‹ Des hopitaux et des hospices (volume 2)Chapitre 75 sur 98 · Michel Lévy, loc. cit · texte numérisé non relu

Michel Lévy, loc. cit

2. Hufeland, La mqcrobioliquc, ou l'art de prolonger la vie de l'homme. Traduction J.-L. Jourdan. Paris, 1838.

3. Donné, Conseils aux familles sur la manière d'élever les enfants. Paris, 1864.

des hôpitaux d'enfants ne présente pas les inconvénients que nous constations ailleurs pour les hôpitaux d'adultes : d'une part, les enfants sont moins exposés que les hommes à un de ces accidents subits que multiplie l'industrie dans nos cités; rarement abandonnés à eux-mêmes, ils peuvent être aussitôt entourés de soins de toute espèce; enfin, s'il y a lieu, un premier appareil peut être posé, une opération d'urgence peut être pratiquée dans un des hôpitaux d'adultes, s'il s'en trouve de plus rapproché du lieu de l'accident; que si l'enfant est atteint d'une maladie médicale, la chose devient plus simple encore , car il n'est presque aucune maladie de l'enfance qui ne soit précédée de prodromes plus ou moins longs.

Malgré le séjour à la campagne, nous réclamerons hautement pour un hôpital d'enfants l'exécution des règles d'hygiène les plus sévères, et en particulier la séparation des bâtiments, à l'aide de vastes jardins. On établira des divisions particulières pour un certain nombre de maladies. Voici celles que Becquerel i indique comme nécessaires : 1° maladies chirurgicales; 2° maladies aiguës proprement dites non contagieuses ; 3° maladies aiguës contagieuses (fièvres éruptives) ; 4° maladies nerveuses (chorée, épilepsie); 5° maladies de la peau; 6° gale; 7° ophthalmies ; 8° scrofules et tubercules.

Les salles, vastes mais contenant peu de malades, 10 ou 12 tout au plus, suffisamment chauffées et aérées, devront présenter un nombre d'infirmiers beaucoup plus considérable que les hôpitaux d'adultes.

Nous n'avons pas besoin d'insister sur la nécessité dévastes jardins, de galeries, d'un gymnase, ce complément nécessaire de l'éducation physique de l'enfance, précieux moyen de développer le système musculaire, de fortifier la constitution, de stimuler l'appétit, de favoriser la digestion.

Nous nous sommes abstenu, en traçant brièvement quelquesunes des conditions que réclament pour eux les hôpitaux d'enfants, de parler des établissements charitables destinés à accueillir les enfants abandonnés. C'est qu'en effet, nous avons peu de choses à en dire, et qu'il serait facile de leur appliquer ce

i. A. Becquerel, loc. cit., p. 33.

HOPITAUX SPECIAUX lo3

que nous venons de noter à l'endroit des hôpitaux consacrés à l'enfance. Dans les uns, comme dans les autres, l'air, le soleil, l'exercice seront les grands moyens mis en usage soit pour restaurer la santé, soit pour faire l'éducation physiquedes enfants. Éviter avec soin toutes les causes de viciation de l'air pour les uns comme pour les autres, les éloigner de tout ce qui serait de nature à impressionner leur organisation délicate, les entourer en un mot de l'air le plus pur qu'il sera possible de trouver, voilà ce que réclament les enfants, et ceux qui veillent sur eux ne devront pas oublier que « la vie est une ; le berceau se lie à la tombe ; une santé caduque, une existence pénible, une mort hâtive dépendent souvent d'une santé mal dirigée d. »

Mortalité des hôpitaux de maternité'. — Elle trouve sa cause dans les épidémies de fièvre puerpérale. — Un mot sur la fièvre puerpérale ; ce qu'elle est. — Faits qui militent en faveur de la contagion. — Impuissance du traitement médical. — 1,'encombrement coïncide avec une plus grande mortalité. — Impossibilité de supprimer les maisons d'accouchements. — Nécessité d'un air pur pour ces hôpitaux. — Ce que doit être un hôpital de maternité. — Mesures hygiéniques. — Nécessité pour ces asiles d'être centraux.

« II se présente souvent, disait en 1862 l'honorable M. Davenne, devant l'Académie de médecine 2, certains phénomènes inexplicables dans les conditions médicales d'une grande ville. La périodicité des maladies qui frappent les femmes en couches est un de ces mystères restés jusqu'à présent impénétrables. Que n'a-t-on tenté pour conjurer ce fléau ! Mesures d'hygiène, soins incessants, précautions de toute nature, fermeture des maisons spéciales, dissémination des accouchées dans les hôpitaux généraux ; en un mot, tout ce que peut suggérer à une

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