BENCONTBÊ CHEZ LES CHOLÉRIQUES
Le parasite en question se rencontre en fibres de deux espèces, tissées, ayant à l'œil nu Taspect de flocons de mucosités généralement considérés comme n'étant que des masses de mucus coagulé et de débris i'épithélium,
A Taide d'un grossissement de sept à huit cent fois (Mie. Véricb, ocul. 3t obj. 7), il est facile, quand le champignon est développé de reconnaître ]a tr^e du riche mycélium (radicule], d'un oïdium enchevêtrant une grande quantité de cellules 8porifère3, véritable stigmate rempli de spores» de sporules et de sporidies : enfin des débris i^épUhélium.
On le trouve encore en filaments Isolés et disséminés dans les excréments. Le microscope fait découvrir eu outre des myriades de corpuscules sphéroïdaux de divers diamètres et à noyau central fortement réfringent ; la plus grande partie de ces corps sont, comme la culture nous a permis de le reconnaître, les sporules et sporidies de Voïdium dont nous venons de parler ; les autres appartiens nent à différents végétaux microscopiques dont nous aurons aussi à vous entretenir.
C'est le même cryptogame que M. Thomé a déx;rit sout le nom de q^îindrotcmium et qui n'est pas autre chose que le ferment eholé" tique de Pacini et le zoogUa de M. KIob.
Quant aux cellules, un grand nombre d'auteurs s'en sont occupé : MM. Brittan, Swayne etBudd les ont désignées sous les noms de corps annulaires^ choléra Cells^ choléra Pungi, confondant ainsi tous ces corps en une seule variété, de sorte que M. Busk, directeur de
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U Société des micrographes de Londres, ainsi qne M. Williams, les ont classées dans la triba des urUo, dont les œllnles après 8*étre gonflées par endosmose, émettraient les granules qu'elles renferment et constitueraient les flocons des selles rixiformes.
Ce sont enfin ces mêmes corps que Hallier a pris pour des wneroeoecus et qui ne seraient, d'après lui, que les spores ou semences de VIrocyïïtu oecuUa ou mMcidiné» du m, champignon que le savant allemand déclare être le générateur du choléra. Je dirai à cette occasion que ce nom de nUerocoecus me semble appliqué bien improprement à une foule de corpuscules sphêroldaux à noyau central réfringent et, c'est de la confusion qni résulte de cette dénomination généralisée à des corps qui se ressemblent, mais dont Fessence est dilG&rente, que naissent, à mon avis, toutes ces divergences d'opinion qui existent entre les auteurs sur la genèse des microphytes.
Ainsi voyons nous Hallier, en Allemagne, et M. Trécnl, en France» déclarer que, du PemUniHum, par la seule modification des milieux, peuvent dériver les microeoceus^ les Cryptoeoceus^ les Leptothris et même VOîUmn.
Hallier va plus loin ; nous l'avons vu faire sortir des mierococeus, VUroeystis occulta; avec des matières de cholériques dans lesquelles il a constaté le microeoeauy arrosant divers terrains variés, il voit encore surgir de ses semis, le Paucttttimi, le mucor et même le Til^ Mo, d'après la variété de terrains dans lequel ces cultures ont été flûtes.
Le micrographe berlinois en conclut que ces différentes formes de végétations proviennent d'une même source, mais que les germes seuls, modifiés par les milieux, ont produit des variétés de plantes diflérentes*
Il serait bien plus simple d'admettre ce que tout le monde sait : qu'un grand nombre de semences d'espèces variées étant semées en même temps dans un même terrain, ne germent qu'autant qu'elles ont trouvé, et seulement alors, des conditions propres à leur nature.
Ces erreurs viennent évidemment de ce que Tou ne s'entend pas sur la définition du micrococcus.
La forme sphéroidale et un noyau central réfringent, sont des caractères communs à la plupart des sporules de mycrophytes, quand elles sont encore en préparation végétative, c'est-à-dire, au moment où par endosmose, elles absorbent les matériaux nécessaires à la végétation de la plante dont elles renferment le germe. Ce n'est que plus tard que ces semences changent de forme dans ceux des végétaux qui ne sont pas munis de tnyceltum et qu'elles laissent percer celui-ci, ce qui les caractérise quand l'espèce en possède.
