COMPLICATIONS DE L’ULCÈRE DU DUODÉNUM
D'une façon générale, elles ont les mêmes indications opératoires que l'ulcère lui-même. |
19 PERFORATION. — Il nous semble rarement possible que l'exclusion soit applicable aux perforations aiguës.
Les perforations chroniques suivies d’abcès périduodé- “naux paraissent pouvoir fournir des indications d'exclusion Variables avec les cas. .
Dans les fistules duodénales externes, la suture étant ‘très souvent impossible à faire, l'exclusion pylorique ou duodé-
(1) Lericne et Bressor. Loc. cit.
(2) Jonnesco. XXIITe Congrès fr, chir., p. 575, (3) VauTrin. Loc. cit.
(4) DELAGÉNIÈRE. Loc. cit.
, { nale répondrait parfaitement aux indications. Elle a d’ailleurs été faite par Berg (1) et préconisée par Cackovic (2).
29 HÉMORRAGIES. — Dans les cas d'hémorragie abondante, l’hémostase directe n’est pas le procédé de choix.
On a proposé la gastro-entérostomie avec enfouissement de l’ulcère, mais cet enfouissement ne doit produire qu’une hémostase un peu théorique, et nous préférerions à cette intervention, l'exclusion du pylore.
Elle a donné à M. le professeur Quénu (3) un beau cas de guérison.
30 STÉNOSES. — Les sténoses duodénales cicatricielles se trouveront en général parfaitement bien de la gastroentérostomie. ÿ
Lorsque l’ulcère est en évolution, nous préférerions l’exclusion pylorique ou duodénale.
B. — Pancréatite chronique.
Nous voudrions ajouter quelques mots à propos des indications de l’exclusion dans la pancréatite chronique.
Les lésions d’inflammation chronique des muqueuses gastrique et duodénale s’accompagnent souvent d’ulcérations ou de véritables ulcères chroniques; d’autre part, elles sont parmi les facteurs les plus importants de l'infection ascendante des voies biliaires et des canaux pancréatiques.
Toutes ces lésions s’enchaînent et réagissent les unes sur les autres : ainsi, les lésions ulcéreuses -déterminent autour d’elles un processus de réaction inflammatoire, qui s'étend au péritoine et aux organes voisins; le plus fréquemment, nous l’avons vu au pancréas.
À ce point de vue, l’observation n° I de la thèse de Royer(1)
(1) Berc. Zentralblott f. Chir., 23 mai 1903, n° 21, p. 556.
(2) Cacxovic. Zentralblatt j. Ch., 20 juin 1903, n° 25, p. 649,
(3) Quénu. Bull. Soc. Chir., 1910, p, 1120. | (1) Royer. Loc, ci,
‘ (communiquée par le Dr Delagénière) est des plus intéressantes. Cette femme ayant été opérée successivement pour un ulcère du pylore adhérent au pancréas (gastro-entérostomie), pour lithiase biliaire s’accompagnant de pancréatite, pour appendicite, ét.enfin on lui fait une exclusion du pylore à la suite de laquelle disparaissent ses accidents.
Toutes ces lésions semblent bien avoir marqué les étapes successives de l'invasion des microbes du milieu intestinal.
La gastrite, la duodénite chroniques et l’ulcère, la pancréatite, la cholédocite présentent pour nous bien souvent d’étroites relations et lors d'interventions pour l’une de ces manifestations, nous croyons que l’on pourrait se rappeler
avec profit que l'exclusion du pylore est susceptible d’une . action bienfaisante sur la gastrite eb la duodénite, en un mot
sur le microbisme gastro-duodénal. Le Dr Delagénière (1), après avoir exposé le traitement des phénomènes de sténose
dus à la pancréatite chronique par la gastro-entérostomie,
ajoute que pour obtenir le passage de tous les aliments par
la bouche et de plus « pour assurer la désinfection du duo-
dénum, 1] nous paraîtrait utile de. pratiquer enfin l’exclusion du pylore par une simple plicature d’enfouissement de
l’estomac ». À l’heure actuelle, nous croyons qu'il préférerait |
l’exclusion par section.
(1) DELAGÉNIÈRE. Arch. prov. chir., loc. ci.