Piorry, loc. cii., p
H. Jaquemet.
la triste réalité et me contenter de faire des vœux et des efforts moi-même pour arriver un jour à des résultats meilleurs *. »
« Relativement à la thérapeutique, disait à son tour M. Cruveilhier 1 2, je peux dire que pendant les cinq épidémies, dont j’ai été le témoin, j’ai essayé de toutes les méthodes de traitement rationnel et empirique, et que toutes ont également échoué. »
Et voilà pourquoi, en présence de cette impuissance, dans l’impossibilité d’ailleurs de découvrir la cause essentielle de la fièvre puerpérale, les études se sont dirigées de préférence vers la prophylaxie : ne pouvant l’arrêter, on s’est forcé de la prévenir.
On a remarqué — c’est le second fait indiscutable — que la mortalité était d’autant plus grande que l’encombrement était plus considérable. Appuyons notre dire sur quelques faits.
M. Tarnier 3 rapporte que 3,222 accouchements, qui ont eu lieu dans le 12e arrondissement de Paris en 1856, n’ont donné que 14 décès, c’est-à-dire 1 pour 322, alors que cette même année la moyenne de la mortalité était de 1 sur 19 à la Maternité. A quoi attribuer ce résultat si disproportionné et si défavorable, sinon à l’entrée dans cet hôpital de 2,478 femmes! Opinion qui concorde avec celle de M. Cruveilhier, si péniblement impressionné de la mortalité observée par lui en 1831 à la Maternité, qu’il écrivait les lignes suivantes dans un discours que l’administration le supplia de supprimer : « J’établissais, dit-il 4, que la fièvre puerpérale épidémique de la Maternité était un véritable typhus, auquel je donnerai le nom de typhus puerpéral ; qu’elle constituait une maladie par infection, une maladie contagieuse miasmatique; qu’elle était la conséquence de l’accouchement et qu’elle ravagerait la Maternité, comme toutes les maisons d’accouchements, tout le temps
1. Depaul, De la fièvre puerpérale, communication à l’Académie impériale de médecine. Paris, 1838, p. 41.