RÉSULTATS
Voyons, maintenant, quels ont été les résultats de toutes nos applications de forceps au point de vue de la morbidité et de la mortalité des mères, de la morbidité et dela mortalité des enfants.
Envisageons tout d’abord les lésions des parties molles ; nous trouvons les chiffres suivants : déchirures incomplètes du périnée ou de vagin : 452, déchi. rures complètes du périnée : 20; dans ce chiffre, 452, entrent 29 déchirures du vagin, simples ou avec déchirure du périnée, 12 déchirures des lèvres vulvaires et 2 lésions de la région clitoridienne. Si l’on fait le pourcentage des lésions des parties molles produites, par le forceps, on trouve dans 59,52 0/0 des déchirures à tous degrés. Mais dans les cas de déchirures du périnée, il s’agit presque toujours, de lésions peu graves, simples éraillures de la fourchette ou déchirures incomplètes, faciles à guérir par l’application d’une ou deux serre-fines ou d’un ou deux points de suture à la soie ou au catgut. Dans 20 cas seulement, la déchirure a atteint le sphincter.
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Le chiffre assez considérable des déchirures du périnée, dans notre statistique, s'explique par le grand nombre de primipares opérées (585), relativement au nombre des multipares (206).
Quatre fois, on a observé des thrombus à la suite de décollements produits par la traction sur la tête entraînant avec elle la paroi vaginale ; thrombus qui, en dehors de leur gravité immédiate, ont encore un pronostic éloigné ; car, ils sont une cause de désinsertion de la paroi utéro-vaginale et un des principaux facteurs de l’abaissement de la paroi vaginale antérieure.
Nous relevons encore 12 déchirures du col utérin, plus ou moins profondes, mais n'ayant jamais produit de graves hémorragies, par atteinte des vaisseaux du parametrium ; elles n’en sont pas moins assez graves, car elles sont une cause fréquente d’éversion du col et de douleurs pelviennes désespérantes par leurtenacité ; elles peuventencoreamorcer une rupture utérine dans un accouchement ultérieur.
Vingt-deux fois, l'utérus, resté inerte après l’application du forceps, a été le siège d’hémorragie.
Comment se sont comportées les suites de couches chez nos opérées ? Dans 106 cas, c’est-à-dire dans une proportion de 13,36 o/o, elles ont été fébriles ; nous avons compté, dans ce nombre, les plus petites élévations de température, sauf celles qui étaient dûes à la lymphangite du sein où à une maladie médicale surajoutée; trois fois, on a observé une phlébite.
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Dans 14 cas, les femmes sont mortes ; mais, n’attribuons pas toutes ces morts au forceps ; en effet, 3 femmes sont mortes d’hémorragie à la suite de décollementprématuré du placenta, 2 sont mortesd’éclampsie, 1 d’asystolie et 1 d'œdème aigü du poumon survenu après le travail chez une éclamptique. Il en est, donc, mort 7 d'infection, 7 morts que l’on pourrait attribuer au forceps, mais qui sont survenues chez des femmes, en travail depuis longtemps, aux membranes rompues préinaturément et dont plusieurs avaient été touchées par plusieurs médecins ou sages-femmes avant d'entrer à la clinique: ainsi l’une avait une température de 3802 et 116 pulsations avant l'intervention ; les membranés étaient rompues depuis trois jours, le travail durait depuis soixantedix-huit heures ; une autre, secondipare, était en travail depuis plus de quarante-huit heures, avec membranes rompues depuis cinquante cinq heures, à périnée infiltré et œdématié, et l’enfant était un hydrocéphale mort avant l'intervention.
Quelies ont été les résultats chez les enfants?
Soixante-seize enfants sont morts, soit une proportion de 9,56, o/o mais sur cette mortalité, une partie seulement est attribuable au forceps. En effet, dans 10 cas, le fœtus était mort avant l'application du forceps, on n’entendait pas les bruits du. cœur ou lon avait pris un bruit de souffle utérin pour des souffles fœtaux et on faisait un forceps pour conserver à l’enfant une ultime chance de vie; 9 enfants étaient nés de mères ayant eu une forte hémorragie
utérine dûe soit à un. placenta prœvia, soit à un décollement. prématuré du placenta; dans 4 cas, la mère était éclamptique, dans r, elle était en état d’asystolie et est, du reste, morte elle-même. Enfin, deux fois le fœtus fut sacrifié, dans un cas, c'était un hydrocéphale et dans l’autre, le fœtus présentait une ascite volumineux qui dût être ponctionnée pour permettre l’accouchement.
Quelle à été la morbidité chez ces enfants ? Dans 99 cas, les enfants sont nés étonnés ou en état dé mort apparente, mais ont été ranimés, soit une proportion de 12,48 o[0. |
On a observé 15 cas de paralysie faciale, mais toujours cette paralysie a été légère et transitoire ; 1 cas de paralysie radiculaire du plexus brachial; 1 fracture de la clavicule et 7 céphalématomes, 1 hématome sterno-mastoïdien, 3 fois une dépression dans les os du crâne. Enfin, une fois, une plaie faite à la joue par une cuiller du forceps, s’est infectée et a causé un érysipèle.
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