‹ Des influences françaises au Canada (volume 2)Chapitre 12 sur 14 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Influence du Positivisme Français, Anglais et Américain, sur la Mentalité franco-canadienne.

Permettez-moi de compléter une pensée exprimée plus liaut, à «avoir :

Les positivistes de chez nous — car nous en avons — - doivent-ils être les continuateurs d’un mouvement qui nous viendrait par influence de la philosophie d’Emerson, ou de James, de MM. Bergson et Boutroux, ou du positivisme anglais, celui au milieu duquel nous vivons ?

Mais d’abord, je dois dire que, si j’ai fait un bien modeste tableau, incomplet d’ailleurs, de la pensée française, américaine et anglaise modernes, c’est que je voulais, d’abord, me demander avec vous, si nous avions, au XIXe siècle, subi l’empire de ces diverses philosophies, puisqu’il est admis que ce sont surtout celles qui peuvent exercer de l’ascendant sur notre esprit au bénéfice ou au désavantage des influences françaises au Canada.

Et, d’un autre côté, en me rappelant le problème posé par M. André Siegfried, nous essayons de trouver, — advenant que le Canada français reste colonie de l’Angleterre, qu’il devienne

indépendant, ou qu'il subisse de gré ou de force l’annexion aux Etats-Unis — s’il pourra continuer librement de subir l’influence française au point de vue de la langue et par là même garder son caractère intrinsèque.

jll est évident que, par un immense concours de circonstances, nous n’avons pas subi l’influence des philosophes français]- pour la plus grande majorité de la jeunesse franco-canadienne, du moins.

D’abord, pour des raisons, que j’appellerais des raisons de contact, d’ambiance, nécessaires à ces sortes d’influences; et puis, par suite de notre formation intellectuelle; enfin, pour des raisons de milieu, diffèrent à tant de points de vue.

Pour subir ces influences philosophiques, il nous aurait fallu des philosophes imbus des doctrines françaises qui nous les eussent expliquées, commentées, mises en application, ce qui n’aurait présenté aucun résultat pratique, eu égard à notre situation géographique, à nos aspirations futures, ou à notre condition morale, et à l’orientation que prit notre esprit toujours en éveil depuis la cession du pays à l’Angleterre.

Notre éducation ne s’y est pas prêtée : ceci est vrai.

Il existe bien quelques intelligences avides de science qui, dans un but d’information ou de curiosité, se renseignent, incomplètement d’ailleurs,

sur la pensée française, mais le temps leur manquant, elles se rendent bien vite compte qu’elles ne sont pas dans un milieu où elles pourraient avantageusement se livrer à des spéculations abstraites. Elles se contentent donc de parcourir hâtivement le mouvement des idées générales en France; puis, extasiées, plutôt éblouies, elles passent outre, sans avoir mûrement approfondi, sans tirer de conclusions pratiques, n’en pouvant faire aucune application dans les actes de la vie.

Les Canadiens ont ireçu, en ce pays, l’éducation traditionnelle de leurs ancêtres, ils l’ont continuée: ils ont gardé leur sol, leur langue et leur religion. Ils sont heureux et satisfaits. Les problèmes abstraits et les spéculations des philosophies ne les tourmentent pas outre mesure : ils s’en trouvent bien et le proclament quelquefois.

Je m’abstiens de faire ici des commentaires, inutiles en raison du but de ce livre, me réservant l’occasion de montrer le rôle immense joué par le clergé, au début de la colonie, lorsqu’il s’est agi de la conservation de la langue française au Canada.

Les Franco-Canadiens n’ont donc pas subi l’influence ni des anciens, ni des philosophes modernes français : ils se sont contentés de conserver le culte aux lettres françaises dans tout ce qu’elles ont de noble et d’immortel ; c’est ce qui

d’ailleurs, nous importe, par dessus tout, en raison, je l’ai dit, du but de cet ouvrage.

