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de la l)ienraisance publique ; mais le principe ireii était pas moins écrit et développé dans leurs codes, et d’immenses inconvénients pouvaient. en résulter; car « le tiers que le clergé devait consacrer aux pau- € vres et aux malades était une charité, une pure lift béralité qui n’engageait jamais le clergé au-delà de « ses moyens. 11 devait donner l’excédant des frais du « culte et de l’entretien de ses ministres. Le tiers re- « présentait oet excédant. Pour le reste des douleurs K qu’il ne suffisait pas à soulager, il invoquait la pitié « publique, laquelle, en répondant à cet appel, avait, . « comme le clergé, le mérite de l’accomplissement ft d’un devoir volontaire et non strictement obiiga- « toire. Mais en passant à l’État, l'obligation morale « de soulager les pauvres et les malades a changé de « nature, elle est devenue comme tout ce que l’État « doit faire, une obligation strictement civile; en d’au- « très termes, elle a constitué quelque chose de pareil « à la dette que l’Angleterre a en partie contractée à « la suite de la suppression des ordres monastiques,
« une /oi des pauvres^ c’est-à-dire l’obligation pour « l’État de pourvoir aux besoins de ceux qui ne peuft vent subsister par eux-mêmes. La Convention n’u « point reculé devant la conséquence ; elle a franche- « ment proclamé comme dette nationale l’assistance « de la pauvreté. Il est vrai que la pauvreté dans un « État est un mal assez menaçant pour contraindre « ceux mêmes qui ne se reconnaissent point le devoir « de la secourir, à lui chercher des remèdes ou des « palliatifs. Mais de cela même que le mal est mena- « çant, ne résulte-t-il pas qu’il y a du danger à rcconft naître solennellement un devoir qui met incessam-
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a ment cuire les mains de la pan vrelé exaspérée l’arme « terrible d'un droit qu’on ne saurait nier ? D’après « le progrès actuel des sciences sociales et écononii- « ques, l’affirmative n’est point douteuse ; nous som- « mes placés entre le gouffre de la taxe des pauvres el « l’invasion de ceux qu’un parti moderne a appelés « les nouveaux barbares. Toutefois disons-le pour « tous ceux qui ont foi dans le génie de la France et « qui acceptent la tradition de ses œuvres révolu- « lionnaires, il n’y a là qu’un mal passager, dont il . « faut même se réjouir; car il nous contraint tous « incessamment, les bons comme les mauvais, ccux- « ci par la crainte d’une révolte meurtrière, ceux-là « par la pitié que doivent inspirer les douleurs fraler- « nelles , à contribuer au soulagement de la classe la « plus nombreusô de notre société, et quand nous « aurons épuisé la ressource des palliatifs, à chercher rt enfin celte terre promise on vue de laquelle mourut (( la Convention, à chercher une forme sociale dans « laquelle tout homme venant au monde pourra vivre « du fruit de son travail * »
L’auteur de l’article auquel nous avons emprunté ces dernières lignes, a signalé avec raison les conséquences qu’a produites la confiscation des biens religieux , mais il s'est trompé en montrant comme existant et en vigueur un système qui eût du être, mais dont, comme je l’ai dit, nous préserva une heureuse inconséquence. L’État, en effet, ne secourt pas directement la pauvreté el ne donne pas à chaque pauvre le droit d’exiger de lui son entretien ; il re-
' Ihiivers pittoresque , Fraiieo, t. 2, p. .“<.^2.
(‘onnnituux cissocia lions autorisées ia faculté de recevoir et de posséder, laisse toute liberté à celles dont les fonds consistent en quêtes et dons manuels ; il les subventionne, les encourage; mais son budget lui donne à peine deux millions à répartir sur toute la France, et quand il les distribue par petites sonnnes, c’est toujours à titre* de grâce et défaveur. Les départements sont, il est vrai, obliges de soutenir certains établissements charitables, tels que des hospices d’aveugles, d’aliénés. Evidemment l’existence de ces asiles ne cause ni ne multiplie la cécité ou la folie , tandis qu’il n’en serait pas de même d’autres hospices ouverls à des genres de souffrances que le travail et la moralité peuvent prévenir.
