‹ Des infiniment petits rencontrés chez les cholériquesChapitre 21 sur 23 · DANS LE TRAITEMENT DU CHOLÉRA · texte numérisé non relu

DANS LE TRAITEMENT DU CHOLÉRA

GoQtrairement à ce qui se pratique géuéralement dans DOtre pays, vous m*avez vu employer l'alcool dès que le pouls m'a aniioncé une réactiou trop violeute et j'ai eu soin de noter l'abaissement des battements artériels qui s'est manifesté sous l'influence énergique de ce médicament.

Vous avez pu remarquer, au contraire, que je me suis abstenu d'avoir recours à cette médication durant la période algide» me mettant ainsi en opposition avec les usages encore malheureusement en vigueur. .

Pour moi, en effet, dans ces moments où la vie végétative semble anéantie, où l'absorption est nulle, où les sécrétions ne se font plus (car je n'appelle pas sécrétion, le filtrage par dialyse des liquides qui s'échappent à grands flots de l'organisme), dans ce moment enfin où le malade est refroidi, soit par l'état particulier de son système nerveux, soit par le fait même de la cessation absolue ou presque absolue des phénomènes d'assimilation et de désassimilation,

Donner de l'alcool, c'est aider la maladie à achever son œuvre ;

C*est maintenir cette inaction de la vie organique par laquelle le malade va périr*

On professe que l'alcool est un aliment d'épargne, un antidéperditeur : c'est une erreur. Ce n'est pas un aliment d'épargne, c'est un agent d'épargne et je vais le prouver; mais on n'a pas assez dit, ou

Ton a trop oublié que l'alcool est aussi un agent antinourricier, qu'il empêche tout aussi bien la nutrition que la déperdition ; que Tun et l'autre de ces phénomèoes sont régis par les mêmes lois ; que ces lois sont celles des fermentations et que l'alcool arrête les fermentations : qu'en résumé comme les fermenU^ions sont les seules sources de la chaleur animale, Tingestion de Talcool dans l'organisme fait instantanément baisser la température du corps.

Contrairement à la théorie de Liebig qui voit dans Talcool un agent de respiration, presque un aliment, je considère Palcool comme le désorganisateur par excellence de la vie végétative*

Bn effet, i*alcool comme vous l^vez vu tout à fheirre, a la aingn-* lière propriété de couper court à la fermentation des matières car^ bnrées; je vous le montrerai entravant aussi l'action des ferments des matières azotées. Or, qu^est donc la vie végétative? Que sont iee phéQaQV^9eft d'$y|siipiiation et de désassi^ûUtÎQO? sinon Tenseo^le éê ce3 (toux geof ts do f^riaeatation^ qui conatitiieikt k vie or gin* Qiq.wi»

ACTION PBnrSIOIXXjKIQinS I>K Xr'AIiOOOii

d'action d'après les doses ingérées par l'orgMûame, e&^Citie», mn» tentissexuei^t et affail>Ussemçj[it de la circulation.

HM. Maurice Perriu, LatèMiiné tfc dnroy (i) déeltre&i qm ^aloêel ne se détruit^ pas dç^DS l'orgaoisme,

H. Prouti et M. PerrinaveeLebiiiaaft(^ ptMtf&tqiiel^iieoelMierfe \m sorte 4'actio|k ^ if^ési^c% #a ¥#rtn é» la^tietift il y « dimiiiatMH dao» la quaaiiiâ d'acide earbKwiqiie exbaiie» ee ipii iadifa^raH UQ ndeiSbtissMQinQit é^m i'sM^tivitâ de l'oxydation iBtniTaaealaift et^ lit toila, daoa la prqduetioQ de U ebaleur aaimale ; ilae^tiaieat^ ea ootre, que l'émissMft de Fi^de earboni^ia diiBiftu& stss ^itftiieiiea des boissons fermentées en raison de leur richesse alcoolique : ççla résulte dç ce qu^ nous venons de dire.

