‹ Des Injections de Formol dans le Traitement des Suppurations LacrymalesChapitre 9 sur 21 · PROPRIÉTÉS ANTISEPTIQUES DU FORMOL · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS ANTISEPTIQUES DU FORMOL

COMPARAISON DE CES PROPRIÉTÉS AVEC CELLES QUE POS- SÈDENT D'AUTRES CORPS EMPLOYÉS DANS LE TRAITE-

De toutes les qualités nécessaires à un antiseptique pour permettre d’en généraliser l'emploi, une des plus importantes c’est son faible degré de toxicité. À ce titre, il convient d'examiner cette dernière avant d'aborder l’étude du pouvoir antiseptiqueproprement dit. Berlioz et Trillat, les premiers, ont fait une série d’expériences décrites tout au long dans un compte-rendu de PAcadèmie des sciences en 1892, expériences dont les résultats sont un peu diffé rents de ceux obtenus par plusieurs auteurs. Berlioz et Trillat ont expérimenté sur le cobaye et le lapin à l’aide d’injections intra-veineuses : le formol, d’après eux, introduit par cette voie, produirait la mort du lapin soumis à l'expérience, à la dose de 0,098 par kilo d'animal. D’après Aronson, la dose mortelle pour le lapin

serait bien plus élevée, 0,24, le formol étant toujours

die

injecté par la voie veineuse. Tous ces auteurs, on le voit, arrivent à des résultats bien différents et de nombres aussi divergents il est assez malaise de tirer une moyenne. M. Henry Pottevin qui a repris de nouvelles expériences sur la toxicité du formol trouve que les nombres fixés par Trillat et Aronson sont un peu exagérês : en expérimentant sur des cobayes, il remarque que l'animal meurt presque toujours cachectique au bout de quelques semaines à la suite d injections dépassant 0,03 par kilo et pratiquées par la voie veineuse. Enfin, tout récemment, M. Miquel, dans les Annales de Micrographie, insiste à nouveausur la toxicitèdu formol : « j’ai « pu rester enfermé, dit-il, pendant plusieurs minutes-et « respirer assez librementdans des cabinets étroits de 4 à 5 « mètres cubes de volume, livrès à la stérilisation par des s0- « lutions d’aldéhyde à 10 pour 109 et par des lampes com- « burant au rouge naissant 25 grammes d’alcool mêthy- « lique. » Ce qu’il nous est possible de conclure de l’ensemble de ces résultats, c’est que la toxicité de l’aldèéhyde formique est relativement très faible et ne saurait suffire à contre-indiquer son emploi dans les suppurations lacrymales.

Quant à son action irritante elle est à son tour diversement interprétée, certains auteurs, M. Pottevin par exemple, la déclarant considérable, d'autres la déclarant à peu près nulle, Pour notre part, à la suite de nombreuses injections pratiquées dans le sac lacrymal, chez des malades venus à la Policlinique de Bordeaux nous avons eu l’occasion d'observer le faible degré de cette action

irritante, Assurément les malades aceusaient presque tous

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une légère douleur au niveau des points touchés par le liquide de l'injection : mais cette douleur était fugace et chez les malades les plus sensibles elle n’excèdait guëre la durée d’une minute.

Le formol est donc très faiblement toxique et peu irritant. En revanche, ilest douè de propriétés stérilisantes et microbicides considérables. Nous ne reviendrons pas ici sur les faits observés par Trillat, sur l’action antifermentescible du formol dans les urines, ni sur lPinteressante remarque faite à l'Institut Pasteur au sujet d’un liquide Raulin ayant séjourné dans un coin pendant vingt ans sans s’altérer et dans lequel M. Duclaux reconnut par lanalyse des traces de formol. Rappelons que Trillat, un des premiers, à bien mis en relief les propriétès stérilisantes et bactéricides de ce corps : « J’ai cal- « culé, dit-il, la dose de formaldéhyde capable des’opposer « à la putréfaction d’un litre de bouillon, bouillon formé « de jus de viande crue de bœuf et de veau. Les essais « êtaient faits à une température de 30°. La décomposi- «tion est déjà ralentie par une dose de 1/50000 de for- «maldéhyde ; à la dose de 1/25000 les bouillons n’avaient «subi aucune décomposition au bout de quatre Jours. Les « bouillons additionnés de pareilles quantitès de bichlo- «rure de mercure étaient décomposès au bout de vingt- « quatre heures ». Cette expérience nous offre un double intérêt. Elle nous montre d’une part l’action bactéricide puissante du formol et d’autre part la supériorité de cette même action sur celle du sublimé. Aronson nous fournit des données analogues ; il montre que « 15 centimètres « cubes d’urine et 15 centimètres cubes de bouillonde cul-

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