ET MEMBRANES HUMAINES FRAICHES
Enfin, une poche intacte, arrachée à un kyate multiaréolaire de ToYaire enlevé le matm môme par notre excellent ami M. le docteur Péan (28 octobre 1872), fut recueillie avec soiu : ayaot reconnu que le liquide coatenu dans la tumeur, et dont je retirai uoe cer tatoe quantité, ne renfermait aucuu corps bactériforme, je plongeai la pièce analomîque dans un mélange d'urine et de sang de bœuf putréfiés (1).
La tumeur, après six heures de séjour dans ce mélange, en avait absorbée par endosmose 5 grammes 25 centigrammes.
Ce ne fut que trente-six heures après le début de cette expérience, plus de quarante-huit heures après l'ablation de la tumeur* que je commençai à apercevoir dans le liquide intérieur quelques &ac/ertum punctum.
Ces organismes provenaient évidemment du dehors et indiquaient le début de la fermentation putride, car mes observations* poursuivies d'heure en heure, ne m'en avaient pas fait découvrir jusqu'alors, et le liquide, que je conserve depuis près d'un an, à fabri de l'air, n'en {caferme aucune trace. %
(1) Pensant être ntile aux observateur! en leur faisant voir le genre de tabe ^pM jHn fait imbriquer, pODT recueillir et étudier les liquides à Tabri di& contact de Tair, j'ai donné, à la fin de ce travail, le dessin de ces tubes j dans lesquels je conserve encore les liquides objets de mes expériences.
La membrane toute physiologique da kyste ne s^estdonc pas laissée traverser par les bactéries.
De ces expériences noas avons cru pouvoir conclure que :
1* Les membranes naturelles, à l'état physiologique, ne se laissent pas traverser par les bactéries ;
2o Les membranes naturelles, à Tétat pathologique, peuvent se laisser traverser par les bactéries;
3* La bactérie traverse les membranes organiques desséchées et préparées (baudruche) ;
40 La bactérie ne produit dans les êtres vivants que la septicémie;
50 La bactérie ne se développe, que si la maladie ou les phénomènes cataly tiques ont modifié les matières fermentescibles;
6<> C'est la bactérie qui est toxique, et non le véhicule dans lequel elle s'est développée.
70 La fermentation putride ou septicémique ne se produit que si les bactéries sont en contact immédiat avec les matières fermentescibles;
8** L'influence des ferments de la putréfaction ne se transmet pas à travers les membranes ;
9« Les vibrions ne sont pas toxiques;
10« Les vibrions et les bactéries périssent dans les liquides sains ; les vibrions périssent dans les matières qui n'ont pas été fermentées par la bactérie (1).
Si la bactérie et le vibrion sont exclusivement les ferments de la putréfaction, s'ils ne peuvent vivre que dans des milieux déjà mo^ diflés, soit par la maladie, soit par des actions cataly tiques post
(1) J. yog«l Pa d^à démontré {TtniU d^cmmUmiê palàolofi9«# giménUê), tn^ duotion do Jourdan, 1847).
LE CHOLÉRA.. 5t
mariem, si enfin la présence de la bactérie caractérise à elle seule la septicémie ou fermentation putride, comment attribuerioas-nous le choléra à la présence des microzoaires? quand, en fait, on ne rencontre ni bactéries ni vibrions dans le sang des cholériques, et que nos expériences établissent la non-pénétration des membranes par les ferments, et ^impuissance même de ces ferments à influencer les liquides extérieurs aux membranes (1).
D'ailleurs, le choléra n'est pas la septicémie, aucun des symptômes qui [caractérisent cette maladie n'indique une réaction chimique quelconque dans les milieux organiques; il ne se produit, en effet, ni absorption, ni élimination physiologiques, car les évacuations abondantes qui caractérisent la maladie ne sont réellement qu'un filtrage des liquides du corps à travers les membranes par voie d'endosmose.
À la vérité, on rencontre des microzoaires dans le tube digestif des cholériques, mais ils appartiennent aux aliments ingérés et aux matières digérées.
Leur présence n'a donc rien d'anormal et ne peut être interprétée comme cause du choléra: ils produisent sans aucun doute certains désordres inhérents à leur nature, mais qui ne rappellent en rien la maladie qui fait le sujet de notre travail.
Il doit cependant demeurer bien entendu que, en parlant de l'absence de la bactérie dans le sang des cholériques, il ne peut être question que des individus mourants ou malades, étant dans la période algide.
Car si le cholérique entre dans la période de réaction^ si son état se complique d'un de ces phénomènes morbides connus sous le nom de forme typhoïde, scorbutique, etc.; en un mot si le choléra a pour suite une de ces affections qui ne sont, par le fait, que l'expression
(S) If . Dumas, « Compte rendu de TAcadémie des sciences, » S août 1S72, et les expériences oi-dessus.
Danet. 5
Champignon des BRUMES de MARAIS .
Frégate la Zénol>ie . Campagne 1867 , Cotes ào. Gabon
Jmiral Comm 'FUunot éULangU..
J)f Colson médecin en chef.
D- Colson, ad nat del
A Parasites du vin et de la bièie tournés .
B . .de VameTlumc des liquides fermentes
JBrindesi -ad Puteur atnat
Jo^ Lemercier JL (T Parit
DES BTSRMENTATIONS 8EOONIDAIKE8
Il est encore d'autres ferments que les agents originels des fermentations alcoolique et putride dont je dois vous entretenir, non-seulement parce qu'on en trouve des spécimens dans les matières des cholériques, non-seulement à cause du rôle que des auteurs célèbres leur attribuent, mais encore à cause du doute qui semble plauer sur leur nature et leurs fonctions.