Seilsyfidd «t Maryw {$ dtse&t : «r«ksooleiteétiievs apaaetttea diminuant l'échanga dea matériaux, en interrompant lea pioceasu» d'oxydation dao» )eur action sur les globules rou^es^ ^'qù l'abaûisçmeiM; de la température. »

Après avoir constaté par nm» expèrieuee per eom e Mlo lent m tpaà avajLt été pubUé jjaaqu'alQrs sur rg^tiou pltY^iolog^UQ 4^ V^imQ^ dans l'organisme, Bocker déclarait, en \gitf% que l'^te^jl 9f^ 4U |r#tW^

(1) Paris, 1860. Du râle de l'alcool dans Vorganisme.

(2) Oompte rendu de l'Académie des soienoes, 1864.

(ilYeikmt die wirtmg.de« al«9ho]y|aQ^4l^ ikmJJiékm 99Mmi9m%ff{l)mjÈ»>^ 18«6).

dant la décomposition organique; qu'il ralentit Pexpulsioa par l'urine des produits encore utiles à la vie; qu'il diminue l'expiration de l'acide carbonique et fait perdre aux globules du sang la propriété de rougir au contact de l'air.

Le même auteur déclare, en outre, que l'alcool à dose modérée est antidéperditeur ; qu'en diminuant les oxydations, il conserve les tissus, cimente l'oxygène avec les globules du sang et les empêche ainsi en partie de fonctionner. C'est aussi la théorie du professeur Sée, de l'École de Paris.

Enfin MM. Duméril et Demarquay affirment que la chaleur animale peut baisser sous l'influence de Talcool.

MM. Godefrin, Regnard et Marvaud démontrent le môme fait, par un grand nombre d'expériences personnelles.

Tout en constatant cette addition de Falcool, je pense que les phénomènes, dont tous les auteurs s'accordent à reconnaître l'apparition lors de l'injection de l'alcool par Torganisme, sont dus, d'après moi, à la propriété que possède l'alcool, de neutraliser l'eau à sa portée, dans les phénomènes de fermentation.

Sans avoir à énumérer ici les nombreuses recherches et toutes les expériences que j'ai faites à ce sujet et qui sont relatées dans mon travail sur t l'alcool thérapeutique, » je vous citerai cependant celles de mes recherches qui ont trait au sujet en discussion.

One quantité connue d'alcool mêlée à une masse fermentescible, empêche la fermentation de se ][iroduire, on y coupe court subitement si le phénomène est déjà commencé.

C'est ce que nos expériences décrites plus haut, ont démontré touchant la fermentation alcooUque.

Si pendant le travail qui produit le pus, travail qui n'est pas, à mon avis, autre chose qu'une fermeutatiou alcoolique anormale, ce qui me semble être démontré par la présence du sucre dans les liquides sécrétés, si, dis-je, on sature l'organisme d'alcool,

LE CHOLéUA. 13&

toDt travail de fermentatiou semble arrêté* et, si on vient à supprimer Talcool, le travail de fermeotation recommence et se continue tant que l'organisme renferme des matières glucosuriques.

Hais voulaot m'assurer, !• si cette action de Talcool s*étend à la digestion par les corps cataly tiques animaux ;

%• Qu'elles sont les quantités d'alcool ! nécessaires pour produire le phénomène, le docteur Regnaud et moi nous avons établi les expériences suivantes :

4 mélanges d'eau et d*alcool pesés au pèse-alcool Cartier, ont été faits ainsi :

Le {•' n«, pèse i2« correspondant à 13 !p. 100 d'alcool en {volume. Le 2% — 13* — 18 —

Le S», — 14» — 25 —

Le 4% — 16» — 37 —

Le thermomètre marquait 22 degrés centigrades.

100 centimètres cubes de chacun de ces mélanges ont été additionnés de :

Levure, 2 grammes délayés dans 25 centimètres cubes de liquide;

Sucre candi, 8 grammes dissous dans les 75 centimètres cubes restants.

La solution sucrée a été placée dans des matras d'essayeur, puis on y a ajouté la levure délayée.

Les quatre mélanges oot été soumis pendant 30 heures à une température variant entre 27 et 32 degrés (du 1«' septembre à 10 h. du matin au 2 septembre à 5 h. du :soir).

La fermentation s'est rapidement établie dans le n« 1 ; au bout de deux heures, il y avait dégagement d'acide carbonique qui cessait 20 heures après.