Admirant cependant de très loin les philosophes français, les Franco-Canadiens se sont intéressés au mouvement de la pensée française, généreuse et forte, je veux dire, à son influence sur les 'événements du siècle, et ils ont pu voir que, si les croyances se sont entrechoquées en France, depuis des siècles, elle est la première à en admettre la grandeur dans leur disparité.

Quant au positivisme américain, je ne suis pas prêt à dire qu’il ne nous ait pas surpris autant qu’étonnés et influencés.

Un peuple dont la civilisation, en deux cents ans à peine, atteint à l’apogée de sa puissance, égalant les plus vieilles nations de l’Europe, a bien le droit de porter son ambition jusqu’à vouloir autour de lui le rayonnement de sa force et de ses qualités natives.

De loin ou de près, puisque nous les fréquentons, nous voyons s’élever l’orgueil de leurs cités, la magnificence de leurs industries et de leurs entreprises.

Nous en sommes éblouis et nous ambitionnons secrètement, quelquefois avec jalousie, le génie de conquête qui les domine et fait d’eux les rois de l’or, mais qui nous refuse à nous ces mêmes dons si précieux. Que voulez-vous, c’est à notre origine latine que nous devons de n’être pas des esprits positifs, ..

Cependant, un grand nombre d’entre noirs, aveuglés par la puissance de l’argent, par l’ambition de dominer par le métal, ce maître du monde, puisqu’ils ne peuvent régner par l’intelligence, partent à la conquête du Veau d’or et vont apprendre aux vraies sources les moyens de satisfaire cette soif de conquérir, de s’accaparer, en même temps qu’ils abdiquent tous leurs droits à leur origine française et, par conséquent, à leur langue.

Voilà le danger : vous le connaissez depuis longtemps. Pour ce qui regarde l’influence anglaise, je dois dire qu’elle est incontestable.

Vous connaissez l’histoire de notre politique. Nous avons tous à la mémoire deux des dates historiques qui nous ont donné nos libertés et .notre autonomie : 1840 et 1867. Je n’ai nul besoin de vous rappeler ce qui se passa à ces deux époques, puisque ce serait mettre devant vos yeux des faits que vous connaissez depuis longtemps sur les luttes sanglantes soutenues héroïquement pour la conservation de nos droits.

Du jour où la langue française n’était plus reconnue au Canada, il s’engagea un combat sans merci entre les deux races, Et en raison de l’augmentation constante de la race anglosaxonne, il en résulta que nous devions en sortir vaincus.

Tous les efforts du conquérant tendaient effectivement à faire pénétrer chez nous, et par

tous les moyens, son esprit de domination, ses mœurs, ses coutumes, sa langue, son langage surtout, ce qui devait avoir comme résultat de nous fusionner, de nous englober, de nous faire disparaître comme race. De là aussi les efforts collectifs à nous faire subir des influences anglosaxonnes, à amoindrir le prestige de nos traditions, afin que tout du passé français disparût à jamais du continent. Si nous n’avons pas été domptés, la ténacité anglo-saxonne a eu, quand même, une répercussion sur un grand nombre d’esprits faibles et indécis.

Et jusqu’à notre époque même, cette politique d’assimilation à eu ses résultats. Nous sentons les effets tous les jours de l’empirisme anglais, et nous en subirons plus encore l’énorme pression dans l’avenir.

La fusion des races anglo-saxonnes et francocanadiennes nous vient, sans aucun doute, de l’introduction chez nous du positivisme anglais où l’on voyait déjà, peu après la cession, des germes de cet impérialisme moderne qui travaille sans relâche à l’extension sans limite de l’empire britannique, à un empire toujours plus grand et plus prospère. De cet. effort naquit l’impérialisme.

Qu’il me soit permis de revenir à cette question que je me posais, selon la pensée de M. André Siegfried, à savoir, quelle position nous garderons, nous Franco-Canadiens, si nous res-

tons colonie de l’Angleterre, indépendants ou annexés par les Etats-Unis.

