‹ Des Injections de Formol dans le Traitement des Suppurations LacrymalesChapitre 20 sur 21 · CEST LT · texte numérisé non relu

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La malade ne se plaint nullement du nez, mais présente une rhinite avec forte odeur ozéneuse.

Pas de déviation du nez, pas de traces de traumatisme sur celte région. ,

Séance tenante nous pratiquons dans la région du sac lacrymal une profonde ponetion au bislouri par laquelle il s'écoule un flot de pus légèrement jaunâtre, bien lié, sans grumeaux et mêlé vers la fin de quelques stries de sang. Lavages avec une solution d’aldéhyde formique, pansement compressif à l'iodoforme en ayant soin de maintenir ouvertes les lèvres de la plaie par un morceau de gaze faisant fonction de drain.

Tous ces phénomènes inflammatoires violents disparaissent promplement et quelques cathétérismes suivis surtout d'injections au formol améliorent rapidement la malade qui disparaît en peu de jours de la clinique.

A la fin du mois de décembre dernier, nous avons l’occasion de voir la sœur de la malade qui nous affirme qu? non seulement Léontine T... ne pleure plus, est complètement guérie de son œil, mais que ses violents maux de lête ont disparu avec son affection oculaire et ne se sont plus montrés depuis cette

époque.

OgsERvaTION XIV

Mme X..., âgée de 34 ans, sans profession, se présente, au mois de février 1894, à la clinique ophtalmologique du D Lagrange. Elle vient pour une affection des voies lacrymales dont le début remonte à 7 à 8 ans environ.

Rien à noter dans ses antécédents héréditaires.

Antécédents personnels. — La malade a eu la variole dans sa

ES Xe SRE

Jeunesse, maladie qui ne s’accompagna d'aucun trouble du côté de l’appareil de la vision. Sa preinière grossesse, à l’âge de 95 ans, fut suivie d’une péritonite très grave, puis de céphalalgies violentes et rebelles, à la suite desquelles la malade perdit tous ses cheveux.

Nous ne trouvons aucun signe de rhumatisme ou de syphilis, et la malade en dehors des maladies dont nous venons de parler a loujours joui d’une santé florissante.

L'affection lacrymale a débuté par un larmoiement à l'œil droit ; ce larmoiement, d’abord intermittent, s’exagérait sous l'influence de la poussière, du vent, du froid ou même à la suite d’un travail de près assidu. Jusqu'ici la malade n'éprouvait de cet état ni fatigue, ni gêne bien grande, et jamais son œil droit n'a présenté la moindre inflammation.

Quelque temps après le début de ces phénomènes, la malade nous raconte qu'il se formait dans la région du sac lacrymal une petite tumeur très molle que la moindre pression du doigt faisait se vider dans la fosse nasale correspondante, qui laissait alors ‘ écouler quelques goultes d'un muco-pus blanchâtre.

Il y a deux ans Mme X... constata que la lumeur devenait de plus en plus dure et se vidait plus difficilement, jusqu’à ce qu'un jour la pression digilale n’amena plus son évacualion. Durant cette assez longue période, la malade constata l'écoulement continuel des larmes sur la joue en même temps que l’œilet les paupières élaient le siège d'inflammations répétées. De plus, tous les matins, elle se réveillait avec les paupières agglutinées. Sécheresse de la narine correspondante et prédisposition très marquée aux COoryzas.

Devant la persistance de cet état, elle se décide à venir demander des soins. A l'examen, on constate au niveau du sac lacrymal une petite tumeur arrondie, très dure, que la pression ne parvient

pas à faire disparaître. Rien à signaler du côté de la peau qui

De recouvre la tumeur ou des régions voisines, nous n'y trouvons pas le moindre veslige inflammatoire et jamais, du reste, la malade n’a constaté à ce niveau soit la présence d’abcès, soit ja venue d'accidents phlegmoneux. L'œil larmoyant, brillant, est atteint de conjonctivite et la partie interne de la paupière inférieure est légèrement rouge, excoriée à la suite des frollements nécessités par l’épiphora.

L'acuité visuelle est normale; pas de vice de réfraction ; à signaler, toutefois, un léger aplatissement de la racine du nez; pas d'affection des fosses nasales.

