‹ Des Indes à la planète MarsChapitre 50 sur 103 · Construction et Syntaxe · texte numérisé non relu

Construction et Syntaxe

L’ordre des mots est absolument le même en martien qu’en français. Cette identité de construction des phrases se poursuit jusque dans les détails les plus infimes, tels que la division ou l’amputation de la négation ne pas (v. p. ex. textes 1 5 et 1 7), voire même l’introduction d’une lettre inutile en martien pour correspondre à un / euphonique français (v. texte 15, kévi bérimir m hed, quand reviendra-t-il).

Si l’on admettait par hypothèse que la suite des mots, telle qu’elle nous est donnée dans ces textes, n’est pas l’ordonnance naturelle de la langue martienne, mais un arrangement artificiel comme celui des traductions juxtalinéaires à l’usage des écoliers, la possibilité même de cette correspondance absolument mot pour mot n’en resterait pas moins un fait extraordinaire et sans exemple dans les langues d’ici-bas; car, il n’en est pas une, que je sache, où chaque terme de la phrase française se trouve toujours

(*) M. Bréal, Essai de Sémantique, Paris 1897, p. 55.

rendu par un terme, ni plus ni moins, de la phrase étrangère. L’hypothèse ci-dessus est d’ailleurs inadmissible, car les textes martiens dont Esenale donne la traduction littérale n’ont pas été au préalable arrangés par lui dans ce but ; ce sont les paroles mêmes que MIle Smith a entendues et notées dans ses visions, souvent bien des semaines et des mois avant qu’Esenale les répétât pour les traduire, et qui constituaient la conversation telle quelle, prise sur le vif, des personnages martiens. Il en faut conclure que ceux-ci, dans leur élocution, suivent pas à pas et mot à mot l’ordre de notre langue, ce qui revient à peu près à dire qu’ils parlent un français dont on aurait simplement changé les sons.

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