A n’en pas douter, l’influence du positivisme dont j’ai essayé de tracer le rôle en Amérique, nous fera lentement, mais sûrement perdre l’usage de notre langue, si nous n’y prenons garde. Il lui appartient encore de fusionner dans une seule langue, la langue anglaise, tous les idiomes étrangers qu’il noie, qu'il corrompt, qu’il détruit. Le cosmopolitisme se confondra. Les diverses races européennes qui se déversent en Amérique, apprennent nécessairement l’anglais, leurs enfants oublient la langue courante avant même que de s’américaniser. Seulement, et même chez nous, les cosmopolites apprennent-ils le français ? Peu ou prou. Et, précisément, parce qu’il ne serait pas pratique, dans le contact journalier, de négliger l’une pour l’autre.

Donc, si nous perdons l’usage de la langue française, s’il nous est donné à nous de la voir disparaître du continent, après ce cataclysme, faudrait-il essayer de répandre l’influence française au Canada ? A quoi bon ?

L’Angleterre nous domine, elle nous dominera longtemps, sinon toujours. Si, en raison de notre ténacité, de notre attachement au passé, elle a moins de prise sur nos idées, son empirisme contrôle et régit nos mouvements et nos actes journaliers.

Quant aux Etats-Unis, ils sont éblouis de leur audace et de leur force.

Ils veulent que leur influence s’impose, inévitablement et définitivement pour l'avenir. Y réussiront-ils ? C’est néanmoins par ce côté ■attrayant qu’ils atteignent un grand nombre des nôtres. Nous devons donc nous mettre en garde.

Car cette façon de vouloir tout ramener aux formules rigoureuses d’un positivisme à outrance, de vouloir tout faire découler de la science, même les choses de l’art, d’appliquer sans merci une sorte d’empirisme aux idées comme aux actes, serait pour nous, Franco-Canadiens, un moven d’affaiblissement de nos énergies natives, et, si je peux dire, un moyen “ d'internationaliser ” toutes les formes de notre existence sous l’égide du cosmopolitisme.

Un peuple qui oublie ses origines pour subir l’ambiance des races étrangères, au milieu desquelles il vit, n’est pas loin de s’assimiler et de perdre son caractère national.

Le Français, pour se sauvegarder de l’envahissement cosmopolite, a son patriotisme, l’idée de patrie -qui domine tout.

“ Ce qu’ils honorent dans la France, — je parle des jeunes français, — c’est sa mission civilisatrice et, pour -elle, en elle, ils se dévouent à un idéal dont elle est l’image charmante et la bonne ouvrière. Ils sentent la continuité d'une

destinée nationale qni résiste à toutes les forces de la décadence et demeure malgré tout, fidèle à une tradition qui n’est que la réalisation de son génie.” *

Mais pouvons-nous prétendre que nous ayions réellement une patrie, nous, des déracinés ?

Colonie de l’Angleterre, français d’origine, envahis chaque jour davantage, pouvons-nous invoquer l’idée d’un patriotisme véritable, si ce n’est le souvenir de cette France lointaine à qui nous n’appartenons que de cœur ?

Indépendants, - — ce qui est une utopie, — nous risquons moins de perdre notre personnalité, mais nous avons tout lieu de craindre l’influence intérieure, je veux parler de cette lutte constante entre les deux éléments anglo-saxon et français pour la prédominence et la souveraineté, dont nous serions probablement les vaincus d’avance. Annexés par les Etats-Unis, nous subissons l’envahissement fatal de l’américanisme, de ce positivisme dont je parlais tout à l’heure, et ce serait là, en raison de notre mentalité, le plus grave danger pour la sécurité de notre race.