M. Pasteur nous apprend, dans son admirable travail sur les ma* ladies des vins et des boissons alcooliques, que pendant révolution des phénomènes généraux de fermentation et dont l'action réside essentiellement dans des phénomènes d'oxydation, il peut se faire, que des végétations parasitaires se développent simultanément avec les ferments proprement dits.
Trouvant des milieux convenant à leur développement, les parasites altèrent ces milieux, soit directement, soit par soustraction des substances nécessaires à leur nourriture propre, soit enfin par la formation de nouveaux produits dus au fait même de leur multiplication.
C'est à ces ferments parasites que le savant professeur auquel j'emprunte ces détails attribue les maladies désignées sous les noms de maladie du tourné, de la graisse et de Vamertume,
Bn effet, quand une boisson fermentée (vin, bière, cidre, etc.)f est atteinte de la maladie du tourné^ elle a subi une fermentation anormale qui peut marcher concurremment avec la fermentation
anormale, et qui est carctérisée par la présence dans le liquide d'un* cryptogame spécial qui rappelle par ses formes le ferment lactique.
Ce sont des. fils (F. la planche) de 0">n,00i de diamètre* composés d^articlcs mal définis dans le premier âge, mais plus distincts dans Vk^e avancé.
La maladie de la graisse des boissons fermentées est produite par un ferment filamenteux de grains en chapelet.
La maladie de ToiieHiime se caractérise par la présence dans les boissons fermentées, de cryptogames se présentant sous la forme de branchages tout contournés, tout rameux, tout noueux, de diamètre plus ou moins large, plus ou moius articulés : les segmentatio us des articles sont généralement bien formées, et les fils, tout eu rappelant ceux do la maladie du «wnu, sont ordinairemeut d'un diamètre supérieur.
Les conditions ie trie de ces dioers arffpio§ames, sont comflMemenJt difirtnies de cdles des (^amj^ignons oHfinds de la fermeaialUm alcooUfee ; Toxygèue n*est pas nécessaire à leur développement, ils sont aneriobies et le résultat de leur présence est un dégagemeat d'acide ear6oiit^ic«.
Ces parasites sont, en effet, la cause des maladies des boissons fermentées, car slls disparaissent d^eox^mémes ou si la science arrive à les détruire, les milieux que leur présence avait modifiés, peuvent revenir à leur état primitif.
Ce Mt de retour à Vétat antérieur on à pea près, ne se reooontre pas avec les ferments originels des fermenutions; une fois modifiées parées ferments, les matières fermentées demeurent œ qu'elles soni devenues^ sauf à subir Finfiuenoe d'un nouveau ferment.
Le vin devenu vinaigre ne redeviendra jamais du vin, tandis que tous les jours, on voit des vins malades (les vins blancs principalelement) rMMiqvénr leur quiditf première.
C'est cette difféieDce entre Tactiou des ferments proprements dits, ou ferments originels» et Faction des cryptogames parasites, que je tenais à établir d'une façon précise; il est vrai qu'on pouvait la prévoir, car ces parasites sont des algues et les premiers des champignons.
Cette démonstration m'était nécessaire pour conclure à l'innocuité absolue des micrococcus et des mycodermas rencontrés chez les cholériques et à séparer complètement leur action de celle des autres parasites dont j*ai à vous entretenir, et de Poïdium dont je vous ai donné la description.
Le nombre des auteurs qui ont décrit les parasites rencontrés dans l'homme ou l'animal malade est fort [grande et je n*di pas la prétention de vous les citer tous, mais je dois cependant résumer les principaux travaux qui ont été publiés à ce sujet, car bien des divergences existent encore entre les observateurs, et mes recherches personnelles aideront, je Tespère, à en détruire quelques-unes.
Le docteur de Ranse résume comme il suit les connaissances actuelles sur la genèse des maladies zygmotiques (infectieuses ou virulentes) (i).
Hailier déclare avoir constaté dans le pus varioiique la présence constante d'un micrococcus qu'il a cru d'abord appartenir à VEuroiium^herbarum, mais qu'il a reconnu ensuite être un état allotropique de la torula refusons , champignon qui croît d'habitude sur des fumiers. MM. Zurn et Hailier ont trouvé ensuite ce même champignon dans la lymphe vaccinale.
Dans la clavelée, ces auteurs rencontrent \apicospoda herbarum, champignon du bois de la vigne.
Dans la morve et la syphilis, ces mômes observateurs trouvent le coniothedum typhiliticum.
(1) Docteur de Banse. Dei microzoairet et det microphytti dans Us maladies (Paris 1870).
H. Thomsops attribue la rougeole des enfants et la péripneumonie des bêtes bovines au mucor-mucedo. *
Mais M. Salisbury croit que la rougeole est le résultat de l'ingestion d'un autre mycrophyte, Valga morbilli qui se développe sur les céréales et les blés.
Pour ce même observateur, h syphilis est due à une autre algue, la crypta syphilitica et la blennorhagie à la crypta gonorrhœa.
Nous avons déjà eu occasion, ajoute M. de Ranse, de dire qu'on a trouvé des bactéries ou des organismes plus ou moins semblables et d'un développement plus ou moins avancé» dans le sang et les produits pathologiques de tous les individus atteints d'affections miasmatiques ou virulentes (variole, clavelée^ scarlatine, rougeole, coqueluche, morve, charbon, etc., etc.).
Suivant M. Salisbury, tous ces corpusculei^ ces tporesy ces mtcrococcus^ ces bactéries, ne sont que des microphytes à telle ou telle période de leur évolution et leur présence dans les humeurs ou dans les organes des êtres vivants est la cause des affections dont ces êtres sont atteints.....
