EFFETS CLINIQUES DES SOLUTIONS SALINES
Quel que soit le procédé employé pour l'introduction dans l’organisme des solutions salines, et quelle que soit la nature de laffection où on lapplique, on observe tou- Jours à la suite de la médication une série de phénomènes constants. Il n’y a guère que des différences d’intensité ou de rapidité.
Avec M. Bosc, nous divisons ces effets en trois périodes :
Première période. ,
Circulation. — Le pouls, qui avant linjection était petit, filiforme, intermittent, devient pendant l’injection moins rapide, plus énergique et plus régulier.
Tor
Respiration.— Vers la fin de l'injection, la respiration devient plus ample, plus facile, plus régulière et se ralentit légèrement.
Calorification. — Durant l'injection, la température axillaire s’élève peu à peu, mais cette élévation ne devient notable qu’après l’introduction d’une quantité assez considérable de liquide. La température rectale suit la température axillaire.
Diurèse. — Cette secrétion ne se produit pas pendant l'injection.
Tube digestif.— Quelquefois vomissements.
Deuxième période on période critique ou de réaction.
Peu après l'injection, la physionomie du malade se mo difie : le regard est moins vif, la respiration est moins facile, le pouls plus fréquent. Puis éclate un. frisson violent qui peut être comparé au fameux frisson de la pneumonie. C’est la période de froid.
Puis le pouls devient rapide, il faiblit, perd sa régularité ; la respiration augmente de fréquence, redevient difficile. La température qui s’élevait lentement monte brusquement. On est alors en pleine période de chaleur. A partir de ce moment, les phénomènes de la période de réaction s’atténuent, mais la température ne redescend complètement à la normale que deux ou trois heures plus tard.
Troisième période ou période post-critique.
Les phénomènes qui caractérisent cette période sont variables. Ce que l’on observe surtout, c’est Le retour de
la température à la normale ; quelquefois même on constate une véritable hypothermie. Le regard est vif, la physionomie éveillée, le pouls plein, ample, régulier, la respiration large et facile, enfin la diurèse abondante.
Telle est la suite des phénomènes que l'observation note chez la plupari des malades auxquels on applique la médication des solutions salines. C’est surtout à propos de l'injection intra-veineuse que l’on remarquera le plus d’intensité dans leurs manifestations. Au contraire, dans le procédé de l'injection sous-cutanée et dans celui de l’injection intra-rectale que nous étudierons tout à l'heure, ces phénomènes sont moins accusés et leur apparition un peu plus tardive.