d’une orange environ. De plus, on sent avec une grande netteté, une espèce de cordon épais, avec une série de nodosités qui font penser aux appendices épiploïques du gros intestin.
Pendant 20 jours, on tint le malade au lit, en lui administrant un purgatif tous les 2 jours ; mais la hernie conserve son volume et reste absolument irréductible.
Le 24 juillet, M. Terrier fait la cure radicale.
On arrive sur une paroi blanchâtre qui n’est autre que le sac herniaire très épaissi ; après incision, on constate que la hernie est formée par la majeure partie de l’S iliaque, caractérisée paa ses appendices graisseux et ses bandes longitudinales ; l’anse herniée a une longueur de 15 à 20 centimètres. É
M. Terrier essaye alors la réduction, mais elle est impossible, du moins en totalité ; il reste, en effet, solidement adhérente au sac, une portion d’anse intestinale d’une longueur de 8 à 10 centimètres ; ces adhérences sont larges, résistantes, il y a une véritable soudure entre le méso-colon et le sac.
L'incision du sac ayant été prolongée en haut et en bas, M. Terrier détruit avec les ciseaux et les doigts, lesadhérences qui maintiennent l'intestin irréductible. Cette
dissection assez laborieuse, doit être poussée très haut, jusque dans l’anneau inguinal, et de nombreux vaisseaux doivent être pincés : l'intestin ainsi libéré, peut être enfin réduit.
La dissection du sac commence alors, elle est pratiquée sans grandes difficultés avec les doigts et les ciseaux ; bientôt la presque totalité du sac est réséquée ; il ne reste
plus que la partie supérieure dans l’anneau ; mais il n’y a pas là un véritable collet du sac, il n’y a qu’un lambeau antérieur adhérent à l’orifice ; aussi ne fait-on pas comme à l'ordinaire, la suture du collet du sac, mais la suture de l’anneau avec du gros catgut.
En bas et en arrière, il reste aussi un laimbeau du sac adhérent aux éléments du cordon, il est laissé en place.
Guérison.
Le 10 octobre, le malade rentra dans le service, pour avoir un bandage. Le malade étant couché, on constate que pendant la toux, il persiste au niveau de l’anneau, une légère impulsion. Lorsque le malade est debout, on constate l'existence d’une pointe de hernie du volume d’une noix ; il n'existe plus ni douleurs pendant la marche, ni troubles digestifs ; l’état général est excellent.