M. Davaine déclare que la bactéridie est l'élément virulent du charbon. MM. Tigré, Signol» Raimbcrt, Luton, etc., sont de cet avis; MM. Leplat, Jaillard et Sanson sont d'un avis contraire.
Examinons avec M. de Ranse les arguments invoqués daus les deux camps.
Il est bon de dire, tout d'abord, que les expérimentateurs n'ont pas toujours fait leurs recherches dans les mêmes conditions. Ainsi les uns ont pris le sang charbonneux destiné aux inoculations sur un animal encore vivant, les autres sur des animaux déjà morts et plus ou moins atteints, par la décomposition putride.
MM. Leplat et Jaillard injectent chez leurs animaux des liquides riches en bactéries, ceux qui meurent, sont tués par la $epticémie*
LE CHOLÉRA. Gl
Mais, fait observer M. Davaine, on ne peut conclure de ces hacU' ries aux hacléridies du virus charbonneux. La commission de TAuvergne dont M. Sanson est Tinterprète à l'Académie des sciences, conclut avec MM. Leplat et Jaillard, et déclare : « que le sang des lapins morts à la suite de l'inoculation du charbon, contient toujours des bactéries^ quand bien môme le liquide inoculé n'en contenait pas «••••■
M. Davaine refuse encore de reconnaître dans les bactéries dont il vient d'être question, les baciéridies qu'il a décrites. Les premières se rencontrent dans tout liquide putride; les secondes seulement et exclusivement dans les matières charbonneuses.
Les bactéries sont mobiles, l'immobilité est, au contraire, le caractère spécifique des bactéridies.
Il existerait donc entre les deux variétés d'infusoires une profonde ligne de démarcation?
M. Sanson n'est pas de cet avis et croit que l'état de mobilité ou d'immobilité des bactéries ou baotéridies dépend surtout de la densité du liquide où ou les observe.
MM. Goze et Feltz rencontrent des bactéries dans le sang des typhoïques, des varioleux, des scarlatineux, etc., et cela, en nombre plus ou moins grand selon l'intensité plus ou moins grande de la maladie.
Enfin MM. Chauveau, Ester, Béchamp, Le Ricquede Houchy, Liouville et Lemaire, professent « que les maladies infectieuses sont dues à des miasmes figurés. »
BAOTÉRXE ET BAOTÊKrDZE
Sans entrer bien avant dans la discussion des assertions que je viens de citer, je dois dire que, à mon avis, la principale cause des dissentiments qui séparent ces auteurs, tient aux dénominations de bactérie et de bactéridie employées indifféremment par la plupart des auteurs pour désigner des choses évidemment bien distinctes les unes des autres.
M. Davaine a formellement déclaré que la bactéridie n^est pas douée de mouvement, tandis que la bactérie en a de caractéristiques.
Je suis absolument de son avis, et voici les détails assez circonstanciés qu'une étude toute spéciale m'a permis de saisir. (V. à l'article Culture.)
La bactérie (bacterium termo) est composée ou semble composée de deux granulations et jamais plus.
La bactéridie se compose de grains en chapelets, et présente, 3, 4, 5, 6 et 7 étranglements.
La bactéridie meurt à 50 ou 52 degrés au-dessus de zéro. La bactérie vit à 80 degrés au dessus de zéro, et plus.
La bactéridie meurt ou tout au moins ne se développe pas à 2 et même 3 degrés peut*ètre au dessus de zéro (1). La bactérie vit et se meurt encore à 20 degrés au-dessous de zéro.
(1) Qa'oo me permette de rappeler les beaux succès du professeur Bélués, obtenus par l'emploi de la glace, soit comme moyen préventif, soit comme moyen coratif dans la fièvre puerpérale.
Les essaims ou polypiers de bactéries (V. la planche) se présentent dans un ordre d'alignement régulier, ,tel que celui des œufs déposés par certains Insectes lors de la ponte, sur les corps, ou à portée des corps, devant servir d'aliments à la génération future.
Les agglomérations de hactéridiesy n'offrent rien de semblable, ces proto-organismes sont entre-croisés, comme certains cristaux, de Tacide hippurique, par exemple, et sont comme jetés au hasard dans les milieux où on les rencontre.
L'aspect de ces proto-organismes, est celui d'une plante qui se reproduit par sicciparité quand elle est submergée; les divisions qui séparent les grains dont elle se compose, tout en étant peu prononcées dans le premier âge, se distinguent facilement et plus tard se dessinent nettement, donnant à la bactéridie Paspect de chapelets formés par la réunion de grains au nombre de 3, 4, 5, 6 et 7 de 0»«»,00i de diamètre. Eu dernier lieu les grains se détachent les uns des autres et on les rencontre souvent se débarrassant de leur enveloppe mère : la culture fait facilement végéter leurs sporules.
Eniin on trouve ce cryptogame dans les liquides acideg et même légèrement alcooliques, et l'on sait que la bactérie meurt dans ces mêmes milieux.
La bactéridie est un cryptogame qui offre les plus grandes analogies avec les algues désignées comme les générateurs des maladies des boissons fermentées (celle de la graisse des vins); et le résultat de leur présence dans le sang est une augmentation anormale d'acide carbonique (i) tout aussi bien que les parasites de M. Pasteur dans les boissons alcooliques.
La j&ac«^rîe,8*empare de Toxygène et les vibrions de Tacide carbonique.
(1) Coze et Feltz. — Recherchée «ttr la maladiêê t«fec(ietiMf , — Étude du semg, J.-B.BaiUière, 1872.