En résumé, le grand travail de la nation canadienne-française est dans cette lutte consL tante, f ormidable, contre les f orces étrangères et dans l’application du principe de ne jamais

* M- Gabriçl Hanotaux,

mentir à ses origines, dans l’idée de poursuivre sans relâche le but qu’elle doit atteindre, profondément imbue des exemples du passé. Je me souviens d’une pensée de M. Jean Thouvenain quand il dit : “ Nous avons deux langues maternelles: le latin et le français. Nous sommes condamnés à porter la pensée au plus haut degré possible d’ordre et d’harmonie. Ce fut là notre œuvre, à nous, fils des Romains. Une de nos plus nobles fonctions, à nous Français, c’est de garder l’héritage des latins.”

Et j’ajoute: Nous sommes aussi, Franco-Canadiens, des fils de Latins. Et 'notre plus noble fonction, c’est de garder l’héritage des Français en Amérique. Ce dogmatisme existait déjà, mais je le voudrais précurseur d’une influence nouvelle sur le présent, ce qui serait la plus belle lutte en faveur de l’autonomie de notre pensée qui doit rester française chez nous; enfin, je le voudrais travaillant a:u réveil d’une nouvelle énergie avec toutes ses lumineuses promesses.

Ne cherchons donc les causes de la conservation de la race franco-canadienne que dans cette obstination — que je dirai systématique — à rester attachés au passé, à nos origines.

Et, comme je le disais au début, des raisons de dignité de la nation, du culte aux traditions, du prestige de son nom d’origine, de son instinct de conservation, de tout cela, sôrtit jadis une race vigoureuse et forte. Elle s’enracina dans le

sol à l'exemple de ces plantes parasites qui, transplantées de l'Orient à -F Occident de la terre, s'y refont quelquefois un plus beau feuillage et de plus jolies fleurs. Elle aimera la terre, elle s’y incorporera en quelque sorte, elle créera la famille.

Dès que le sang gaulois eut enrichi notre sol, la fécondité y germa. L’idée française poussa dans la terre canadienne, car elle avait été empruntée an cœur même de la France : le peuple franco-canadien devait survivre.

Je dois louer M. Edouard Montpetit d'avoir évoqué en plein Paris ce tableau touchant des “ Survivances françaises au Canada.” Il nous a dépeints comme des énergies; il a montré l’éloquence de notre histoire, la richesse de la terre, les ressources des gisements, l’immensité de nos forêts, de telle manière, qu’en un cri unanime, Paris s’écriait: Ce Canada français est une merveille.

Merveille, parce que sa persistance stupéfie; merveille, parce que l’on peut se dire qu’une idée sortie d’un cerveau français n’est jamais stérile, ni ne sait rester longtemps d’ordre spéculatif : elle prend forme immédiatement sous l’empire de sa volonté tenace.

Les premiers colons donnèrent raison à cette pensée en semant autour d’eux, dans les guérêts de ce pays d’adoption, la divine semence de la Gaule antique.

Merveille, ce Canada, parce que d’une souche est sorti un arbre aux nombreuses ramifications que nul vent n’a pu rompre, ni abattre.

Un écrivain américain, John Fiske, prétendit un jour que la langue de Shakespeare serait la langue de l’humanité: il me paraît pousser un peu loin le pan -américanisme.

Le développement de l’âme américaine est un fait certain ; l’œuvre de la race anglaise en Amérique devra peut-être aussi amener des conflits d’idées, de tendances et de traditions, de hauts intérêts matériels qui ne seront peut-être pas, dans l’avenir, à son avantage, et qui diminueront son prestige, pour quelque temps, tout en lui conservant néanmoins sa prépondérance et sa domination.

Mais ce danger de l’américanisme et même de l’amphictyonie continentale, c’est-à-dire, les deux Amériques annexées par les Etats-Unis, serait, certes, une raison à la diminution de la race canadienne-française qui tient ses origines de si loin et qui, cependant, répond à cette menace d’envahissement par une augmentation sans cesse renouvelée de sa progéniture et par son esprit de conservation du passé.

Ce n’est pas tout. Incontestablement, nous appartenons de près aux pays latins, je l’ai dit. Mais il faut se souvenir qu’en ces derniers temps la décrépitude paraissait devoir être l’apanage

de ces pays latins et de la France pour des raisons que j’ai expliquées plus haut.

