‹ Des hopitaux et des hospices (volume 2)Chapitre 65 sur 98 · Loe. cit., p · texte numérisé non relu

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médecins, tandis que à la Pitié, il n'y en a que cinq. De plus et cela n'est point sans importance, au point de vue de la mortalité, le nombre des lits affectés aux services de chirurgie est plus élevé à l'hôpital Lariboisière, où il est de 204, qu'à- la Pitié où il n'est que de 168; et l'on sait que la proportion de la mortalité, qui est dans les services de médecine de 1 sur 7 à 9 admis, n'est dans les services de chirurgie que de 1 sur 16 à 18 ou 20 admissions,

» Toutes ces circonstances placent l'hôpital de la Pitié dans des conditions d'infériorité manifeste, qui ne sont en aucune façon contrebalancées par le milieu, dans lequel chacun de ces deux hôpitaux recrute ses malades. En effet, s'ils sont l'un et l'autre placés au centre des quartiers populeux, celui qui environne la Pitié est le plus misérable de tous, puisqu'on y compte un indigent sur 8,17 habitants, proportion, qui ne se retrouve nulle part ailleurs. Puis si la Pitié et Lariboisière sont placés chacun à une distance telle du bureau central d'admission qu'il puisse paraître indifférent d'envoyer les malades, dans l'un ou l'autre de ces établissements, la Pitié étant un peu plus rapprochée, est plus exposée à recevoir les malades transportés sur des brancards, c'est-à-dire ceux, dont l'état est le plus grave. D'où il résulte que à priori, on est tenté de supposer que, toutes choses étant égales d'ailleurs, par le fait seul des circonstances que nous venons d'énumérer, le chiffre de la mortalité devra être notablement plus élevé à l'hôpital de la Pitié qu'à l'hôpital Lariboisière.

» Mais ce n'est pas tout : la Pitié n'a, comme nous l'avons dit, aucun système de ventilation artificielle, tandis que Lariboisière possède les plus perfectionnés et les plus actifs que l'on connaisse. Ce doit donc être une nouvelle et puissante cause de salubrité venant s'ajouter à toutes celles que nous avons énumérées en faveur de cet établissement. Or, contrairement à toutes les prévisions, on voit, en relevant le chiffre des admissions, et celui des décès, dans chacun de ces deux établissements, depuis 1854, époque de l'ouverture de Lariboisière, on voit, dis-je, que la proportion des décès a été sensiblement la même. »

De l'examen des tableaux que M. Galiard a joints à ces oh-

servations, il résulte que pendant onze années, l'hôpital Lariboisière a reçu 100,718 malades, sur lesquels 12,616 ont succombé, soit 1 sur 7,98; tandis que la Pitié a reçu 103,707 malades, sur lesquels 13,189 ont succombé, soit 1 sur 7,86. Le maximum de la mortalité a été à Lariboisière de 1 sur 6, 83 (1860), et le minimum de 1 sur 10, 29 (1856); à l'hôpital de la Pitié, les oscillations ont été moins considérables : le maximum n'a pas dépassé 1 sur 7, 17 (1861), et le minimum est resté à 1 sur 8. 79 (1856). N'oublions pas de faire remarquer d'ailleurs que la Pitié, moins vaste que Lariboisière, a reçu plus de malades que ce dernier hôpital, par suite encombrement, par suite nouvelle circonstance défavorable.

La ventilation artificielle si peu salutaire aux malades auraitelle du moins l'avantage de faire disparaître les mauvaises odeurs des salles? — Non î cent fois non ! et pour citer un fait entre cent : « M. Boudin, dans un de ses mémoires 1, parle d'une salle de l'hôpital Necker, dans laquelle il y avait, dit-il, une ventilation de 105 mètres cubes, par heure et par malade, et qui cependant offrait une odeur notable au voisinage d'une femme affectée d'ulcères cancéreux. J'ai vu à l'hôpital Lariboisière un homme atteint de gangrène du poumon, qui était placé dans une salle où il recevait plus de 100 mètres cubes par heure, et qui cependant répandait autour de lui une odeur si forte que, pour garantir ses voisins, on fut obligé d'entourer son lit de tissus imprégnés d'azotate de plomb ou de liquide Ledoyen 2. »

Nous trouvons dans les courants établis des orifices d'entrée aux orifices de sortie une explication plus que suffisante de cette stagnation dans les coins des salles de l'air vicié : un seul moyen est efficace, pour le chasser, c'est ce que M. Blondel appelle la ventilation par bourrasques ; ventilation qui s'obtient... en ouvrant les fenêtres. Et qu'on ne s'y trompe pas, c'est à ce procédé qu'on reviendra un jour. En effet, on a exigé d'abord des constructeurs d'appareils à ventilation, des ventilateurs tels que leur fonctionnement s'opérât en fermant toutes

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