‹ Des hôpitaux et des hospicesChapitre 54 sur 90 · Tardieu, Loc. cil., art. Ventilation · texte numérisé non relu

Tardieu, Loc. cil., art. Ventilation

nature dans son mode de renouvellement de l’air. Puis, comme l’économie est aussi une règle importante en administration hospitalière, on a cherché à combiner à la fois le chauffage et la ventilation, et lorsque d’ingénieuses machines ont eu poussé dans chaque salle d’hôpital les cinquante-deux mètres cubes d’air demandés, maintenu la température à seize degrés centigrades, l’administration satisfaite de son ouvrage, « vidit quod esset bonum, » s’est applaudie de cette heureuse création et a dit aux médecins : Etes-vous contents? — Dieu me pardonne ! le corps médical a répondu non, sans doute pour prouver une fois de plus qu’il était impossible de contenter tout le monde et son père.

Pour nous, qui avons la prétention d’être avant tout impartial, jetons un coup d’œil sur ces divers appareils, écoutons les opinions diverses émises dernièrement sur ce sujet, et concluons, s’il est possible, d’une manière rationnelle. La ventilation forcée a été divisée par M, Grouvelle l, en deux grandes classes. La première comprend quatre systèmes principaux que nous ne ferons qu’énumérer parce qu’ils reposent tous sur le chauffage à feu nu, que nous ne pouvons que difficilement admettre d’une manière générale dans un hôpital, pour les motifs précédemment indiqués : 1° appel par un combustible brûlé directement dans le bas de la cheminée ; 2° appel par un combustible brûlé directement à la partie supérieure, ou près de la partie supérieure de la cheminée; 3° appel par des appareils intermédiaires de transmission de chaleur recevant leur chauffage d’un foyer placé à distance ; 4° appel par la vapeur envoyée directement dans la cheminée.

Nous trouvons dans le second groupe : l°les machines aspirantes, 2° les diverses espèces de ventilateurs, 3° les moteurs mécaniques agissant par refoulement.

Afin de ne pas outrepasser les bornes de ce travail, où la question de ventilation est un détail entre mille, nous nous contenterons de résumer ici les trois systèmes principaux usités jusqu’à ce jour dans nos édifices publics, et que nous avons

1. Grouvelle, Dictionnaire des arts et manufactures. Paris, 1854. Art. Ventilation.

CHAUFFAGE ET VENTILATION

vu applique!' et fonctionner dans plusieurs des hôpitaux de la capitale. Dans le premier, la ventilation se fait par l’aspiration de l’air vicié des salles. C’est la ventilation par appel , système Duvoir-Leblanc, utilisé dans un pavillon de chirurgie consacré aux hommes, à l’hôpital Beaujon, et dans les pavillons de femmes de Lariboisière. Dans le second, l’air pur pris à l’extérieur est insufflé dans les salles. Ce système par insufflation ou propulsion de MM. Thomas et Laurens a été appliqué aux pavillons des hommes à Lariboisière. Dans le troisième enfin que l’on voit fonctionner dans le service de chirurgie (femmes), à Beaujon et à Necker, M. Van Hecke a cherché à • combiner à la fois les deux systèmes précédents, en aspirant l’air vicié, et en insufflant l’air neuf. Tous les trois reposent d’ailleurs sur cet important principe posé par d’Arcet : « Lorsqu’il s’agit de purifier une atmosphère viciée par des gaz ou des vapeurs, il convient de faire l’appel d’air par la partie supérieure de la pièce ; tandis qu’il faut au contraire diriger le courant par la partie inférieure quand il s’agit d’entraîner par le renouvellement de l’air des poussières plus ou moins lourdes l. »

Ventilation par appel. — Nous avons déjà indiqué le système de chauffage employé par M. Léon Duvoir; voyons maintenant son système de ventilation. Un vaste réservoir placé à la base d’une grande -cheminée occupe les combles de l’édif| fice, et mis en communication par des tuyaux métalliques avec toutes les pièces, échauffe l’air de la cheminée. Devenu plus leger, repoussé au dehors, cet air établit dans la cheminée un courant qui emporte l’air vicié des salles remplacé à son tour par de l’air neuf, qu’apportent des conduits percés dans les murs des bâtiments. En hiver, cet air est réchauffé, avant même son introduction dans les salles, par la circulation d’eau chaude; en été l’on supprime cette dernière partie du nircuit, et l’air frais produit la réfrigération des salles.

Excellent en principe, le système Duvoir-Leblanc pèche par la base : il est incomplet et irrégulier. Citons d’abord M. Grassi et ses curieuses expériences 2.

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