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cultés et, à l’heure actuelle, nous n'avons pas la bonne définition, et nous n’en aurons jamais, parce que ce mot ne comporte pas en lui une précision permettant de faire une taxation » (1). En définitive, faute excusable, faute inexcusable, ce sont, comme on l’a dit, des distinctions de professeurs (2).

Semblable distinction est surtout difficile à établir

quand il s’agit des ouvriers.

Pour pouvoir piocher, un mineur doit établir un échafaudage et ce travail ne lui est pas payé spécialement. Si, pour aller plus vite en besogne, c’est-àdire pour gagner davantage, il n’établit qu’une charpente incomplète et que, de ce fait, il se produise un éboulement qui entraîne sa mort, la rente due à ses représentants sera-t-elle diminuée ?

« Les imprudences et les négligences, dit M. Raoul Jay, sont pour ainsi dire fatales dans l’état actuel de l’industrie. La concurrence intérieure et internationale oblige l'entrepreneur à fabriquer le plus vite et au meilleur marché possible, et, pour cela, à tirer de ses auxiliaires, comme de ses machines elles-

(1) Revue des accidents du travail et des questions de droit industriel, 1902, n° 10.

(2) « Faute lourde, faute légère, dit M. Beckmann, directeur général de la législation au ministère de la justice belge, ce sont des classifications de professeurs, peut-être inventées pour permettre à l'esprit de se reconnaître parmi la complexité des phénomènes qui déterminent les dommages, ce ne sont pas des termes répondant à une réalité définissable, sur laquelle tout le monde est d'accord. »

mêmes, tout le service qu’ils peuvent donner. L’ouvrier ainsi pressé est incapable trop souvent de donner une complète attention aux dangers qui le menacent, de prendre des précautions qui le relarderaient. Son attention fût-elle, au début du travail,

suffisamment éveillée, qu’elle s'émoussera nécessairement avec la prolongation de ce travail, l’échauffement, la fatigue qui en sont les suites. Cet effet redoutable de la prolongation du travail peut être aujourd'hui considéré comme mathématiquement démontré.

« On a voulu savoir, en Allemagne, à quelles heures de la journée les accidents se produisaient en plus grand nombre, et la statistique prouve que de 6 heures à 7 heures du matin il se produit en moyenne 435 accidents, alors que la moyenne s'élève à 1884 de 8 heures à 10 heures et atteint le chiffre effrayant de 35188 entre 10 heures et midi (1). »

(1) Raoul Jay, Efudes sur la question ouvrière en Suisse, p. 181.

Voir dans le même sens : Félix Faure, Journal officiel, 1882, annexe 399; la Justice, 17 juin 1895; le Messager de Paris, 15 juin 1895; la Paix, 17 juin 1895.

« L’imprudence, elle est forcée, elle est inévitable, elle résulte du travail lui-même; l’ouvrier, une fois qu’il est au travail, est exposé au péril à tout instant : il n'y songe pas, il n'y peut pas songer; s'il y songeait, il ne l’affronterait pas. Oh! sans doute, on prend toutes les précautions, je le sais, je le crois, je ne veux pas élever de débat là-dessus, bien qu'assurément il arrive quelquefois, trop souvent, qu’il y a des négligences, des réparations oubliées, des précautions insuffisantes, une surveillance qui ne répond pas au désir, à la

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