Après lavage antiseptique de la région, nous pratiquons séance tenante une étroite ponction par laquelle nous pouvons recueillir quelques goutles d’un muco-pus blanchâtre assez épais. Lavage anliseplique au formol el pansement compressif.

Le cathétérisme pratiqué le surlendemain nous révèle lexistence de deux rétrécissements situés au niveau du canal laçrymal el du canal nasal. De plus, la sonde ne peut arriver à l'extrémité inférieure du canal nasal qui paraît dévié en ce point par une pelile exostose.

Les injections anliseptiques el l'electrolyse unipolaire el négative du canal par un courant de 4 milliampères amiliorent considérablement la malade, qui ne se présente plus à la clinique au bout de quelque temps et que nous n’avons plus eu l'occasion de

revoir.

OBSERvVATION XV

La malade B....., âgée de 54 ans, se présente à la Policlinique au mois de juillet dernier, venant réclamer nos soins pour un Jlarmotement qu'elle supporte depuis plus d'un an.

Rien à noler dans ses antécédents héréditaires.

RTE

La malade a toujours Jjoui d’une bonne santé générale, c’est à peine si nous relevons dans son histoire quelques maladies bénignes et de courte durée : rougeole, inflaenz:.... En dehors de l'affection actuelle qui nous intéresse elle n'a jamais souffert des yeux. Pas de maladies de la peau ayant occupé la face ou le cuir chevelu. Pas de souvenir de traumatisme sur Ja région nasale. Pas le moindre symptôme de syphilis ; la malade nous accuse toutelois quelques douleurs rhumatoïdes fugaces et erratiques, mais elle n’a jamais eu de crise de rhumatisme articulaire aigu. Pas d'affection nasale.

Il y a un peu plus d’un an elle a eu une petite inflammation de l'œil gauche, une conjonctivite très probablement d’après les symptômes qu’elle nous énumère, et, à la suite, l’œil est resté larmoyant, alors que tous les légers phénomènes inflammatoires avaient disparu en quelques jours. Ce larmoiement était peu abondant, s'exagérant ou mieux se faisant surtout sentir avec le vent, le froid, ou même lorsque la malade se livrait à un travail de près assidu. Elle est ainsi restée un an n'éprouvant pasle besoin de consulter un spécialiste pour une larme que de temps à autre elle était obligée d’essuyer. Duranttout ce temps nous ne relevons chez notre malade aucune complication du côté du globe oculaire ou des voies lacrymales ; ses paupières n’éla'ent même pas agglutinées le malin à son réveil.

Il y a trois mois elle a eu, du côté gauche également, un petit orgeolet venu sur le bord de la paupière inférieure à peu près au niveau du point lacrymal. C:t orgeolet s'ouvrit et guérit promptement sous l'influence des cataplasmes chauds appliqués par la malade. Mais à partir de celte époque la femme B..., remarqua que son œil devenait rouge pour la moindre des causss ; presque tous les matins ele trouvait ses paupières collées ; enfia elle finit par remarquer un petit gonflement au niveau du sac

lacrymal, gonflement qu’elle faisait facilement disparaître par la

Lodes

pression en même temps qu’elle provoquait l'écoulement de quelques gouttes de pus au niveau des points lacrymaux. Ayant remarqué que depuis huit jours environ il lui était impossible de faire disparaître celle tumeur comme par le passé, elle se décide alors à venir nous consulter.

On constate au niveau du sac lacrymal une pelite (uméfaction arrondie, bien apparente, du volume d’un gros pois environ et légèrement fluctuante. Rien à signaler du côté de la peau de la région que l’on peut faire glisser dessus, les parlies voisines ne présentent pas la moindre trace d'inflammation. Du côté du globe oculaire, nous constatons une légère conjonctivite catarrhale ; rien dans les fosses nasales.

Après ponction de la tumeur nous pouvons recueillir quelques gouttes d'un liquide muqueux, trouble, blanchâtre. Lavages au formol à 1/2 pour 100 et pansement compressif pendant trois jours ; après quoi nous ordonnons à la malade une solution boriquée pour lavages de l'œil et un collyre faible au nitrate d'argent. Le cathétérisme pratiqué pendant quelques jours permet rapidement aux injections de passer librement et la malade guérie ne retourne plus à la clinique.