LE CHOLÉR/L. 65
Ces cryptogames sont des a/(jftt«« qui péuétraat dans les tissus, s'y développent, et y produisent des naaladies. Tout en étant deTavisde Salisbury sur la genèse des maladies infectieuses, je ne saurais partager son opinion sur l'unité de souche des algues qu'il a découvertes : je suis au contraire convaincu que M. Ghauveau est dans la vérité pour le ferment figuré de le variole, que chaque maladie a son cryptogame et que cette algue est autonome. Quaut à Rallier qui prend toutes les sporules rondes pour des micrococcus^ je ne puis voir en lui un observateur sérieux ; je crois enfin que MM. Goze et Feltz confondent bactéries et bactéridies^ car les dessins de leur très-remarquable ouvrage sur les maladies infectieuses, représentent le plus souvent, à mou avis, des bactéridies quand les auteurs parlent de bactéries.
Ces observateurs déclarent avoir trouvé la bactérie àdiXi^ le sang des morts et dans celui des malades. Si ces derniers avaient dû mourir, je n'aurais aucune objection à faire, mais plusieurs d'entre eux ont survécu à leur maladie : or si la bactéridie peut se rencontrer chez les vivants et les morts, j'afiirme que le bactérium[qnlest le ferment originel de la putréfaction, ne peut se rencontrer que dans la mort ou chez un être qui va cesser de vivre et qui est déjà la proie de la septicémie ou putréfaction anticipée^
Je vous ai démontré que la bactérie ne pouvait] vivre et se développer, qu'à la condition absolue^ que les molécules constitutives, aient réagi les unes sur les autres, et qu'il se soit produit une sorte de catalyse qui permit au ferment de produire le dédoublement des éléments dont il se nourrit; or ces modifications sont incompatibles avec la vie.
Vous avez vu au contraire, les ferments parasites ou secondaires se développer et vivre dans les milieux en fermentation primitive et pouvant y demeurer un certain temps, sans modifier profondément ces mêmes milieux ; ce n^est qu'à la longue qu'ils manifestent leur présence.
Le parasite né la plupart du temps dans des conditions qui ne lui sont pas toujours favorables, ne se développe que petit à petit, selon
66 LE CHOLÉBA.
qn'il troave des conditions de Tie convenables ; puis ce n'est que peu à peu qu'il finit par déceler sa présence et enfin la maladie se fait jour, et on peut la caractériser.
N'est-ce pas là Timage fidèle de l'incubation plus ou moins longue des maladies zygmotiques (variole, scarlatine, rougeole, etc.)-
Les maladies dues à des ferments secondaires, ne se déclarent jamais d'emblée.
Le poison pénètre dans un individu, s^y développe peu à peu, selon les conditions de vitalité qu'il y rencontre : sa présence provoque quelques troubles qui sont les prodromes, puis la maladie éclate avec ses caractères, avec une intensité indépendante de la nature du poison, mais dépendante des conditions individuelles de l'être qui a été atteint (1).
Telle n'est pa« la marche du choléra, de la fièvre jaune ni des fièvres pernicieuses des pays intertropicaux : l'attaque des maladies de ce genre, se caractérise par l'explosion subite des accidents qui tout au moins ne sont précédés que de prodromes de quelques heures de durée.
Je regarde ces maladies, comme le résultat de l'ingestionTde cryptogames microscopiques à propriétés violemment toxiques, telles qu'en possèdent certaines variétés de champignons et entre autres quelques espèces de la tribu des oldiés.
Car au Gabon, par exemple, pour ne citer qu'un des pays intertropicaux où les marais, les vases couvertes de palétuviers qui bordent toutes les rivières, le mélange de l'eau douce et de Peau salée, le terrain d'alluvion dont le sol est formé sont autant de points de départ du miasme palustre, il est évident que si chacune des maladies que nous venons de citer ;^ne reconnaissait une cause particulière, c'est bien dans ces lieux qu'elles se donneraient toutes rendez-vous.
(1) CoM et Felts (loco ctkito).
Une seule maladie au contraire, y est endémique et quand les autres y surviennent, elles ne le font qu'accidentellement, comme partout ailleurs, qu'à leur point d'origine.
D'un autre côté, les auteurs qui ont étudié la maladie sur les lieux sont généralement d'accord sur sa cause. Ce sont les émanations figurées échappées aux marais dont nous venons de parler. Cependant Lancisi attribue la fièvre paludéenne à un produit gazeux des décompositions organiques : Michel Lévy la regarde comme étant « une fermentation spontanée, l'air chaud, humide» suroxygèné jouant le rôle de ferment et opérant par sa seule force cataly« tique, dont les produits seraient en rapport avec les quantités des éléments en contact. »
M. Colin veut que la fièvre intermittente soit produite par la puissance végétative du sol, quand cette puissance n'est pas mise en action.
Nous devons déclarer que ces théories sont loin de satisfaire notre esprit, et que nous aimons mieux nous rapprocher des idées de l'américain Salisbury qui veut que le miasme paludéen soit constitué par une algue dont on retrouve les sporuîes dans l'expectoration et dans l'urine des fébricitants : nous ne partageons pas cependant sa généralisation sur la genèse des différents ferments.
Dans les planches ci-jointes, vous avez un spécimen des champignons que tiennent en suspension les brumes de marais; celui-ci a été rencontré dans l'eau de dissolution de cristaux de glace, recueillis sur des ballons réfrigérants suspendus au-dessus d'un marais, réputé malsain, de la côte du Gabon.
Je le dois à la gracieuse obligeance de M. Tamiral Fleuriot de Langle, qui, lors de sa campagne de 1867 sur les côtes d'Afrique, avait bien voulu, à ma prière, charger de recherches de ce genre, Tétatmajor médical de la frégate la Zénobie qui le portait.
