Husson, Étude sur les hôpitaux, p
CHAUFFAGE ET VENTILATION
calorique à une grande distance, et le foyer revêtu de briques réfractaires s’oppose à la dispersion de la chaleur, avant son introduction dans les tuyaux qui doivent conduire le corps échauffant.
Les calorifères à vapeur se composent essentiellement de trois parties : un générateur de vapeur, muni de tous ses accessoires; des tuyaux conduisant la vapeur dans les pièces qu’elle doit chauffer; enfin des condensateurs placés dans ces pièces et munis de tuyaux conducteurs de la vapeur condensée, la chassant au dehors ou la ramenant à la chaudière. Une des grandes difficultés de construction de ces appareils réside dans la nécessité de calculer à l’avance les changements de dimension que la diminution et l’élévation alternative de la température amèneront dans les tuyaux métalliques, et à y porter exactement remède à l’aide de compensateurs.
Dans les calorifères à air chaud, on emploie tantôt l’air brûlé au foyer et chassé dans des tuyaux diversement disposés, tantôt l’air extérieur lui-même, élevé à la température voulue, en traversant les tuyaux métalliques préalablement chauffes.
Cet air chaud se répand dans les capacités qu’il s’agit de ! chauffer par des bouches de chaleur , simples orifices munis d’un couvercle, qu’on peut ouvrir plus ou moins, et dont on peut sans aucun inconvénient, ainsi que d’Arcet en a fait la remarque, augmenter beaucoup le diamètre. « On peut, dit-il *, sans brûler plus de combustible, augmenter considérablement la quantité d’air chaud que procurent les poêles et les calorifères ordinaires. On le peut même sans rien changer aux armatures actuellement placées dans ces appartements, et pour cela il ne faut qu’introduire l’air froid dans ces armatures par un canal à section bien plus grand qu’on n’est dans l’habitude de le faire, et qu’agrandir de même considérablement l’ouverture des tuyaux et des bouches de chaleur par lesquels l’air chaud passe de l’appareil dans la salle qu’il s’agit de chauffer. »
Aux deux systèmes précédents qui présentent le grave in- I. D’Arcet, Collection des mémoires, (de). Paris, 1843.
convénient, le premier d’être très-compliqué, le second de fournir presque constamment un air sec et dépouillé de la vapeur d’eau indispensable pour le rendre sain et respirable; nous préférons de beaucoup le calorifère à circulation d’eau chaude, de plus en plus répandu en France et en Angleterre, depuis le jour surtout où il fut perfectionné par les soins de MM. Léon Duvoir et Grouvelle. Un ardent apoloappareil, M. le Dr Boudin, en donne la description suivante giste de cet dans un intéressant article publié il y a quelques années '.
« L’appareil de chauffage se compose d’un fourneau de la forme d’une tour ronde, établi dans un souterrain creusé dans le sol. Ce fourneau a 3,n,50 de diamètre et 4 mètres de hauteur. Un seul foyer de 1 mètre de diamètre et de 0m80 de hauteur pratiqué dans l’intérieur du fourneau fournit toute la chaleur nécessaire à l’entretien d’une bonne température dans toutes les subdivisions d’un vaste édifice. Sur le foyer est placé un appareil hydropyrotechnique, composé d’une cloche de fer à doubles parois. Du sommet de cette cloche part un tuyau d’ascension présentant une aire de section égale à celle de tous les tubes de retour, et se dirigeant verticalement jusqu’à la partie la plus élevée de l’édifice où il débouche dans un réservoir fermé. La cloche, le tuyau d’ascension et le réservoir sont remplis d’eau; celle-ci, chauffée dans la cloche s’élève en raison de sa densité moindre jusqu’au réservoir supérieur, où il existe un espace libre, au-dessus du niveau de l’eau. Un manomètre indique la tension de la vapeur; une soupape lui donne passage si la tension devient trop considérable et prévient ainsi tout danger d’explosion. Sur le réservoir sont piqués autant de tubes qu’il y a de subdivisions distinctes à chauffer dans l’édifice. De simples bouches de chaleur, ou des renflements d’eau ayant la forme de poêles, de colonnes ou de meubles sont employés pour chauffer les pièces suivant leur capacité. Plus une pièce est vaste, plus on multiplie les bouches de chaleur ou les poêles distributeurs. L’eau, dépouillée
1. Étude sur le chauffage, la réfrigération et la ventilation des édifices publics. (Annales d’Iiygiène publique et de medecine légale. Paris, 1850.)
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de chaleur au profit des pièces parcourues, est versée dans un tube commun qui la ramène à la partie inférieure de la cloche pour la réchauffer et la faire circuler de nouveau. »
Si nous n’avions dans la simplicité de l’ appareil et dans l’absence de tout danger d’explosion des motifs plus que suffisants pour préconiser ce système, nous ajouterions, avec M. Tardieu, qu’il est d’autres avantages encore inhérents à cet appareil, et qui consistent principalement « dans l’égalité de la température résultant de la lenteur du refroidissement de l’eau, et dans la facilité avec laquelle cette température peut être modérée parla diminution de l’afllux d’eau chaude, dans telle ou telle partie du bâtiment l. » Nous ne doutons pas que le calorifère à eau chaude ne se généralise de plus en plus dans nos maisons hospitalières.
Mais là n’est que la moitié du problème, et lorsque les médecins des hôpitaux ont crié à l’insalubrité, ont demandé de l’air pur pour les malades, ont posé en principe, comme nous l’avons fait nous-mème en commençant, que sans aération, la médecine, la chirurgie, la thérapeutique étaient désarmées, l’administration a de nouveau appelé l’industrie à son aide, et lui a demandé de l’air; elle lui a demandé de « procurer aux êtres vivants d’une manière non interrompue une suffisante quantité d’air respirable, c’est-à-dire d’air assez riche en oxygène, assez pur, assez chargé de vapeur d'eau, et à une température assez modérée pour entretenir librement les fonctions vitales, expulser l’air vicié par les causes naturelles ou accidentelles, chasser enfin ou purifier les produits nuisibles des divers travaux industriels, et, pour tout dire en un mot, assainir les lieux occupés par les hommes sains ou malades, par les animaux domestiques ou captifs 2. » L”industrie mise en demeure de fournir à chaque malade une quantité donnée d’air pur, de faire pénétrer dans les salles trop souvent encombrées un cubage donné (nous avons vu plus haut le chiffre indispensable) ; a inventé la ventilation forcée, et au moyen d’appareils dispendieux, en est arrivée enfin à imiter à peu près le
1. Ambroise Tardieu, Dict. d’hygiène publique et de salubrité, 2e édition. Art. Calorifère.