OBSERVATION VI
Hernie inguinale ancienne. Adhérences. Cure radicale. (Thèse de Boiffin. Obs. LXXT résumée).
Le nommé Ménage (Isidore), âgée de 44 ans, maçon, entre le 27 mai 1884 dans le service de M. Terrier, hôpital Bichat. À 30 ans le malade constata une petite saillie dans les efforts, au niveau de l’anneau inguinal gauche ; il porte un bandage pendant un an, puis en abandonne totalement l'usage.
SÉPPSUES
La hernie s’est accrue lentement, elle a mis dix ans pour arriver au fond des bourses ; depuis 3 ans, elle est presque constamment dans le serotum ; elle est le siège de coliques très fréquentes ; quand le malade se livre à des travaux très pénibles les douleurs augmentent d'intensité et s’accompagnent de nausées, plusieurs fois le malade a dû garder le lit et faire appeler un médecin pour réduire la hernie : peu à peu, le malade abandonnaiït le bandage et la hernie redescendait dans les bourses. Depuis un an, les douleurs sont continues et assez vives pour rendre tout travail impossible ; de plus,,la tumeur est devenue complètement irréductible.
Deux essais de réduction sans anesthésie, faits l’un par M. Richet à l’'Hôtel-Dieu, l’autre à l'hôpital Cochin sont restés infructueux. La consistance de la tumeur est ferme et uniforme, partout le doigt à la sensation de lobulés graisseux qui font penser à l’épiploon. La tumeur est mate dans toute son étendue. La tension est trop grande pour qu’un doigt puisse étre introduit dans l’anneau inguinal.
Dès son entrée, le malade est soumis au traitement suivant : un baïn tous les 2 jours ; les jours où le malade ne prend pas de bain, il est purgé avec de l’eau de Sedlitz; alimentation très légère.
Ce traitement est continué pendant 2 mois et sous son influence, la tension de la tumeur a un peu diminué, mais l'irréductibité est toujours aussi absolue.
Opération le 31 Juillet 1884, après chloroformisation.
On arrive sur une coque épaissie qui, incisée dans l'étendue de 1 centimètre, donne accès dans la cavité du sac herniaire. Au-dessous on aperçoit une masse graisseuse jaunètre, prise au premier abord pour l’épiploon, mais la lobulation et l'isolement possible de petits lobes de cette graisse, montre qu'on à affâire à des appendices épiploiques. De plus au niveau de leur insertion, on reconnaît les bandes longitudinales du gros intestin. Ces appendices
longs de 4 à 5 centimètres, quelques uns renflés en massue comme des marrons, sont formés d’une graisse jaunâtre assez résistante.
A la partie inférieure de la tumeur et en dedans, en suivant un paquet de veines turgexente. on arrive sur une tumeur arrondie, consistante qui est le testicule, offrant à sa partie supérieure des adhérences intimes avec des appendices graisseux et la coque fibreuse du sac herniaire. La Séparation faite avec des ciseaux et le bistouri est difficile. On constate nettement que toute la tumeur hermiaire est constitué par une anse du gros intestin longue -de 20 à 25 centimètres, VS iliaque intimement adhérente à la coque fibreuse qui n'est autre que le sac herniaire fort épaissi.
Alors, soit avec le doigt, soit avec des ciseaux, on isole une notable partie. de l’anse intestinale, mais on ne peut réduire la portion d’intestin ainsi libérée. Il faut continuer l'isolement jusqu’au fond des bourses au point ou existaient d'jà des adhérences avec le testicule. Dès lors, l’anse herniée semble libérée dans toute son étendue, toutefois, en avant et en haut, on remarque une véritable cloison analogue au mésentère, et qui d’ailleurs n’était autre que lui, aussi en partie adhérent au sac herniaire induré. Ce mésentère parait étrela cause delanon-réduction de l’anse intestinale, aussi est-il sectionné longitudinalement de façon à rendre plus mobileencore la longue anse de l’S iliaque herniée.
Des essais de réduction sont encore tentés, mais en vain ce qui s'explique par la fusion intime des parois de l'intestin et du collet du sac.