11 n’y a donc dans notre régime administratif de bienfaisance aucune trace de charité légale. L’Étal ne doit pas faire plus et ses devoirs se bornent, suivant nous, à seconder les généreuses entreprises, à ne pas entraver les efforts de la religion qui améliore l’ouvrier, à rendre la vie sociale plus facile et supportable pour les masses par une paix honorable, une |)oIitique morale, la faveur accordée à l’agriculture, les règles posées à l'industrie et au désir effréné des richesses.
Nous acceptons, du reste, l’appel à la charité qui termine la citation que nous faisions tout à l’heure. Nous ne sommes pas de ceux qui perdent le temps à récriminer contre leur siècle, à regretter le passé ou à réver vaguement un heureux avenir. Un ordre de choses éteint ne ressuscite pas ce qui a été ne sera plus, du moins d’ici à long-temps, et notre courte existence aura disparu sans doute depuis bien des années, (|uand les formes anciennes viendront revêtir de non-
Veau le corps social, et recevront une seconde fois la vie; c’est paresse aussi de se rejeter toujours dans un avenir qui ne nous appartient pas , tandis que le présent est en notre pouvoir et que , de lui seulement , nous aurons à rendre compte. Nous aimons donc la France actuelle, son esprit hasardeux et ses jeunes institutions, nous avons foi en son génie^ nous acceptons meme la tradition de ses œuvres révolutionnaires ; car à quoi bon se roidir contre le fait accompli, pourquoi toujours des gémissements et des reproches? Nous ne sommes pas nés au xix® siècle pour le condamner sans cesse, désespérer de son salut et consumer nos efforts en une vaine résistance; mais pour développer le germe de bien que Dieu a mis au cœur de toutes les époques et offrir des remèdes au mal qui le dévore. Nous prenons donc les bases de la société moderne; nous comprenons ses volontés, ses aspirations et ses instincts, et nous nedésirons qu’une chose , voir se concilier les principes sur lesquels elle repose avec les éternelles lois de notre vieux et saint catholicisme.
Mais , en vérité, l’on ne saurait trop déplorer celte triste manie de certains économistes, iis onl tué le passé, ils n’en veulent plus et ils ont raison; cependant ils sentent la vanité pratique de leurs systèmes, l’insuffisaneeet la nullité de leurs théories, rebelles à toute application et, au lieu de se tourner vers le seul principe qui pourrait les vivifier, ils sc drapent dans leur impuissance comme le gueux dans ses haillons , ils s’en réjouissent meme , par le motif <ju’elle les porte à la charité, qu’ils ne feraient pas sans l’aiguillon de la peur, en attendant qu’ils aient
trouvé une fornje sociale qui dispensera de la charité. Nous voilà vraiment bien avancés avec vos profondes doctrines qui ne savent, au lieu de nous tirer d’affaire, que stipuler sur l’avenir, parce qu’en effet l’avenir ne compromet pas et que l’on peut se faire une très jolie réputation , avec des promesses de bonheur humanitaire ajournées à quelques centaines d’années. Entre le gouffre de la taxe des pauvres et rinvasion des nouveaux barbares ^ c’est à-dire de ceux qui refu' sent toute assistance au pauvre, vous ne pouvez rien, si ce n’est épuiser la ressource des palliatifs et chercher une introuvable terre promise où il n’y aura plus de misère; et, justement effrayés du temps actuel auquel vous ne donnez pour consolation qu’une orgueilleuse résignation, vous vous croisez les bras dans cette vaine espérance. Mais c’est trop de dérision.
