‹ Des infiniment petits rencontrés chez les cholériquesChapitre 14 sur 23 · PROPHYLAXIE · texte numérisé non relu

PROPHYLAXIE

}l est clair qiiç de t$iks csme% de propagation, par exemple la diiper^ioD des eeipencef par les veots et les eaux ne peuvent être en** rayées, maifi il en çst d'autres contre lesquelles on peut rôagir et et c'est à pourvoir aux moyens prophylactiques que doivent s'em-* ployer les gouvernements, les municipalités et enfin les médecins,

l^es gouvernements n'ont en principe qu'à 9e préo<^cuper des om^ sprei générales et tout d'abord des quarantalnea.

lani m^étendre longuement sur ce sujet, Je dirai cependant que je coBSidéPê la quarantaine comme absolument nécessaire quand il s*aglt des villes du littoral et des lieux d'étape sur les confins des steppea et des déserts que traversent la caravane.

Je le dis avec d'aytant plus de conviction que j'en ai vu les bOQS résultats quand la quarantaine était appliquée avec toutes ses rigueurs et que j'ai pu constater aussi d$ v'uu les résultats malheureux du manque de^sévérlté à cet égard.

On a raconté ailleurs (1) ce qui était arrivé en Sicile en 1865 et en i866. Passant à Messine en 1865, je (JÛ3 subir la quarantaine imposée dans rtle de Sicile aux provenances de France, d'Egypte et de Turquie, mais quel ne fut pas mon étonnement de voiries bâtiments italiens arrivant de la Grande Terre en même temps que nous, reçus eu libre pratique^ Il s'en suivit de ce relâchement des lois de qua-

(i) Compte rendu de la couférence sanitaire internatioaala, 1866.

rantaiiie en faveur des villes du littoral italien, que plus tard le choléra ayant envahi la Haute Italie, la Sicile ne fut pas plus épargnée que la mère patrie.

Mais au Pirée et dans le reste de la Grèce les choses se passaient autrement : à Eubée (Négrepont) oii des avaries à bord du Phase^ navire sur lequel j'étais, nous avaient forcés de relâcher, nous ne pûmes même pas communiquer avec la terre malgré notre détresse.

La Grèce fut partout exemptée de la maladie, quand TEgypte, l'Italie, la France et la Turquie (où la quarantaine fut violée, ce qui coûta vingt mille hommes à la capitale de Tempire Ottoman) qui sont des pays circonvoisins et en communication journalière, étaient dévastés.

On s'est beaucoup récrié sur le tort que ces mesures font au commerce des villes du littoral. Il ne faut pas avoir vu une ville maritime et cosmopolite ravagée par le choléra, pour émettre de telles objections, et je ne saurais mieux exprimer ma pensée à ce sujet qu'en citant textuellement les conclusions de la Conférence sanitaire Internationale : « La Commission est d'avis que les mesu- « res restrictives connues d'avance et appliquées convenablement « sont beaucoup moins préjudiciables pour le commerce et les relac tiens internationales que la perturbation qui frappe l'industrie et « les transactions commerciales à la suite d'une invasion de cho- « léra. »

Quant au cordon sanitaire dans l'intérieur, il est difficile d'en comprendre l'efficacité en l'état actuel de nos communications si rapides et si multipliées. D'ailleurs, l'air et les cours d'eau terrestres sont des agents de transmission contre lesquels les cordons sanitaires seront toujours impuissants.

Aux maires incombe le devoir impérieux d'exercer une police sévère sur les fosses d'aisance, les dépôts d'immondices, les égoûts et la voierie en général.

Les égoûts doivent être éoergiquement désinfectés, notamment par remploi d'une grande [quantité d'eau de lavage et de matières antiseptiques, telles que le chlorure de chaux, les sulfates de fer et de zinc,racide phénique, etc.

Si Fépidémie devient menaçante, il importe que des avis soient publiés, que les familles soient engagées à enterrer immédiatement, à détruire même par le feu, les produits des évacuations de leurs malades, à faire laver promptement dans des lessives fortes et bouillantes les linges et vêtements maculés. Des visites de médecin doivent avoir lieu dans chaque foyer, afin de prémunir les habitants contre le danger des dérangements d'estomac et de la diarrhée prémonitoire et de signaler les modes de traitement les plus faciles et les plus urgents à suivre en cas d'attaque.