L’Europe entière et même F Amérique avaient jeté cette oracle par le monde. Or, — je le dis en passant, — de loin, ne devions-nous pas subir, nous, Franco-Canadiens, le même sort, et plus rapidement en raison de notre éloignement et de la diminution de toute influence française ?

Un jour cependant, les choses et les opinions changèrent. C’est que le réveil de la France moderne venait de naître du coup d’Agadir organisé par l’empereur d’Allemagne lui-même. Nous savons quelle attitude prit alors la France, blessée dans son orgueil national. On vit ce phénomène grandiose de la révélation de forces secrètes et insoupçonnées jusqu’alors. Ceci se passait en 1911.

Le réveil français ! Que n’a-t-on pas écrit sur le réveil de la France ?

Y a-t-il réellement un esprit nouveau qui se manifeste en France depuis quelques années ? Certes, je le dis sans hésiter, ayant déjà touché ce sujet plus haut, le peuple français a senti se réveiller brusquement, la conscience de ses devoirs et de ses destinées comme nation. Il 1 a, d’ailleurs, plus manifestement prouvé en 1914, lors de la déclaration de la guerre.

Il coule un sang nouveau dans les veines de la jeunesse contemporaine. M. Lichtenberger

nous P expliquait dans un livre magistral et significatif.

Un autre écrivain, M. Chartes-Louis Philippe disait : “ Il faut que 1e Français ait une vision de la vie naturelle, qu'il ait de la force, de la rage même, — à l’heure présente. — Le temps de la douceur et du dilettantisme est passé.” Cet écrivain pressentait déjà tes événements tragiques de la guerre actuelle. Mais ce n’était pas tout.

Il se passa ceci que 1e coup d’Agadir avait fortement ému Berlin, et tes journaux d’outre* Ilhin restaient stupéfaits de constater comment la France que l’on disait dégénérée avait osé braver la morgue et l’orgueil teutons.

On aurait pourtant dû savoir que la France humiliée avait au cœur une date mémorable, celle de 1905, où l’empereur Guillaume II avait forcé M. Dtelcassé à quitter 1e quai d’Orsay.

File avait subi cet affront en raison de la désorganisation de son armée et de sa marine.

Et de toute part, on criait à une chute prochaine. Les dissentions intestines, du sud au nord de la France, devaient porter le dernier coup: le peuple en était convaincu.

Mais force fut bien de changer d’idée.

Le coup de 1911 remua la torpeur des esprits depuis longtemps ankylosés. La politique avait insensibilisé tes volontés, et on s’en était aperçu. Le peuple français allait se réveiller, mais

cette fois, ce serait, sans distinction de castes et de (partis, l’appel vigoureux au sentiment patriotique: la nation devait reprendre conscience d’elle-même et, d’un coup, embrasser les dangers de l’avenir.

Et savez-vous à qui la France dut ce réveil soudain dont elle fut surprise elle-même ? A la jeunesse studieuse, à la jeunesse intellectuelle. C’est elle qui, désormais, représentera les vues idéologiques du peuple qu’elle se fait fort de défendre contre l’abâtardissement de son énergie' et de ses facultés.

Elle indiquera à la nation comment is’est émoussée, depuis des années, son activité et lui montrera qu’elle est une force irrésistible dont la direction a été faussée par les basses coteries de la politique, ou par des intérêts personnels de la part de groupes qui la dirigeaient et l’avaient poussée à une anarchie intellectuelle, morale et sociale.

Cette jeunesse allait sauver d’une catastrophe certaine, et comme ayant fait fausse route, une génération démoralisée, victime d’un positivisme systématique dont les sèches théories avaient complètement arraché du cœur de la nation toute volonté et surtout, tout sentiment national, tout patriotisme, et qui avait fait triompher le pessimisme dans toute son horreur et son désenchantement,

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