Grassi, Annales d’hygiène publique et de médecine légale
Pendant l’hiver, raconte ce savant, alors que le chauffage active la ventilation, l’air neuf introduit dans les salles par les orifices disposés à cet effet n’est que de trente-cinq mètres cubes par heure et par malade, quantité évidemment insuffisante, puisque les calculs, que nous avons cités plus haut, exigent au minimum cinquante-deux mètres; puisque M. Tardieu, de concert avec le général Morin, demande quatre-vingts mètres cubes par heure et par malade, cent vingt, pour les salles de chirurgie, à l’heure des pansements l. L’été, c’est pis encore, cette quantité se réduit à vingt-un mètres cubes. Ajoutons qu’un violent courant d’air s’établit entre les orifices disposés pour la sortie de l’air vicié et les fentes des portes et des fenêtres. Par suite une grande quantité d’air arrive soit des cours, soit des corridors : cet air ne peut dose être considéré comme neuf. De plus, dit encore cet observateur, irrégularité complète. A côté d’une salle dont les poêles donnent quaranteneuf mètres cubes d’air par heure et par malade, on en trouve qui n’en donnent plus que trente-un , puis vingt-un , puis pas du tout.
La même irrégularité se retrouve dans l’évacuation de l’air vicié ; à côté d’un tuyau d’évacuation, qui expulse en une heure deux cent quarante-huit mètres cubes d’air vicié, il en est qui, avec la même section n’en expulsent que soixante-treize mètres et même moins encore; observation pleine d’impartialité, comme le prouvent les expériences confirmatives de MM. E. Trélat2 et Péligot. Ces savants ont constaté eux aussi les faits suivants : à côté d’orifices qui expulsent de deux cent quatre-vingt-huit à deux cent trente-trois mètres ou cent soixantecinq d’air vicié, il y en a qui n’en écoulent que cinq ou six mètres, quelques-uns moins, soixante-quatorze centimètres, d’autres pas du tout. Cette irrégularité, qui rend actuellement impossible l’usage de cet appareil, tient-elle à l’obstruction momentanée des tuyaux? Évidemment; non, répondent les obser-