L'Angleterre et la Russie nous ont devancés dans cette voie et les résultats obtenus ont été considérables. Nous n'attendons pas moins de zèle de la part des municipalités de notre pays.

Un devoir tout aussi important que celui d'établir des quarantaines s'impose aux gouvernements ; c'est celui de faciliter par tous les moyens imaginables l'alimentation facile du pays, quand Tinfluencê cholérique coïncide avec des années de disette et de cherté des vivres.

L'air, cette grande route des ennemis infiniment petits de l'homme dépose partout des poussières invisibles ; nos aliments, nos boissons sont infectés de myriades de ces êtres qui en parasites, viennent se développer dès qu'ils rencontrent des conditions qui leur sont propres.

Je l'ai déjà dit, l'agent qui produit le choléra rencontre les conditions de son épanonissement dans l'homme affaibli, et surtout atteint de certaines maladies de l'estomac (dyspepsie acide).

De tout temps, les économistes, les statisticiens, les médecins hygiénistes, ont unanimement reconnu l'influence constante et fatale qu'exercent l'équilibre des subsistances, la cherté des vivres, Fabon-

84 te C^HÔLÉRA.

àïïûtê 0(1 la diMUê» sût Id fflouvement des pdpttlatidtls alDd qUe sur li tnortaltté.

« La mortalité est deyenue plus forte toute) les fais (f09 le prii 4a blé a augmenté, et elle est devenue moindre, quand il a baissé, » ft dit MesB&oce, et aprè» lui H. miar dans (x betti fêppoH eitô far tous les witeurs qm le sont oèoupés da laquesiiim det sttMiiliâdiii

Cette loi, qui n'est que trop traie eu temps ofdinaire, uops » semblé d*tme importance bien ptuâ grande encôfê quand il s'agit du choléra.

ti est bien évident que Talimentatioa iosuffisante (résultai forcé de la cberté du blé) ne doit pas être regardée coomie la caus^ unique des maladies qui déciment les populations et les armées soumises à des pritatîMis de totitt ottoft ; aais on M riMnâl le fflécotindtre, c'est UB éMment d'imt graodo impoitttu» (BotchardÉC^ thèse de concours» 1852).

Da letle n'estait ptt oatvel de peoser fiftt sM besoin de Ftctioa d'une cauoe oeeiBtoanelie pMe ptmmfÊer retfdosknt ifmt intladie spéciSqte el OMMiuoicible \ c'est quo reflnrque de tous lés tliiirfiiiars dos épidémiee de Ttriole, rmigeoie, soutatifie, croup, fièvre jauue> enfin des fièrres paludéranes. Dans tons cO^ eart, il d existé nue cause générale, nue întozication do toute réconamie dont Faction éHit Utoite; il noos panil fart nlioiuiel d'interyréiar de b même miniâre rinfioenoe d>iDt canse aussi Bwutritee f«io fatùnentation insnlfiâinte sur rexploàeiiv noos dlroQO ptass, on? Ion ravages du cholén*

Noos peneona qn^uio iputia do la «oUaim cMdnqpiocsi dno à IVtioa dol'^IUMnlitioa iM»Bainlii> ai cttle h^np^lhin par loa MU smuaIs :

1« L «pytattt chrtirifas deprà idlS^

£E CHOLÉBA. 85

2* Si oa compare les phéaomèaes morbides qui se passent chez rindividu soumis à une alimentation insuffisante à ceux que Ton rencontre chez le cholérique, on trouvera non pas un parallélisme complet, mais que, le plus souvent, ceux remarqués chez le dernier malade semblent n'être que les conséquences des phénomènes trouvés chez le premier.

De plus, les lésions cadavériques sont identiques dans les deux cas.

3» Enfin nous montrerons que là où des secours alimentaires ont été distribués aux indigents, pendant une épidémie cholérique, le chiffre de la mortalité tombe presque immédiatement, ainsi que celui des malades» et que la maladie est moins meurtrière.

Page 1