De grâce , veuillez vous apercevoir que dans le monde, et dans notre France en particulier, existe une religion essentiellement humaine parce qu’elle est divine, seul principe social actuellement animé de l’esprit de vie, que l’on nomme christianisme et, dans sa plus haute et plus complète expression , catholicisme. 11 se vante d’une éternelle jeunesse qui s’adapte à toutes les formes politiques; il dit avoir les promesses du bonheur, même sur cette terre, une vérité pour tous les besoins de l’intelligence , une satisfaction pour tous les désirs du cœur, une réponse à toutes les exigences du corps, et il mériterait bien , au moins, qu’on le consultât, sans se permettre de le juger dédaigneusement avant de l’avoir étudié. La concurrence illimitée tue le commerce, le christianisme vous offre l'association; la surexcitation des besoins factices.
suite lu neste d’une fausse doctrine, appelle, d’un coté, la production démesurée , de l’autre , l'abaissement des salaires, d’où naît toute misère pour l’ouvrier* ; le christianisme conseille à tous la modération des désirs, il donne à l’ouvrier les vertus modestes qui permettent Tépargne , à l’entrepreneur la justice qui fait préférer le respect pour la dignité de riiomme à l’ambition d’une rapide fortune; l’immoralité gagne tous les rangs et dévore les classes pauvres ; il améliore les masses en agissant sur chaque individu par la plus sainte et irrésistible influence qui existe ; la faculté du travail n’est pas égale pour tous; il porte ceux qui n’en ont pas besoin à travailler pour les autres, et ce travail c’est la charité , sœur active et inséparable du travail; car si nous avons trouvé dans la Bible la raison de ce dernier, le motif suprême de la charité se trouve dans l’Evangile.
Que faudrait-il pour mûrir les fruitsdont nous indiquons à peine le germe? que les hommes voués aux
’ La véritable économie sociale est celle qui excite à la fois au travail et à la charité, qui conseille bien moins la {)roduction des richesses que la répartition et la dilFusion générale du bien-être, qui prescrit de borner les besoins au lieu de les multiplier indénniment, qui assigne de justes proportions à l'extension de l’industrie, qui s’applique principalement à développer l’industrie nationale, c’est à-dire celle qui s’exerce sur les produits du sol. Cette économie politique, d’accord avec la philosophie chrétienne, conduit à la liberté, à la dignité, à l’aisance de tous les hommes, au maintien de l’ordre social, et par conséquent à la plus parfaite civilisation. Les autres théories économiques et philosophiques, en faisant envisager les richesses et les jouissances comme le seul but de la destinée de l’homme, en excitant et multipliant les besoins factices, en étouffant l’esprit de charité, en donnant à l’industrie une extension indéfinie, parviennent à concentrer les richesses cl les raffinements du luxe dans (juclques individus, mais répandent sur les masses la misère, rabruiissementella servitmle, et SC résolvent en anarchie ou en despotisme (Villeneuve , du paupêr.j I. m, p 5).
études sociales, recherchentdans les livres foiidainentaux du christianisme la pensée du divin législateur dans ses rapports avec toutes les questions quesoulcve l’économie politique; qu’ils s’efforcent d’en extraire et d’en composer une théorie complète des choses de la société, où nous serons surs enfin de suivre et de puiser/a coie, la vérité etlavie. Elle s'y trouve, cette théorie, car sans cela l’œuvre du Christ eût fait défaut à une nécessité de la nature humaine. Les épîtres de saint Paul seraient une source intarissable de ces révélations de la vraie science économique, et dans ces livres qui nous conservent les paroles du divin Maître, on en découvrirait aisément des aperçus toujours anciens et toujours nouveaux, comme l’éternelle beauté. Le dogme catholique est connu , défini , invariablement fixé, et malheur à qui voudrait l’entamer ou l’étendre sous prétexte des exigences d’une époque; mais dans l’ordre temporel et dans ses applications à la vie sociale , il est permis de croire que l’Évangile tient en réserve, pour chaque âge successif, une face nouvelle de la vérité que le siècle précédent n’a point remarquée, et qui vient répondre en son temps à l’appel de chaque génération et servir de phare lumineux à la civilisation.
Que faudrait -il encore? Les principes chrétiens posés, que les gouvernements dirigent vers leur réalisation le pouvoir dont ils disposent, que toute liberté leur soit donnée et que chaque homme de bien , dans sa sphère d’action , n’ait d’autres règles que les leurs, d’autre but que de les pratiquer; alors, au christianisme seront réservés le bonheur et la gloire de sauver encore une fois l’humanité.