Toutes ces graines se développent aux dépens des sels de chaux que renferment les milieux où elles |se trouvent, et si elles y rencontrent des saccharolés, elles les absorbent en les dédoublant en acide carbonique qui se dégage, et en alcool qui reste.
Mais de cette action commune aux semences, de puiser les mêmes éléments nécessaires au premier développement du germe qu'elles contiennent, conclure à leur unité de souche, il y a loin.
J'ai de très-sérieuses raisons de croire, et mes études me l'ont indubitablement démontré, que ces différentes semences ne possèdent pas à intensité égale, la faculté fermentative dont nous parlons, et c'est même sur ces différences d'énergie fermentescible que sontbasées les variétés de levain utilisées par la boulangerie moderne,
Les semences du Pénicillium plongées dans une solution de glycose y produisent de l'alcool, la levure de genièvre qui n'est autre que le saecharomicei minor cerevisia en produit aussi et même en plus grande proportion : mais de là, à conclure à l'analogie absolue de ces semences avec le micrococcus eerevisiw ou levain de bière, c'est manquer à toutes les lois de l'observation et dénier les grandes lois naturelles communes aux êtres organisés végétaux et animaux.
Les semences, comme je l'ai déjà dit, subissent un premier acte vital qui est le même pour toutes, à l'intensité près ; c'est l'absorption des liquides et des matériaux nécessaires à la germination ; mais
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ce premier acte accompli* la plante apparaît avec aes caractères de famille d'abord , de variété ensuite , et il est dôs-lors possible et presque toujours facile de les différencier les unes des autres, de reconnaître et de définir les fonctions qui leur sont assignées dans le grand travail de la nature en transformation.
Ainsi, j'ai sous les yeux au moment où j'écris ces lignes, des sporulcs de PenieUUum gUmeitm recueillies sur un liège d'un de mes lia* cons de matières à Tétude. Ces sporules ont été prises au moment où elles commencent à germer : il y en a de plus ou moins avancéesi toutes ont conservé Taspect de microcooeiit, mais les uns laissent passer deux fils de mycélium très- visibles, s'écartant à angle aigu, au sommet duquel apparaît le germe. Jamais rien de pareil et à aucune époque de son développement, ne s'est vu pour le mieroeoceut cerevUis, (Je garde la pièce, que j*ai présentée à M. Pasteur.)
Le végétal qui a surtout attiré notre attention apparaît composé :
!« De cellules ou tubes sporifères, oblongs, à angles arrondis, non flexueux, droits, sans cloison la plupart du temps, véritables stigmates renfermant une quantité considérable de spores, de sporules et de sporidies, larges de 0"»,005 à 0»»,006, longs de 0»«n,003, 0«»,008 et môme deO«,10 suivant Tâge et le lieu de développement.
Plus tard, ces caractères se modifient, les cellules s'allongent et se cloisonnent à grande distance ; c'est surtout dans la culture que l'on rencontre ces nouvelles formes.
2o De sporules dyades en général, et de 0'»»,001 à 0»«,002.
Le tout, au milieu d'un véritable chevelu de tubes flexueux, ra» mifiés en fourhce et en angles obtus, anastomosés, vides, sans trace de granules, de diamètre uniforme, de 0™,002 àO»».0O3 ; c'est le mycélium ou radicule du cryptogame. (Voir laplanehe).
C'est ainsi que je l'ai rencontré quand il a vécu immergé dans une certaine quantité de liquide nourricier (1).
(1) L«f proportions du végétal ont été ampliSéet à detioin, et noni aToni cru ne devoir faire reproduire le cryptogame que dans «on jeune ftge, pour en mieux faire ressortir les caractères.
Il e3t à remarquer que si cxpôrimuatalemeat oo fait se reproduire ce champignon dans des liquides, antres que ceux où ils végètent naturellement et à une température convenable, il s'y développe lentement, ne présente que des formes plus maigres et ne tarde pas à mourir. Il m'a de plus été impossible, jusqu'à présent, de faire germer les spores nés dans ces plantations artificielles,
81 tout en le maintenant dans les liquides au sein desquels 11 s'est développé naturellement (déjections des cholériques), où ne renoti- ▼elle pas le liquide, le cryptogame ne tarde pas, grâce à sa nutrition rapide et à son prodigieux développement, k épuiser léfi matières nécessaires à sa reproduction et périt faute d'aliment.
