PREFACE XV
occupation purement Uttéraire, u}ie simple virtuositéy une écriture artiste, il se peut; mais nous n'en avons pas moins acquis^ grâce aux efforts de toute la génération nouvelle, un instrument nécessaire qui va nous permettre désormais, retournant au passé ^ de traduire, avec les mots qdvil faut, lliumble et forte poésie du terroir, la volonté créatrice que manifeste la nature ^ à peine domptée ^ où Chateaubriand promenait naguère son rêve immortel.
Ainsi donc, si nos jeunes poètes ont donné dans le mouvement poétique français contcmporain^ il ne sied pas de leur en faire un reproche qui équivaille à un blâme. Ils en avaient^ entre autres, une excellente raison: apprendre le français. Eh oui! Quelque talent que Von ait, enclore convient-il de savoir s'exprimer. Tel penseur profoml, quoiqu'il conçoive à peu près clairement, peut être un piètre écrivain. Il en est. Est-il bien sûr, d'ailleurs, que nos poètes se soient tellement éloignés de leurs origines en voulant exprimer, dans leurs œuvres, une pensée humanisée, des idées générales, des modes universelles? X' est-ce pas le propre de l'esprit français que de s'être ainsi répandu, et d'avoir tenté, avant tout, d'exprimer des sentiments susceptibles d'intéresser l'homme et de l'éclairer sur son propre cœur? Et lorsque les littérateurs français croient se régérer au contact des littératures exotiques, ou lorsque, comme Chénier, puis Leconte de Lisle, puis de Hérédia, ils font