DU CONSERVATOIRE PIE
Sur le penchant du Janicule est assis le conservatoire Pie, ouvert le 1 5 juillet 1775 par monsignor Potenziani, et mis sous la protection de S. Pie V , d’où lui vint son nom. Pie VI l’avait fort à cœur et y établit une manufacture de draps, d’après le conseil de monsignor Ruffo, trésorier-général, qui cherchait sagement à employer les pauvres à des travaux utiles. Aujourd’hui les jeunes filles ne travaillent plus la laine , mais la fabrique se trouvant en parfaite position , à cause de la quantité d’ eau que lui envoyé la colline , est louée à un sieur Guglielmi qui y a placé
dès machines faites en France , et les seules actuellement en activité à Rome. Outre les travaux de laine, on y tissait des toiles et des nappes damasquinées de grand prix ; im jour que Pie VI visitait rétablissement, on lui offrit une de ces nappes ornées de belles arabesques et d’un fini plein d’art. Et de fait, jusqu’aux bouleversements du siède dernier, tous les conservatoires romains avaient une industrie particulière qui les distinguait et leur procurait de bons revenus ; ainsi le conservatoire Pie se signalait par les toiles, les draps et les nappages; la Divine Providence par ses gants et les ouvrages de peau; Saint-Clément et Ci^scent par les fustagni ; les Mendiantes par leurs tissus de laine ; le&Pericolanti par leurs étoffes de soie, et ainsi des autres. Aujourd’hui, dans ce conservatoire comme dans les autres, on n’a plus que les travaux ordinaires à l’aiguille, procurés en général par les élèves elles-mêmes. Cependant il s’est chaigé, par un marché particuber , de la bngerie et du blanchissage du collège de la Propagande.
Le cardinal Camerlengo est protecteur né de l’institut où il a deux dépotés, l’un pour la partie économique, l’autre pour les choses spirituelles. De lui dépendent les admissions ; on ne congédie personne, mais la mort , le mariage et le cloître font souvent des vides. La prieure et les maîtresses sont choisies parmi les penaonnaires.
La maison est située dans un ^lieu délicieux qtioique peu siüubre, qui faisait jadis partie du jardin Corsini. Elle exMi tient 3 dortoirs, l’infirmerie, la cuisine avec des fourneaux éo/onomiques sur les [>lus récents modèles, et un jardin. Les femmes vont par chambrée à la promenade ,
vêtues d’une robe de couleur café , d’une guimpe blanche sûr les épaules , et d’un voile sur la tête. Il leur est permis de voir léui's parents , mais jamais d’aller diner chez eux. Le conservatoire a 2,400 écus de rente, et en reçoit 1 ,363 , 50 de la chambfe apostolique.