J'ai en laboratoire un flacon renfermant une certaine quantité de matières alvines rendues par une femme cholérique; pendant huit à dix jours Voidium s'y est développé presque normalement, se précipitant au fond du vase sous forme de couches membraneuses et floconneuses au fur et à mesure qu'il vieillissait.
Mais je m'aperçus bientôt que les filaments devenaient de plus en plus grêles et dès le quinzième jour le cryptogame ne se reproduisait plus.
Aujourd'hui la partie liquide ne renferme plus en suspension que des ^Hbrions et au fond du flacon, il n'y a que des matières végétales décomposées et une grande quantité de mycélium qui a résisté.
Ce liquide a subi la loi des modification s des milieux, loi qui se manifeste à nous par l'apparition successive d'êtres, naissant au fur et à mesure que le milieu se transformant, leur offre les conditions nécessaires de leur développement.
Le vibrion ne peut vivre si la bactérie n'a pas modifié les milieux azotés dans lesquels se rencontrent ces parasites; le mierococcus aceii ne peut se développer dans les milieux carbures avant que ceux-ci niaient nourri le myeoderma et celui-ci n*apparait qu'après le mierococcus ceremsiw.
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G*esi la même loi ao snrplos sur laquelle sont fondées en agronomie les cultures lùensales. trîenoales, etc. et que nous aorons l'occasion de Tons développer qnand noos parlerons des différecls corps trouvés dans les matières des diolénqnes.
Le végétal» tel que nous venons de le décrire, né par segmentation des cellules an sein d*une masse liquide, vient-il à être privé du liquide dans lequel il vivait, et se troove-t-il, soit déposé sur les linges, les tapis, les objets de literie, les vêtements et les meubles, soit rejeté sur les berges limonen^s du égout ou d'un cours d'eau où il flotte.
Les filaments ou cellules ne tardent pas à se racornir, à dessécher et à mourir, laissant sur place une poussière très-menue composée de myriades de spores, de sporules et de s]
Ces semences renfermées dans leur tbèque ou sporange, enveloppe fort coriace^ ne se laissent attaquer que par des acides forts.
Pendant des semaines, des mois entiers même, elles demeurent exposées à Thumidité froide, à la sécheresse, aux hautes et basses températures, sans en être altérées, et forment comme je Fai dit, une poussière légère dont les grains de 0-^,001 sont enlevés par le vent le plus Diible et poussés dans les airs, où ils restent invisibles et d'où ils tomberont, soit entraînés par une pluie d'orage, soit sous un coup de vent, soit d après les lois de la pesanteur.
Mais si les linges et les autres vêtements maculés^ ont, comme cela arrive presque toujours, été renfermés humides dans des locaux où la température est asseï élevée, les sporules qui y ont été déposées ne tardent pas à germer.
C*est du reste, un Mt fort focile à vérifier, et f en ai souvent fait rexpérience.
On prend un morceau du linge ou du vêtement maculé et on rapplique humide ou sec sur un corps spongieux (un plAtre bien sec, par exemple).
On met celui-ci dans un vase, dans lequel on rerse de Teau chaude légèrement acidulée, jusqu'à la hauteur d'un centimètre de la surface supérieure^ sur laquelle reposent les objets à l'étude et on recouvre le tout d*une cloche. On a le soin de temps à autre de réchauffer Teau si on ne peut maintenir Tappareil au soleil ou près d'une source de chaleur continue.
Après un certain nombre d'heures, dix-huit en moyenne, avec une température de 24 à 30 degrés» on commence à s'apercevoir que les sporules se déforment et augmentent de volume.
Bientôt Tenveloppe extérieure du thèque éclate à une des extrémités de la sporule et laisse passer une petite cellule transparente; c'est la cellule renfermant les premières fibres du mycélium que Ton voit éiAierger en une ou deux branches qui s'allongent, donnent naissance à d'autres branches, et si celles-ci rencontrent assez d'aliments pour se développer, les radicules surgissent en mille réseaux et s'étendent rapidement dans toutes les directions, puis le spore parait au sommet de l'angle formé par les deux premières radicules mères, elle s'allonge, devient une cellule qui ne tarde pas à laisser voir dans son intérieur de nombreuses granulations qui ne sont autres que des sporidies.
