‹ Des hôpitaux et des hospicesChapitre 51 sur 90 · Loc. cit · texte numérisé non relu

Loc. cit

moraliser les masses, et celui-là sera vraiment le philanthrope par excellence, qui pourra à la fois lutter contre les misères morales et les misères physiques. Disons mieux : c’est lorsque le corps souffre que l’homme est le mieux disposé à accueillif avec bienveillance les conseils de ceux qui lui veulent du bien... Profitons donc de la maladie de l’ouvrier, de ces jours surtout où assez bien pour quitter le lit de misère, pas assez pour reprendre ses travaux, il perd dans une funeste oisiveté les longues heures qui s’écoulent entre son lever et son coucher. Que chaque hôpital puisse mettre à la disposition de ses malades une bibliothèque choisie : ce sera offrir à la fois une distraction et un utile délassement. Nos malades y auront à leur disposition « des livres élémentaires sur l’industrie, le commerce, les arts, les sciences appliquées, des ouvrages simplifiant les notions morales et religieuses, et apprenant à chacun les devoirs de la vie sociale; des écrits déroulant les scènes les plus grandioses de notre histoire nationale ; d’autres révélant les mystères si saisissants, pour les imaginations, du monde des cieux et du monde de la terre 1 ; » en un mot tous les livres capables de commencer ou de continuer l’éducation populaire; l’éducation, « cette puissance immense qui, prise dans son sens le plus général, paraissait à Leibnitz réceler l’empire ou la transformation du monde “2. »

Mais nous voici bien loin de l’hygiène hospitalière, et sans nous en apercevoir, nous avons franchi la limite invisible qui sépare l’hygiène de l’économie sociale : après tout, ne nous appartient-il pas aussi de faire de la médecine morale, et les livres net sont-ils pas les remèdes de l’âme ?

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