M. le docteur Colson, chirurgien en chef de l'expédition se livra avec ardeur à ces études, sa mort, survenue pendant la campagne,
68 LE CHOLÉBA.
nous a privé des observations qu'il avait recueillies à uotre intention.
Mais le docteur Vincent médecin de i— classe de lamarine, qui a fait un long séjour dans les mêmes parages» a bien voulu communiquer à M. Albin, médecin de la marine (1) les observations suivantes, résultats d'une série d'expériences personnelles analogues à celles de Salisbury et de Golson.
Des sporules d'Oïdium et peut-être de Leptothrix, dit-il, ont été trouvées constamment à la surface du sol et dans les sécrétions des fébricitants; il en a rencontré bien souvent dans sa propre salive et dans son urine; il lui suffisait même d'exposer quelques plaques de verre porte-objet à 60 ou 80 centimètres au-dessus du sol, pendant la nuit, pour y retrouver les mêmes champignons.
Comme vous le voyez, d'après la planche du docteur Colson et les descriptions de son collègue M. Vincent, c'est à un oïdium ou à un p$nioiUium qne l'on peut attribuer les accidents paludéens du Gabon, ce qui, à mon avis, ne détruit en rien les assertions de Salisbury au sujet de l'algue palmeUa^ qu'il déclare être le générateur de la fièvre des marais de l'Ohio.
le ne m'étonnerais nullement que les fièvres de notre pays de Salogne, de la Bretagne et des Flandres ne fussent produites par d'autres variétés de cryptogames que les précédentes.
La pharmacopée nous ofi're un assez grand nombre de végétaux qui n'ayant aucune parenté organique n'en produisent pas moins sur nos individus des effets analogues.
Les quinquinas n'ont aucun rapport organique avec le Saule (salix alba) ni avec le Houx (ilex) et cependant ces deux dernières plantes fournissent comme le quinquina des médicaments qui ont une action indiscutable contre les fièvres des marais. Il est vrai que je doute que la silicine et la décoction de houx aient quelque action
(1) nètt at Fuit, M murtlSTl.
BACTERIE ET BACTERIDIE
Dans du sang de cheval morJ par suite de gangrène
recueilli par M!" Sisjnol Les parasites ont été mis en ciilLui-e G DAN ET
l ov«< l *Kvr aÔ -'Aï vh'l
Imp Lemercier i C5Fns
rn\cloppes
contre les fièvres du Gaboa et de l'Ohio, mais leur action bien constatée contre ce genre d'affections nées dans nos pays prouve que ces fièvres sont produites par des agents sinon différents, du moins doués de propriétés analogues, mais de moindre intensité.
C'est dans cet ordre d'idées que je trouve la genèse dn ehoUra nostras.
Dans les marais du Gange et sous l'influence de chaleurs torrides, naît, au milieu des détritus animaux et humains qui encombrent les abords du fleuve, un principe violemment toxique et qui jouit de la faculté de se reproduire dans Tintérieur de Thomme vivant; c'est le Choléra asiatique.
Qu'y a-t-il d'extraordinaire que sous tout autre latitude, il se rencontre parfois des conditions analogues à celles qui ont fait naître le principe du choléra indien et qu'il surgisse alors quelque mucédinée qui ait sur l'organisme humain une action semblable à celle que j'attribue au choléra indien, à l'intensité près ?
Je crois que les choses se passent ainsi pour les fièvres paludéen* nés, c'est-à-dire que les plantes cryptogamiques qui produisent ces maladies dans l'homme, qu'elles soient semblables ou qu'elles soient de variétés difi'érentes, acquièrent des propriétés plus ou moins actives d'après les régions dans lesquelles elles naissent. C'est ce que nous voyons tous les jours se passer sous nos yeux et je ne crois pas être éloigné de la vérité en pensant que les lois qui régissent le monde visible, sont les mômes que celles auxquelles obéit le monde microscopique.
L'ozone, a-t-on prétendu, fait partie du composé de l'air et est indispensable à la vie. Il serait le produit de la combinaison de l'électricité avec l'oxygène de l'atmosphère.
Ou a prétendu que l'absence de ce gaz est la cause du choierai Si l'ozone est réellement un corps qui fait partie de l'air vital, son absence devrait, selon la loi physique, attenter non seulement à la vie
70 LE CHOLÉBA.
(le riiomme, mais aussi à celle des animaux qui respirent le même air.
Les animaux n'ont pas le choléra, et la majorité des hommes, même soumis à l'influence de Tépidémie, n*en sont pas victimes.
Miaimei. Je dirai seulement au sujet des miasmes et des exhalaisons tellu-
XibtltlNoni ter-
rtiirti. riques, que je m'accorde avec M. de Vauxréal pour ne reconnaître aux miasmes d'action infectieuse proprement dite que par les espèces de ferments qu'ils entraînent avec eux.
PIIOPAG-A.TION
En 1854, un orateur proclamait à la tribune académique que les arbres et surtout les grands arbres, empêchaient Tinvasion et le développement du choléra: il en donnait pour exemple la ville de Versailles.
En ces temps-là, j'étais renfermé avec mes confrères et amis, MM. Bouvyer (1) et Picard (ce dernier atteint du choléra dont il guérit, a succombé plus tard aux suites d*une scarlatine gagnée dans les mêmes parages) dans les forêts de Gheminon, de Sermaise et de Troisfontaines (Marne) où nous donnions nos soins aux familles des sabotiers, charbonniers et scieurs de long, gens qui forment la seule population de ces cantons et que le choléra fauchait avec une violence inouïe.
Les grands arbres qui ombrageaient nos malades n'avaient, hélas, témoigné d'aucune vertu préservatrice !