Ce dernier phénomène se produit généralement trente-six, quarante et même quarante-huit heures après l'apparition de la cellule du mycélium.
Je pense que les choses ne se passent pas autrement (dans la nature.
Qu'un rayon de soleil vienne réchauffer le limon, où les poussières séjournent, que la température s'élève par une cause quelconque dans les endroits où sont rejetés les produits évacués par les malades, dans les lieux bas et couverts, dans les égouts et surtout à leur embouchure, ou que les mêmes poussières en suspension dans l'air soient introduites dans un estomac malade et acide, en un mot, que ces graines ou sporules rencontrent l'humidité, un
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adde ûiMe et de h dnlenr, immédiateoient elles eommenoent à geniier(f).
La rapidité do déreloppemeiiC de œ cirptogame n'a d'égale que rintenâté arec laquelle sa notritioo s'accomplit
Tootefois, tandis que la spornle est des plos résistaBteaox agesU destrocteors, le champignoa loi-méme ne résiste oi anx liquides fortemeot alcoolisés, ni anx alcaîios absorbants, ni à certains acides spéciaux même faibles et, en outre, sa lie semble d'asaei courte durée.
Mais son déreloppemeot rapide a pour conséquence s'il est ingéré à Tétat adulte, dans des milieux qui lui sont liiTOfabies, d'amener la modiOcatioo, je dirai presque iounédiate» de ces mêmes milieux.
Cet oîdbm de même que radium ëlkieams et les autres indÎTidus de sa tribu, se déTeloppe sur les matières organiques altérées.
Ghes les animaux vivants, il se propage sur les tissus des sujets ffiûblis, sur les membranes gastro-iotestinalesdes individus atteints de certaines affections du tube digestif, oonmie aussi cbei les personnes mal nourries, surmenées et mal logées, atteintes généralement de dyspepsie acide, et enGn au milieu d'aliments mal digérés et toujours acides conmie cela a lieu dans Tindigestion. En résumé, ces cryptogames se développent cbei les individus, où pour une cause quelconque l'alcalinité normale du liquide a fait place à l'acidité.
Cette acidité des milieux est la condition vitale des champignons de cet ordre, mais il est à remarquer que tout en étant icdispen*
(l) On a TU par exception, nn hrn» ligovrraz ne pas anèter les rarages d^nné épidémie de choléra ii Mœeoa et à Orcmboug. Ce fait Mihliaeil «b eoa* tnidietkm arec eeqne noos disons de la tampêntaie éknrée, aéeeoaîie an développement de roidînm des ekolén<]nes; m«îs qa^on TeoiOe bien renmrqiier qne c'est en Bnssie qne le fiùt a en lien, et personne n'ignore les liahttndes qne les habitants da Nord, ont de se callèntier «n hiver dans des habitations oà le tampéntaie est toigonis maintenne, même chei les panTres, à nn hant degré de dialenr. iLjoatons qne Ton onvre fbtt pen les isnes de ces maiwm, et reir eoafiné et knide qn'on y laqpira, ■• lait qn'itîontar anx cnnditions de dm* lenr povr k dévnlo^emettl des panâtes qni <t trouvent
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table pour leur déTeloppemeat, elle peut cependant n'être que très* légère ; celle de certaines pluies d'orage doit lui suffire.
De ce qui précède, il découle :
1» On trouve dans les déjections des cholériques, une ç^f taioe espèce de champignons dont les caractères sont ceux qui app^rUç9« nent aux cryptogames de la tribu des oïdiês,
2» Cet oïdium se rapproche de Ydidium alMçans dout U à^èî^ cependant par la présence d'un myeéUum.
3» Ce champignon se multiplie par segmeatationt quand U est submergé et se reproduit p^r germination quand il est dans des lieu^ simplement humides,
!• L'acidité des milieux est une condition absolue de sa végétation •
5» Il ne se développe, croit et fructifie qu'à une température de 30 degrés au moins.
6» le végétal et ses spores sont peu résistants et ont une exis* tence dp courte durée : ses sporules, au contraire très-résistantes, ne sont attaquables que par les acides forts et par le feu.
7» Les plantes accidentellement entraînées dans les eaux courantes y surnagent, et ne s'y développent pas. La plante est-elle privée d'eau, elle meurt; les spores mûrissent, leur enveloppe se sèche sur les sporules et le tout forme des poussières fort tenues qui résistent au temps et qui, étant enlevées par le y^pt« rptombei^t plus t9rd sur la terre (1).