Sam le a* %, le^égageMMi à'Mà% €arbMif«t{ii tt&tîlBtka M boitte 6 heares «i se it très^èw ltim t*

Mm te ii« s, q«oî(pi^1 y ait ^tt qtiéhines buttes de gat, te termen- Ution ne s'y est jfas établie*

Le n<» 4 n'a rien fourni.

éptés tt bmvSv te n* t % tté nlfitfMiné de BD tMlUmètras cttbei d^Etii n te fulMtulirtM % fiirû MMûflvesost, nSs irts*M» biement et au bout de 5 heures, la liqueur essay é e l^r^te potase f^ le sous-nitrate de bismuth ne fournit aucune réaction ; ii n'y a?ait plus de sucre.

Le n« 2 fut traité comme le n« 1 (addition de 50 centimètres cubes d'esu)» te «enmateliM ^ «eeeraMMê iMte Mbtemm et n^ pn duré plus de trois heures.

Cependant la liqueur essayée au réactif précédent indiquait la présence de sucré non réduit

Les n** 5 et 4 n'ont pis léraMnCé, lHis<0R«MteflHft«tt «neretft de la leYure ; Faction de cette dernière semble donc paralysée, sinon anéantie complètement par Taction de l'alcool à 14 degrés correspondant &25 p. 100 d'alcool en volume.

C^ donc bteu te âitAfe de t5 p. tOO <}d indique la dose nécessaire d'alcool à ^jouter dans une masse f^tnentesâMe pow iieMt^ User l'eau de fermentation renfermée dans cette masse.

MM. Maurice Perrin, LaUemand et Dsrty (1) ^écteraH qwM «lui* mes d'alcool à 28 degrés rersés dans GOgramies et sHig a« «MUr de te Teine déterminent immédiatement la formation d'un coa-

glltMl.

La même expérience faite avec de l'akool à 21 degrés ne produit qu'une coagulation légère et arec de l'alcool à 16 degrés, il ne se f oitte ^pta» «e eoateAeMi^.

a)LDo

IM OtÊOfÉBiL. ItT

M. HunaiiA <1) nfiail toi «éMei «x^Meoees cH lAcltre et «on côté qu6 la caagaiatioQeet ^'afllairt 9I11S ra|>i4e 6l fmtftiit flM ptr^ faite que l'alcool employé est plus concentré.

féiikit^^itsarerii les lutaec phénomènes, te produiraient dans Torganisme Tivant, ces haMes eipérimentaleurs injectèrent dans les veines les mômes liquides que ceux employés dans rexpérieœe précédente et ils déclarent avoir obtenu des résultats identiques. Je voudrais vous citer tous les auteurs qui ont proclamé la propriété que Vàlcool possède de faire baisser la température du corps.

Momuà taM^ Biager «t WiHtam Rictiards «a Aflglelerre, TsdiescbinhÉi «Q ftassie, les fhy s is l s g iiles tlleaMo4fl ^ français ftil «e sont occupés de ces intéressantes questions sont ions affirmaUfii t ce sujet, mais le programme que je ,me suis tracé ne comporte pas tons ces détails et je ne saurais réellement mieux faire que de vous renvoyer à leurs ouvrages, si malgré ce que je vous en dis U vous reste quelque doute à ce sujet.

Mais les travaux de Godefrin, de Regnard, de A. Legros, de thfvaud, etc., etc. viennent tous les jours appuyer par de nouvelles études la courageuse lutte que MH. Perrin, Laliemand et Doroy soutiennent depuis longtemps contre les idées de Liêbig, dont la théorie vient d'être encore battue en brèche par les derniers travaux de H. Dumas {2).

L Vttol à te dote 4e^«if&fi. IM iie«lr«(ise feav de fèrmeatation en contact avec lui.

4etleMtt«Kt libre dans les orgarâsmes fS) tfUe ne feit pas encore pafifie «eiiBlituaste des liquides organisés qui entrent dans la stmetnce 4es corps fmnts, sans quoi effle aurait d^& été fermentèe€it ne serait plus sosoepllble de fétre. C'est surtout quand il s''agit de

(1) Di Vàleool^ A Marvaud, Paris, 187S.

'%) CkmpI» rendu de rAoadémie dei e wea c ei, iSVi.

138 LE CHOUbUL.

fermentatiOD qu'on peat dire» non kis in idem. En effet, une diose fennentée n'est plus qu'une partie d'une masse fermentescible.