Il faut encore débrider en haut dans une étendue d’environ 5 centimètres ; puis on dissèque avec le doigt et les ciseaux, les deux bouts de l’anse adh‘rent absolument au collet du sac et sont confondus en quelque sorte avec lui. C'est alors qu’en commençant par le bout situé en arrière,
“on put enfin, peu à peu et HéuEment réduire toute l’anse Desbordes 7
ile
herniée dans la cavité de l’abdomen. Le sac herniaire, fort épaissi au niveau du canal inguinal, fut séparé des parties voisines, excisé et obturé.
Guérison.
OBSERVATION VII (personnelle)
Hernie inguinale gauche avec phénomènes légers d'étranglement
Joseph Duf..., artiste lyrique, âgé de 75 ans, entre le 8 novembre 1895 dansle service de M. Périer, à l'hôpital de Lariboisière pour une hernie inguinale gauche ÉRRERES et douloureuse. ke
Ce vieillard est atteint de sa hernie depuis 25 ans environ. Simple bubonocèle au début, elle était. facilement maintenue par un bandage et n’occasionnait aucune douleur. Mais peu à peu son volume s’accrut et le malade s’aperçut qu’elle ne rentrait pas complètement ; au moindre effort, elle filait sous le bandage. Depuis 7 ou 8 ans, elle était descendue dans les bourses. Néanmoins, sauf de rares exceptions, le hernieux n éprouvait ni crampes, ni coliques.
Depuis 4 ou 5 mois, ces petits accidents survinrent, coïncidant avec une augmentation de volume de la tumeur. Le 4 novembre 1895, à la suite d’un effort, il vit sa hernie grossir subitement, se tendre et devenir douloureuse ; peu après, il ressentit quelques nausées. Se couchant aussitôt, il chercha à faire rentrer l'intestin en le malaxant, mais ce fut inutile. Un médecin appelé, lui fit subir une séance de taxis assez prolongée, mais sans succès. Les garde-robesse supprimèrent, mais les gaz passent encore ; pas de vo-
“missements. Il reste alité een 4 jours et prend un purgatif sans résultat.
mn)
. . Ne trouvant aucune amélioration, il se décide à entrer à l'hôpital et le 8 novembre il est admis salle Chassaignac,
à Lariboisière.
La hernie est grosse comme une tête de fœtus environ. La tumeur légèrement tendue, est peu douloureuse même
au niveau du collet. Si on dirige le doigt vers l'anneau
inguinal, il est impossible d'y pénétrer le pédicule herniaire volumineux le remplit complètement.
À la percussion, on trouve une sonorité très nette, sauf en certains points qui semblent occupés par l’épiploon. On ne cherche pas à réduire la hernie.
Le malade n’accuse pas de nausées; la langue est
bonne, le pouls régulier, bien frappé ; la température est
normale Les gaz passent, mais depuis 4 jours il n’a pas eu de garde-robes.
Malgré son âge avancé, le malade présente un état
général assez bon. Peu de choses à noter dans les divers
organes, sauf un peu de congestion à la base des poumons. Comme traitement, on alite le malade, on lui applique un sac de glace sur sa hernié et on lui donne du lait comme
nourriture. >;
Le 9 novembre, rien de spécial à noter. L'état local n’a pas changé ; la santé générale se maintient toujours bonne. Les gaz continuent à passer, mais il n’a pas de garde-robes, malgré l’administration d’un lavement purgatif.
Le 10 novembre, le malade accuse des nausées ; pas de vomissements. Les gaz, quijusqu’ici avaient passé, sont arrêtés ; absence complète de garde-robes.
La hernie n’est pas plus tendue ni plus douloureuse que lors de l’entrée du malade. Mais en présence de cet arrêt complet des matières et des gaz, M. Périer lui propose l'ntervention qui est immédiatement acceptée.
. Le malade est anesthésié au chloroforme et on fait une
-antisepsie soignée de la zone opératoire.
Après l’incision des parties superficielles, on arrive