La maladie sévissait dans cette commune avec une telle violence que le jour de mon arrivée à Maurrup, sur les confins de la forêt, les gens de ce dernier pays se refusèrent à me conduire dans les bois : je dus recourir à l'autorité municipale et à la voie de la réquisition pour obtenir un conducteur et un charriot pour me transporter avec les deux sœurs de charité qui m'avaient été adjointes, à Gheminon, foyer de l*épidémie.
(1) ActaeUemeat médecin conBultant ans eanz de Caaterets.
Danet. ^
À ce moment aussi les riches pays forestiers de la Haute-Marne n'étaient pas moins dévastés par le choléra, mais Tacadémicien orateur n'en avait pas moins un succès de tribune avec ses forêts préservatrices.
Au mois de septembre 1855, j'allais en mission, dans le département des Basses-Pyrénées. M. Laity, alors préfet de Pau, m'envoya dans la commune des Âldudes où le choléra faisait des ravages depuis quelques semaines et les populations basquaises espagnoles, au milieu desquelles j'arrivais, étaient complètement affolées»
Je demeurai deux mois dans ces pays ëlevést tantôt quittant le village des Âldudes pour aller au Port d'Urpel, ou dans le pays KfâUf séjour de la reine des gitanes, et tantôt parcourant les crêtes des nontagoea de la Biscaye espagnolei j'allais lPam|ietiiM et I Yittoria, toiiioiini Toyant des cholériques.
Chaque jour je montais à quelque cliaiimlére ée poitmgt qtie Fbn Bse désignait afin que j'y allasse donner mes seins à tra pauvre berger Suàb les trois quarts du temps, qui notait été qtte seigtté par son diieoi son unique compagnon. Trop sottvent, }e doie te dits, je n'avais qu'un décès à coifttater.
Mais il est nécessaire que vous connaissiaa la manière de mfe âi ces hommes, pour bien comprendre la valeur de certaines assertions sur te mode de propagation du choléra.
Quand les neigea fondent sur les mootafaea, les fMmrê sa éMÊh géant de &ire paître les moutons de la plaine» condniiest les tcesk peaux aux confins des neiges, montanU nM)niaat UMijons iès qm oaUes-ci disparaissent. Là, sur la montagnet le h9r§9t o^ ée relattea avec personne et n'a de visiteurs que l'ourt, l'isard et Paigtei
Une fois par semaine, un enfant du village d'en bas, grimpe à mi»côte et dépose en lieu convenu les aliments dont savent se con-
teffter ces homfliéô rtistiquèd, c'c«-à-dlre dé la méturê où pain de maïs et uu peu de vin du pays.
Rafômetrt le pcrartoyeùr et k potlfVbyé ëe réucônf f eût, et 6î parfbi«, âfnn ûiantfcute à l'attife ils ô'aperçoivent, ils donûènt un coup (fe Ê\16et, êcfaangôtit (|uel(liiei^ iliôtâ que Uàir pur de ta inontagne Mdse poner et la tîdite & âiâUffîce 6ât bientôt terminée.
Quand les neiges reviennent blanchir le sommet des hauts pics, te fÉMeuf raffitène Éei brebis; cefles-ci rëntretii au Idgld et leur gttMM M% comme eDeê^ apf es atotf été quelquefois plus de six mois mM àpfr^ocher ftme qui tite.
Il arrivait souvent en ces temps de détresse, qu« les gens du village ne remarquant pas les moutODS paissant l'herbe fine, supposaient ctiM le pftcKdtir, toujour» sf fégdlïer dftùs Ses fonetiofiâ, devait être malade, et bien vite on courait chez le mafôf, épithéte que Ton me donnait dans le pays, à cause dfi iqoq guide, m ancien aaus-oflSoier decbasseursàpieds.
A travers les sentiers 'que seuls fréquentent les contrebandiers, ChattefSé de fêspadritte^ unictue chaussure que permet le terrain ai^etdenté de ces hautes régions, j'allai remplir ma mission, et je tfôûVài mon homme couché dans son étable ; souvent il avait le choléra; je donnai réveil, et, à mon exemple, les voisins intéressés V99ajm( bii doBDf r leurs soins.
Et atrfottfiflraî, 6n 1873, on proclamé que le choléra ne se transporte que par les cours d'eau> qu'il ne s# iFeproduit que par commQuicatipn de proche en proche et qu'eoAn U m contagieux f
l9 ff» Mireti laimer piassër cefs assertions toiltes ùouvelles pdiir tMi êAd# lé fSénde mMieal, s^ft fa pliïs énergique protestation.
J'ai été appelé à soigner des cholériques dans toutes les altitudes ; f eft ai m en 6té, f en ai vu eu hiver, en automne et au printemps.
Âù SKJffimét des pics les plus élevés de^ Pyrénées françaises et espagnoles, j'ai donné mes soins à des cholériques.
J'ai vu le choléra dans les bouges de la banlieue. de la grande Ville et dans le palais des riches.
Des plaines et des forêts de la Champagne, j'ai dû me rendre aux sables du pays de Béarn, et des grèves de TOcéan breton aux eaux bleues du Bosphore et partout, toujours, j'ai trouvé le même choléra, sans que aucune position topographique ait changé quoique ce soit à sa nature, et a sa manière de se disséminer.
Le choléra indien est un ; les variantes que Ton constate dans les attaques de cette maladie en temps d'épidémie sont insignifiantes au point de vue de la genèse; elles n'existent que du plus au moins et ne tiennent qu'aux différences des individus chez lesquels la ma* ladie se développe.
Ou le miasme pourra se reproduire, ou il n'a [pas acquis de propriété su£Bsante pour cela.
S'il se reproduit, il le foit dans les conditions qu'il rencontre; il est bénin» léger, grave ou mortel; c'est une question individuelle.