L'alcool arrête les fermentations, partant, coupe court aux sources de la chaleur animale, et si sou action est prolongée, l'appauvrissement général commence ; c'est l'alcoolisme.

Si j'accepte les mêmes conclusions que mes savants prédécesseurs, je ne partage pas complètement leur opinion sur le mode d*action de l'alcool dans Torganisme, et l'usage que je fais de cet agent en thérapeutique, ce que je vous en ai déjà dit en plusieurs circonstances me fait un devoir de revenir sur ces différentes propositions, tout en ne m'écartant pas cependant de la thèse que je déve» loppe devant vous.

L'alcool, dit B. Smith, (I) augmente la force du cœur, fait affluer le sang vers les parties périphériques; d'où une déperdition du calorique plus considérable à la surface, coïncidant, du reste, avec une sensation de chaleur plus intense, la peau étant en réalité plus chaude.

Ce que dit le savant physiologiste anglais est absolument vrai quant à l'action de Talcool pris à petites doses, mais il oublie de dire ce que les expériences du docteur Regnard, relatées par le docteur Godefrin nous apprennent, et ce qui est aussi absolument vrai, c'est que la température augmentant à la peau, elle baisse rapidement à l'intérieur du corps, et cela quelques minutes après la première dose d'alcool.

Plus tard, le refroidissement général se produit à mesure que les quantités d'alcool sont plus considérables (2) et il ne vous sera pas difficile de comprendre comment se produit VahooUsmê quand je vous aurai dit comment l'alcool agit dans l'organisme.

(i) M tkt «MiUeo-càtrwfJotl tmmimoiim, iSM.

(8) Godafirin, thte inugmle, obMnrmtkwi da dootMr Biler, p«g»41.

LE CHOLéRà. ^139

H. Godefrin déclare que la première 'phase des phénomènes produits par l'alcool est dne à une action spéciale de Tagent sur les centres nerveux où ils provoquent une véritable hypérestésie*

Il est évident que l'on ne saurait nier la période d'excitation physique et morale qui est fort souvent le résultat bien connu des premières libations de boissons alcooliques*

Mais ces phénomènes sont loin d'être identiques chez tous les individus; cbex les uns, en effet, on constate une grande excitation et une grande gaieté ; mais chez combien d'autres ne remarque-t-oo pas .l'affaissement générai comme résultat de cette influence de l'alcool.

n est certain que ces différences tiennent surtout au tempérament des individus soumis à l'observation ; mais pour moi l'accélération momentanée constatée dans la circulation capillaire et l'éléva* tion de la température de la peau, sont dues à la diminution subite du volume qui se produit dans la masse des liquides de Torganisme lors de Tintroduction [dans le torrent ^^circulatoire d'une dose quelconque d'alcool.

Qu'on se souvienne de cette simple expérience de cabinet qui consiste à mêler deux volumes connus d'eau et d'alcool; le troisième volume obtenu est moindre que celui indiqué par l'addition des deux premiers; il y a d'autre part une grande déperdition du calorique latent, par conséquent élévation de la température des corps ambiants et par contre, abaissement de la température du mélange.

C'est, vous le voyez, la reproduction expérimentale des études de *BL le docteur Regnard et la répétition du phénomène produit par les petites saignées déplétives qui font remonter le pouls des personnes

même les plus faibles.

On professe'que l'alcool est un aliment d*épargne ; je me refuse à le considérer comme tel : c'est un agent d'épargne et en même temps un agent d'appauvrissement; il est antidéperditeur, mais il est aussi antinourricier.

140 ui caoLtMk.

BaeflM» h m reamaatl que Vakool arrête ta désasduriltUtns, ptr les méxatè lois, il doit oiopécher les astiiiiitetioiM.

le m'explique : M. Perrin et ses sayaots collaborateurs déclarent ftte idtts rioflneoee de l'alcool, Vâciôe caitonique diminae dans fnfintkm s Smith afflrme qtie icmn la même infltieace, rexcrétioa de Tarée est amoindrie dans tei tirfaes.

Mais faeide carbonique expiré et Parée excrétée rlenaent-ils donc ietileateot dei matières asées de rorgani^me?

onrboniqae tient tout autant des alimenli amylacéfl en ancrés transformés d'abord en glucose par la digestion^ et dédoublés ansoite par les ferments de l'organisme (probablement les globules du sang) que des produits de cette première fermentation qui ont senri à la constitution et ne lui sont plus utiles.