Nous la revoyons au mois de décembre dernier pour constater sa guérison totale et absolue ; non seulement la tumeur n'est pas ‘revenue, mais la malade n'a pas eu à consta'er chez elle le moin-

dre larmoiement.

Onservarion XVI

(Prise à la Polyolinique).

Louise M..., âgée de 14 aus, se présente à la Policlinique, le 6 janvier 1894 avec ua double empyème phlegmoneux du sac

lacrymal,

pe

—— J —— Rien à signaler dans ses antécédents héréditaires.

Nous ne trouvons dans l'histoire de la malade aucune maladie grave à signaler, mais elle a présenté à plusicurs reprises des manifestations da strume et lymphatisme. C’est ainsi qu'elle se présente à nous avec un engorgement ganglionnaire des régions cervicales et sous-maxillaires.

La jeune fille s’apercut, il y a huit mois, que ses yeux larmoyaient fréquemment pour la moindre des causes sans qu'elle ail jamais présenté d’allection du côté des yeux. Ce larmoiement est allé s’accentuant tous les jours jusqu'au moment où ont apparu brnsquement les phénomènes inflammatoires violents pour lesquels elle va demander des soins à un médecin. li y a deux mois, en effet, elle voit survenir du côté du sac lacrymal droit une tuméfaction qui l'empêche d'ouvrir les yeux. La peau des paupières et de la région élait rouge, chaude et la moindre pression à ce piveau provoquait une vive douleur. Sous l'influence de cataplasmes la collection purulente se fait jour à l'extérieur

et ous les phénomènes inflammatoires disparaissent.

A partir de ce moment la malade a lous les matins les paupières collées de ce côté ; l'œil droit est le siège d'une vive “inflammation avec kéralite consécutive dont il lui reste une légère taie de la cornée. De plus, la pression au niveau du sac donnait issue à quelques gouttes de pus par les points lacrymaux, Le médecin consullé essaie à ce moment, mais sans succès; de faire le cathétérisme des voies lacrymales.

Il ya 15 jours, elle voit apparaître de nouveau du côté de l'œil droit des phénomènes inflammatoires violents, analogues aux précédeuts. Cette tuméfaction ne reste pas canlonnée au côlé droit ; elle ne tarde pas à envahir la région du sec lacrymal gauche et présente de ce côté les mêmes symplômes. La jeune malade paliente encore quelques jours en appliquant des cata-

AMBLARD 8

TA

plasmes mais se décide enfin à venir réclamer les soins qu'exige son état.

On constate alors tous les signes d’un double empyème aigu phlegmoneux du sac lacrymal. A droite, le pus s'est fait jour spontanément à l'extérieur.

Trailement. — Incision profonde au niveau des deux sacs lacrymaux. Cette ponclion donne issue à une certaine quantité de pus phlegmoneux et permet de nettoyer complètement la cavité par des injections au sublimé et au nitrate d'argent. Pansement compressif en main!enant ouvertes les lèvres de la plaie par une petite mèche de gaze. Tous les phénomènes inflamma toires disparaissent rapidement et permettent, en trois Jours, de pratiquer le cathétérisme des voies lacrymales.

Pendant quelque temps on fait tous les jours le cathétérisme des voies lacry males avec la sonde de Bowmann, n° 3 ; cetle dilatalion est toujours suivie d’injeclions au sublimé à 0,25/1000 et au nitrate d’argent à 2/100. La sécrétion purulente diminue rapidement, mais malgré l'application régulière et quotidienne du traitement la malade présentait encore au bout de trois semaines une sécrétion purulente que, par la pression au niveau du sac, l’on pouvait faire refluer par les points lacrymaux.

En présence de ce résultat peu brillant on a recours aux injections de formol. La sécrélion se modifie rapidement et de purulente devient simplement muqueuse. Au bout de dix jours la pression sur le sac ne donne plus issue à la moindre sécrétion et la malade peut retourner dans son pays après quelques jours d'observation pendant lesquels elle n’a plus rien présenté du côté des voies lacrymales. |

Nous avons l’occasion de la revoir au mois de jan vier dernier, un an après son traitement, et nous constatons que la guérison

s’est maintenue totale et entière ; la malade ne présente pas le moindre larmoiement.

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