Chez l'un, c'est la cholérine, parce que l'action toxique du poison n'a pas eu beaucoup de prise ; mais de celui-ci il peut se communiquer à un autre, et là, rencontrant toutes les conditions nécessaires à son épanouissement» il devient pmortel.
C'est ce que nous constatons tous les jours chez les varioleox : une variololde donne la variole confluente et réciproquement.
Je le répète, c'est une question de terrain ; et si j'ai bonne mé-^ moire, le savant docteur Rioord a professé la même pensée pour la syphilis. Je crois» pour ma part, qu'il en est de même pour toute maladie à germe extéheur à l'organisme : c'est, du reele, la loi nar turelle et générale eu culture.
Les choses étant examinées sans tparti pris, rien dans l'invasion didériquei ne peut être rapporté à ht contagion dans l'acception du mot
Le choléra ne se commuoique pas par le coatact; le choléra indien est un empoisonnement : le poison est, suivant moi, un champignon de la famille des oldlés qui, né sur les bords fangeux du Gange, a la propriété de se reproduire à la température de 30 à 33 degrés dans les milieux que contient l'intestin de Fhomme.
Le cholérique sème ses déjections sur les meubles, linges, yases, etc.
Les miliers de graines ou de sporules dont il est infecté se dessèchent sur les objets contaminés, et promptement enlevées, gr&ce à leur légèreté, par le plus faible courant d*air« pénètrent partout à rétat de poussière invisible.
Trouvant alors chez certains individus les conditions de température, d'humidité et d'acidité nécessaires à leur développement, elles germent et Ton compte bientôt de nouvelles victimes.
Il y a empoisonnement miasmatique; le miasme est un élément figuré que vous connaissez maintenant et qui tue sans avoir besoin d'incubation.
Le temps qui sépare l'attaque de Tingestion du poison est pins ou moins long d'après la dose absorbée et d'après les conditions plus ou moins favorables qu'offre le terrain au développement du poison.
Les champignons vénéneux n'agissent pas autrement; les accidents qu'ils provoquent ne se font jamais longtemps attendre après le repas pendant lequel ils ont été ingérés.
Dira-t-on le choléra contagieux, parce que un malheureux cou* elle dans un lit où vient de succomber un cholérique est atteint à son tour par la maladie?
Dira-t-on le choléra contagieux, parce que dans une salle d'hôpital les voisins d'un cholérique sont atteints les uns après les autres?
Dira-t-on le choléra contagieux, parce que telle personne donnant ses soins à un cholérique aura été atteinte par le choléra?
10 l^ ÇnOhÉBXf
Que (e public j3trauger à la médeciae le àm et 1# croi#, rJ9P n'est moii^ çurpreu^ut; m^s que deis méâecio^ ie crpieQt;, que 4e« m^^^ Reclus le publieut .ejn le professent, wç'^^t çho^» qui me semble étriauge.
Quand observe-t-on ces cas prétendus de contagion? Dans quelles cirooDBtapoeA «e produiseafc-iU f
Généralement, après un décès de cholérique et chez les personnes q«i ont enieyeli le mort on qui demearanl âaos la maisoa mortuaire se sont trouYées en rapport ifec les objets contaminés.
On a pu constater ces cas prétendus de pontagioB daes des saUea d'hôpital où trop souvent les soins de propreté confiés à des mains mercenaifi'S ne sont fréquemment qu'apparents, où les objets contaminés demeurent cachés dans des recoins, où l'air chaud et coqt centré facilite leur dessication et par conséquent la dissémination des sporulss.
Nais la prétendue contagion est-elle instantanée? Non; ç*est4ew, trois ou quatre jours après la mort ou le début des évacuations des prsmtorv molides qns se soal dèdarts dm les amis, senriletin, ptreuls oa voisins les premiers symptômes de rietoticttim.
Or, cette durée représente le temps snfllsant pour que la dissecatioii du T^Kélal vénéoeox se flMe el que se produise te dispersée des ttYriedse de sporelee qu'il reoU^rme.
L^ miasmes mis eu mouvement par le neitoyage de Tappertemenk qu'octupatt le tliolériqiie, fut gteératemeat Î4 on 36 henree aprè» )^ détèii se dt^persetit dans rmir et infectent les pefsomKS qtti $1^ trouvant pr^nte$ <^t chei lesquelles ils reiteeiitrent trop souvent 11» eiMidilùN^ tttoK«iùe« 4 kor dévekinpiaiiftt
Bu eBM^ ce$ personnes sont ou déjà mebdesetliospîlelieées.oaliiai eUee eel MpteiMMsnl liapieeu iwrfm per les eotees d'egMle; la Pl^ne d'au ini^ d>iu i^emil^ Ne epIsMdi
L« OKOXARà. 77
mond qui» tous le savex, réagit sur le tube digestif; elles ont enduré de lourdes fatigues, elles ont négligé leur alimentation.
Bst-il surprenant qu'elles offrent à Tinfluence des cryptogames dont nous nous occupons un terrain tout préparé?
N'en est-il pas de même pour nous médecins? Quand le choléra nous frappe-t*il? Quand nous sommes déjà malades, ou quand sur* menés comme nous le sommes en ces moments de calamité publique, nous nous trouvons harassés par la fatigue.
n est vrai que si le mot contagion signifie la communîcaiion étune maUuiiê par le contact médiat^ on en a étendu depuis la portée, et Bescherelle le définit aujourd'hui : « La contagion est une maladie qui se communique soit par le contact immédiat, soit par celui des habits» des meubles et soit même par le moyeu de l'air. »
le me permettrai de faire observer à Tauteur du dictionnaire que Ifi contagion n'est pas une maladie \ une maladie peut être conta* gieuse, voilà tout.