B^ Le champignon adulte, dès qu'il trouve les conditions propres à son existence, se multiplie avec une très-grande rapidité.
La sporule, ep raison dp ses enveloppes coriaces et malgré les meilleures cpp^^tioDS g eqcpre besoin d'un temps relativement long pour germer.
(1}M. Pasteur ayant (mltivé des myoodermes dans son laboratoire, s*i^erçat non sans étonnement, que par la suite, toutes ses préparations renfe^rmaient des cryptogames dd oe^e espèœ, il fallut un nettoyage à fond pour se débarrasser des sporules qui s'étaient répandues partout.
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Les propriélés vénéneuses de cel oitfàmi, soni d'une acailé Téritableroent surprenante; il m'est arriTé bien des fois, d*ètre pris de nausées, quelques minutes apr^ aToir débouché «n flacoa renfermant des matières alvines à Tétude; rarement, et malgré toutes les précautions dont je croyais m*eutourer , j'ai échappé à leur influence.
J'ai presque toujours ressenti quelques accidents gastro-intestinauxt après ces recherches; cela arrivait principalement quand gavais dû élever, pendant quelques heures, la température des matières» opération d'autant plus nécessaire cependant, que c^est le seul moyen de bien isoler et recueillir dans de bonnes conditions sur le porte-objet du microscope, les objets à observer. Rn eSèt, entraînés par la vapeur» ils viennent s'y déposer entiers et intacts.
Gomment ce poison agit-il? Quel est son action sur roi^anisme?
Ce champignon agirait-il dans l'organisme à llnstar des cryptogames que les travaux de l'illustre M. Pasteur ont si bien mis en relief et que Ton trouve en grande abondance dans les d^ections des cholériques.
A-t-il sur les Uquldea de l'économie animale, l'action décomposante du microcoocus ciNvUim^ ce type des lénnents qui dédoublent le glucose.
Ou bien, agit-il comme le myaxhrma et le aitcrococeta acêti qui par leurs divisions lunniment petites» Iproduisent le phénomène de Toxydation des matières carburées au milieu desquelles ils vivent, de même que les divisions bronchiques permettent à Foxygène de rair de se combiner au sang des animaux?
Le choléra serait-il, en un mot, une fermentation ou une oxydation comme on pourrait peut-être le croire par suite de la présence de quelques spécimens de ces ferments dans les déjections?
La description des ;symplèmcs du choléra ne laisse rien entrevoir de pareil et ou ne saurait s'arrêter sur cette hypothèse.
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Le champignon agirait-il donc simplement sur les muqueuses, comme le champignon de la teigne Yachorion avec lequel son habitat sur l'homme et son mycélium lui donne une certaine analogie anatomique?
Se développerait-il sur les muqueuses comme Vaehorion se développe sur le cheveu qu'il étrangle, y implanterait-il ses suçoirs et y provoquerait-ii une irritation assez grande pour en détacher Vépiihelium que l'on retrouve en si grande quantité dans les déjections ; y amenerait-il cette phlogose qu'on voit à l'autopsie, et qui a eu pour résultat la congestion de la muqueuse et son hypersécrétion?
Gela peut être. Mais il resterait à trouver l'explication de la rapide succession des événements et des phénomènes nerveux qui caractérisent l'attaque de choléra.
Il faut chercher ailleurs la cause de la maladie et j'avoue que je ne la trouve pour le moment que dans les propriétés vénéneuses spéciales aux oïdium,
Lesmucédinées en général sont des poisons violents, Y oïdium arau' tiacum ou champignon du pain^ l'ergot des céréales, enfin Voïdium Micans sont trop connus de vous, ainsi que les mucédinées des matières azotées» qui sont aussi vénéneuses que les oronges et les agarics, pour que je m'y arrête plus longtemps. Vous savez que ces derniers cryptogames ingérés par l'organisme provoquent rapidement les convulsions, les vomissements, les diarrhées séreuses, le coma et la mort.
Cependant ce n'est que par l'étude comparative que nous allons faire de tous les proto-organismes que l'on rencontre dans les déjections des cholériques, que l'on peut espérer .éclairer la question si controversée du générateur du choléra.
î)anet.