QoafH I l'orée, eOe me semble venir directement des aliaients axo- Ms, digérés eC fermentes ou dédoublés tout aatant que des tissus même de Torganisme.

Mes expériences perwnneDes me le proorent du reste; Palcool à petite dose loin d'empêcher les phénomènes de catalyse de se produire, les tedlitent doutant mieux qu'ingéré dans ces conditions, il a la propriété d'augmenter les sécrétions des sucs saliraires et gas- Mqœa et que, par ailleurs, son action se fait sentir exclusirement sur les pMDomènes de fermentation proprement dite ou de dédoublement. Si donc l'alcool met obstacle à la force qui dédouble les matières constitutiYes des tissus pour en faire de l'acide carbonique qui s'échappe et des matières usées qu'on élimine, il est évident que le même agent arrête le dédoublement des matières digérées qui doivent reconstituer Torganisme et par cela même; entraver, l'alimentatioii tout aussi bien qu'il arrête la déperdilion*

Quant à la cause du refroidissement résultant de i'ingeatioii d'une certaine quantité d'alcool, elle est toute indiquée, et ja sois d'aooord

141 CHO&iiU* {41

ici avec la plupart deg auteurs que j'ai cités, mais ^le découle 8ur- U)ut de ce que le vieas^ d'avoir yboooeur de tous dire*

Par suite de !a préï^ence de l*atcooI, il ne se fait plus ni désassi* milaHei) ni assimltatton, sources uniques de la chaleur animale.

La réaction en présence de Talcool ne se faisant pliia» U a*y a pat de calorique émis ; d'où, constation facile d'un abaissement de tempêniliiredaM lee nmtièfes en fermentation et mort de ranimai dans l'Mgtdltépar absenee de circulation.

La sénéraHté des médecins qui préconisent l'alcool comme moyen tMrapeutique, se sont bornés t utiliser cet agent dans la pneumonie : quekpies-iins ont étendu cette pratique à d'autres maladies plus générales, mais eu se plaçant à un autre point de rue que celui auquel nous nous posons; eu considérant, par exemple, l'alcool eiMBioe reconetituant en cas de pertes abondantes ches la femme.

La pratique chirurgicale a plus généralisé remploi de Talcool, et en fliit aujourd'hui un grand usage, soit comme topique résolutif, mAt pour combattre les accidenta inflammatoires consécutifisi aux grands, traumatismes.

En effet, l'emploi de ce médicament constitue le moyen le plus énergique à mon avis k employer contre les phénomènes dits d'in*

flammatioa cbei touales malades*

L'alcool n'a d'action absolue que dans ces cas, et si le succès couronne si souvent son emploi dans les maladies où se sont produites de grandes déperditions de sang, et à la suite desquelles les glo* bules blancs sont devenus les plus nombreux, c'est que les malades chlorotiques sont, entre tous, les plus susceptibles d'être atteints de maladies inflammatoires.

Telles sont, par exemple, les femmes qui ayant eu une grossesse plus ou moins pénible, viennent à éprouver pendant le travail de la parturition, de grandes pertes de sang, qui sont trop souvent sui* vies de phlébites, de péritonites, d'ovajrites, de métrites, etc.

142 LE CROLÉBi.

C'est dans ces cas si gôDéralement mortels que fai obtenu left heureax résultats cités en d'antres circonstances (1), grftce à remploi de Teau-de-vie anx doses de 800, 1000 et même 1500 grammes par jour, doses qui semblent énormes, si on ne fait pas attention à la grande quantité d'eau encore libre que renferme le corps de la femme en ces occasions.

L'alcool doit être employé toujours, an début de la maladie, quand le pouls et les symptômes indiquent un conmienceroent de fièTre.

Cet agent estun Yéritableantipblogistique, et agit aussi comme la diète sècbe, ayec cette différence toutefois, que la diète et les émis^ sions sanguines ne font guère autre chose que juguler l'inflamnKition» en lui enlevant des éléments fermentesciblesou en l'en privant, tandis que l'alcool coupe court à ce travail destructeur, en neutralisant l'eau libre nécessaire à son évolution, sans pour cela priver rêGOWH mie de ses éléments déjà acquis.

