‹ Des hôpitaux et des hospicesChapitre 80 sur 90 · Cruveilhier, loc. cit · texte numérisé non relu

Cruveilhier, loc. cit

MAISONS D’ACCOUCHEMENTS

que la population de ces maisons ne serait pas en harmonie avec la capacité des lieux, tout le temps que 3,000 femmes grosses seraient reçues, chaque année, à la Maternité de Paris, dans un espace qui ne permettrait d’en admettre que 1,500 et

tout au plus 2,000 La question de l’encombrement dans

les maisons d’accouchements est, pour les femmes) en couches, une question de vie ou de mort. »

Ajoutons enfin que la femme en couches (c’est Parent-Ducbatelet qui a démontré ce fait) possède une infection miasmatique bien supérieure à celle d’un malade ordinaire, qu’elle produit quatre à cinq fois plus de miasmes qu’un fiévreux même. Ce fait est si bien prouvé, qu’il a été sérieusement question de supprimer les maisons d’accouchements.

Nous demandions grâce, dans notre introduction, pour les hôpitaux en général, nous demandons grâce ici, et avec plus d’insistance encore, pour les hôpitaux d’accouchements. 11 nous semble démontré d’abord que la suppression de ces asiles ne ferait pas disparaître entièrement la fièvre puerpérale, puisque cette maladie sévit souvent dans les maisons particulières. Il est hors de doute, ainsique l’a démontré Cazeaux1, que l’insalubrité domiciliaire, l’alimentation insuffisante, les privations de toute nature sont les raisons d’être de la fièvre puerpérale. N’oublions pas que les femmes admises dans les maisons d’accouchements sont précisément celles qui manquent de tout, et, après le tableau que nous avons tracé, en commençant, du logement des pauvres, demandons - nous ce que feraient ces malheureuses si l’hôpital venait à leur manquer.

« Les divers services hospitaliers que l’administration de l’Assistance publique a consacrés aux femmes en couches, dit M. P. Dubois 2, reçoivent chaque année six mille femmes environ : ainsi, la suppression des maternités imposerait à l’administration charitable de Paris l’obligation de donner à ces six mille femmes dispersées dans la capitale tout ce qui cons-

Page 1