‹ Des Indemnités: À l'Occasion d'Industries et de CommercesChapitre 39 sur 55 · ROAD · texte numérisé non relu

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sités par son entretien que sous forme d’une banqueroute ou d'un amortissement. Le premier procédé ramènerait à l'expropriation pure et simple. Le second met aux prises avec les mémes difficultés financières. I faut donc se procurer des ressouces : on peut les demander soit au travail, soit à la fortune acquise. La solution de ces difficultés, c'est l'indemnisation complète et mise à la charge de la classe possédante (1). Si le socialisme se trouve dans la nécessité de borner son action à cer taines parties de la production qu'il juge plus urgent ou plus facile de confier à la société, il n’y a évidemment là qu'un commencemeni, que des tentatives, de simples réalisations partelles d'un programme autrement vaste. Rien de plus juste que de faire participer aux charges qu’entraîne la mise en œuvre de ce programme tous ceux qui sont menacés. C'est donc par des prélèvements opérés sur la classe possédante entière qu'il sera possible de rembourser intégralement la valeur des biens expropriés sans enrayer l'essor de la socialisation. £es méthodes sont nombreuses (2) : impôt progressif, attribution à la société des bénéfices que les particuliers réalisent comme producteurs, et surtout, réforme de l'héritage dans le sens d’une limitation de plus en plus étroite ; ce dernier procédé rencontre l’approbation de la plupart des socialistes.

Mais on peut se demander quel est en réalité le véritable caractère de l'indemnité accordée par les socialistes avec assez de facilité : l'opération s’analyse en fin de compte en une indemnisation personnelle de chaque capitaliste et en une confiscation progressive et générale de la classe capitaliste. Les capitalistes forment en quelque sorte une société d'assurances mutuelle : chacune s'assure contre le risque d’expropriation. Le fonds social

(1) Renard, Le socialisme à l'œuvre, p. 255, 277.

(2) Renard, Socialisme à l'œuvre, p. 271 et s, ; Vandervelde, Collectivisme et évolution industrielle, p. 215 et suivantes,

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est alimenié par les prélèvements que fait l'Etat sur les fortunes existantes de manière à pourvoir aux frais d'expropriation. Mais au bout d'un certain temps, les sommes ainsi distribuées font retour au Trésor public par la participation de l'Etat aux héritages : ces nouvelles ressources servent à effectuer une nouvelle série d'expropriations. Au bout d’une période plus ou moins longue, l'ittat se trouvera dans la situation du dernier survivant d'une société à forme de tontine : il aura le double avantage de bénéficier, et des propriétés, et des sommes versées à titre d’indemnités. L'indemnité n'est en somme accordée qu'en apparence : on se trouve semble-t-il, en présence d’une confiscation différée, d'une spoliation affectée d'une condition suspensive et qui devient efficace pour la génération nouvelle qui aura grandi dans le nouvel état de choses et que l’on prévient à l'avance de compter de moins en moins sur le capital. Les socialistes protesteront : l'indemnité versée, c’est votre chose, vous pouvez en disposer comme vous voulez, on ne vous oblige pas à conserver un capital que vous devriez rendre et dont les seuls revenus seraient affectés à la satisfaction de vos désirs. Sans doute : mais quelle perspective que d’être obligé de se ruiner en prodigalité ou de voir sa fortune absorbée un jour venant pas l'expropriant.

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Que se passera-t-il dans la seconde hypothèse : le prolétariat s'étant emparé du pouvoir politique est à même d’abolir en une fois la propriété privée des moyens de production. « C’est une grande question, disait M. Jaurès à la Chambre, c'est une queslion qui a été souvent débaitue entre socialistes, de savoir Si

l'expropriation générale du capital privé qui doit fonder la pro:

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