Ceci m*amène à déclarer quot selon moi, tonte inflammation n^est qu'une fermentation anormale en opposition avec les fermentations physiologiques dont l'ensemble constitue la vie végétative.

(i) De rtmploi d« Valoodl dant let miladiw pQtrpénOat. 6. Banet, 1879.

LOI DE L^EMPLOI DE L'AXiOOOX-

De cette manière de voir découle la loi fondamentale sur laquelle repose ma médication par l'alcool.

L'alcool doit être administré à la dose de 2D à 25 p. 100 au moins de la quantité d'eau libre estimée contenue dans Torgane malade, s'il s'agit de topiques ou si l'organe est d'un facile accès pour l'alcool, comme le poumon par exemple, qui est l'organe éliminateur de l'alcool en nature.

C'est à cette faculté des poumons, que l'on doit attribuer les succès de la potion dite de Tood et des doses de 150 à 200 grammes d'eau-de-irie employées généralement par les médecins dsms le traitement de la pneumonie.

Hais si l'on se trouve en présence d'une maladie généralisée comme certaines formes de la fièvre typhoïde dans lesquelles prédomine Télémeut inflammatoire, comme la fièvre puerpérale, l'infection purulente, etc., etc., ou que Ton combatte certaines inflammations locales comme la pleurésie, la péritonite, inflammations d'organes sur lesquels l'alcool ne se porte qu'à l'aide du torrent général de la circulation , les choses ne peuvent et ue doivent pas se passer comme il est dit plus haut.

C'est à' la masse même de l'eau libre du corps qu'il faut s'attaquer. Nos expériences démontrent qu'il est nécessaire d'employer une dose de 20 p. 100 d'alcool par rapport à l'eau libre pour empêcher ou arrêter la fermentation : c'est donc dans ces proportions

qu*il faut administrer cet ageot dans les maladies dont il vient d*étre question.

Ainsi Palcool abaisse la température du corps en empêchant les fermentations de se produire, qu'elles soient physiologiques ou pathologiques.

Eu présence de tous ces faits, des témoignages irrécusables des éminents physiologistes de tous les pays, ai-je tort d'accuser l'emploi de Talcool, tel qu'il est ordonné aujourd'hui en cas de choléra algide, comme étant une des causes les phis efficaces des ravages que fait le fléau, et ne suis-je pas autorisé à demander que Palcool soit à jamais banni de la thérapeutique de la période algjule da dioléraf

Nais autant l'alcool est nuisible dans la période de refimdîssement, à ce moment où l'organisme a besoin de fontes ses forces pour lutter contre le poison qui Ta intoxiqué et frappé d^itooie, autant cet agent me semble appelé à rendre de grands serriees dans la période de réaction.

Encore son emploi très-indiqué comme dans tcrates les iuflammatoirea, doit-il être très-limité, dans les cas, par exemple, analogues à celui qui a fait le sujet de l'obserratioa eontenue dane ce travail.

Quand les déperditions ont été trop grandes, il faut évidemment modérer l'inflammation qui sans cela pourrait enlever le nmlade, mais il ne faut pas oublier que Talcool débilite rapidement, et on ne saurait trop ménager son emploi.

C'est alors au vin qu'il faut s'adresser.

Je ne terminerai pas ce travail, sans attirer votre attention sur les différences considérables qui existent entre l'alcool et le via confondus si généralement dans la thérapeutique.

Ne vous y trompes pas, le vin renferme une foule' de matières étrangères et toniques, bien certainement capables de modifier Tao» tiou de Talcool dans Porganisme.

LE CHOLÉR/L. 145

En second lieu, les vios ne renferment guère que 10 à 15 p. 100 d'alcool, et vous savez que cette dose d'alcool n*a aucune action sur les fermentations qu'elles qu'elles soient; toutefois je conseille de le faire bouillir avant de Tadministrer» quand je veux qu'il soit simplement tonique.

Ne soyez donc plus étonnés des résultats brillants que l'on obtient par l'emploi des vins généreux comme toniques, et ne croyez pas en les utilisant, remplacer l'alcool dont le rôle est tout autre, comme j'espère vous l'avoir démontré.

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