En second lieu, Textension qu'il veut bien donner au mot conta- ^iif le fsonduit à déclarer que l'air lui*méme est un agent de eontagic»»; mais alors ot s'arrête la contagion?
Transmisaibles et infeotieuaes^ voilà les vraies propriétés des ma* ladiea miasmatiques, mais jamais rantagieusea en bon français.
Un végétal né sur les bords du Gange et qui a la propriété de se développer dans l'homme, a été ingéré par un individu, celui-ci contamine par ses déjections tout ce qui est à sa portée; c'est exactement ce qui se passe dans la nature, avec l'aide des granivores; eesx-d sèment çà el là avec leurs déjections les graines qu'ils ont tegèrêes et qu'ils n'ont pas digérées. Quand le poison est en état d'être enlevé par les mouvements de fair, il infecte les voisins à leur tour et il est transporté çà et là, oir il Mt des victimes.
78 LE CHOOlÊRà.
Voilà le fait vrai, naturel, tel que le démoatreot les observations que nous venons de relater, mais ce n'est pas de la contagion dans la véritable acception du mot.
Le mot contagion implique une idée de contact et repousse toute idée d'éloignement ou d'écartement.
La syphilis est contagieuse» la variole peut être contagieuse, d*autres maladies de la peau sont contagieuses, mais le choléra» jamais!
Le choléra est une maladie miasmatique. Ce miasme est un élément figuré» il peut se transporter d'homme à homme parce que l'homme le reproduit; mais je le répète, ce n'est pas là de la contagion à moins de donner à ce mot une acception toute autre que celle que nous lui connaissons.
La maladie est infectieuse. Quand un certain nombre de cholériques existent dans un pays, tout le monde ou presque tout le monde est sous l'influence du poison, c'est-à-dire en a absorbé ; le terrain seulement n'est pas universellement propre au développement de la maladie. Gomment expliquer autrement l'extinction graduelle et les stases de calme que Ton constate en temps d'épidémie?
Qu'on accepte ou non cette opinion, peu importe, j'ai démoutré que la maladie n'est ni une fermentation putride ni une fermentation alcoolique, ni une fermentation secondaire, dont cependant les agents se rencontrent dans les matières des cholériques. Gela me suffit ; car je ne trouve plus autre chose qu'un empoisonnement à effet rapide et parmi les êtres organisés trouvés chex les malades, les champignons de la tribu des oldiés nous présentent seuls des propriétés pouvant produire dans l'organisme de l'homme des phénomènes analogues à ceux du choléra.
le me résume. Le choléra n'est pas une fermentation et ce n'est pas la septicémie; c'est un empoisonnement par un végétal qui a pour propriété de frapper d'atonie, de paralysie même, d'anéantir, en un mot, la vie végéutive.
LE CHOCÊRA.. 79
La maladie est miasmatique ; eadémiqae dans certains pays» elle peut devenir ôpidémique; elle n'est contagieuse à aucun titre.
L'exposé ci-dessus» mes observations personnelles» et Fétude de la marche des épidémies antérieures m'amènent à penser que si les cours d'eau» fleuves, rivières et sources servent, en effet, à propager, même à grande distance, la maladie» les vents, les embouchures d'égouts, les linges transportés çà et là, les caravanes asiatiques, les grandes migrations d'hommes lui servent bien plus efficacement d'agents de transmission, attendu que, exception faite des vents, ils sont en même temps agents de reproduction.
En effet» nous avons dit que la végétation des oïdiums artificiellement cultivés est loin d'être aussi puissante, leur conformation aussi solide et, très-probablement, leurs propriétés toxiques aussi actives que si on recueille ces champignons dans ou sur l'être vivant.
Il faut pour que le champignon puisse se développer, qu'il trouve les conditions alimentaires de son accroissement et ce n'est pas dans l'eau pure qu'il les rencontrera. Il n'y trouvera pas non plus, si ce n'est dans certains pays et à certaines époques de l'année la température nécessaire à son épanouissement.
L'eau courante peut lui servir et lui sert de véhicule, ceci semble manifeste, mais il ne s'y développe que difficilement et ne peut le plus souvent qu'y périr.
C'est dans l'homme et à la température de l'jiomme qu'il acquiert toute sa puissance.
Je crois toutefois que le plus souvent l'eau saumâtre et impure que l'on boit dans certains pays suffit à elle seule pour provoquer l'indigestion dont j'ai parlé et prédispose ainsi l'estomac à Tinflux du choléra, s'il y ma.
Le vent, je l'ai déjà dit, emporte dans les airs les sporules desséchées et les déposent sur nos aliments et sur nos boissons.
90 LX GHOEfeà.
C'est dans cet état, yraisemblablementf que le poison pénètre gé« néralementdaQB rorganisme.
Quand aux égouts, ]a température qui règne dans ces voies souterraines est, en général, peu favorable au développomeut de ces cryptogames ; mais leur embouchure est trop souvent encombrée de limon facile & fermenter et où toutes les semences charriées par les canaux ont une riche végétation sous l'influence dç la chaleur développée par la décomposition des détritus de toute nature. Hais ici encore c'est le veut qui se chargera d'enlever les sporules et de les disséminer çà et là.
Ces deux causes étant connues, il n'en demeure pas moins certain que l'agent le plus énergique de propagation du choléra, est encore rhomme lui-même, véritable foyer de reproduction, parce qne son corps présente au plus haut degré les conditions de température et d'humidité acide les plus favorables au développement de ce genre de végétal.
L'homme contamine par ses déjections les objets à aon «sage et sème sur son passage le poison dont il a été infecté à iOD point de départ»