DE L AUMÔNERIE APOSTOLIQUE
L’institution d’un aumônier secret du pape semble remonter au vu® siècle, sous le pontificat de Conone. Ces fonctions sont aujourd’hui confiées à un prélat évêque titulaire appartenant à la cour intime du souverain pontife, et par le moyen duquel celui-ci fait de nombreuses et diverses œuvres de charité. Il habite le palais même du pape , où il a son secrétariat , ses archives et ses comptes. Innocent XII constitua, surlafin duxvii® siècle, l’aumônerie apostolique dans sa forme actuelle. J’ai parlé en leur lieu des malades secourus par elle et du conservatoire des saints Clément et Crescent qui en relève; je vais énumérer quelques-unes des aumônes quelle répand , me réservant de parler dans la quatrième partie, des écoles qu’elle entretient pour l’éducation spéciale des demoiselles.
500 écus par mois sont distribués par monsignor faumônier en dons manuels, selon la volonté du pape, et le plus souvent sur un rescrit du Saint-Père luimême. Il accordait aussi jadis de nombreuses pensions mensuelles ; mais la commission des subsides, fondée par Léon XII, est aujourd’hui chargée d’acquitter celles seulement qui ont été concédées, l’état des fonds, ne permettant pas davantage. Ces pensions se faisaient de
préférence au\ pauvres de condition relevée , aux institutions de cliarité et aux monastères.
Au jour solennel anniversaire du couronnement du pape, l’aumônier, dans la grande cour du Belvédère au Vatican, donne à chaque pauvre qui se présente un derai-paul, ce qui s’appelle \ aumône del grosso. Les hommes sont d’un côté, les femmes de l’autre; les visiteurs aident l’aumônier. On distribue ainsi, en un seul jour, environ 2 , 400 écus, et cette somme se trouve doublée la première année de chaque pontificat , en laquelle on donne un paul entier par tête. Une autre aumône dite del testone ou des trois pauls , était accordée dans les jours de Pâques et de Noël, par une délicate attention de la charité des papes, qui voulaient faire passer gaîment au peuple ces saints jours de fêtes. L’étahlissement de la commission des subsides en a fait cesser l’usage. Trois fois l’an, c’est-à-dire à Pâques, à Noël et le jour du couronnement du pape, on donne un paul à tous les détenus de la prison Innocentienne , aux jeunes gens de la maison de correction , aux femmes du pénitencier de Saint-Michel , aux prisonniers pour dettes du Capitole. On calcule que chacune de ces distributions coûte 1 20 écus. A la charge de l’aumônerie est encore la solennelle exposition du Saint-Sacrement dans la chapelle Pauline, au Vatican, le premier dimanche de l’Avent, et le saint sépulcre que l’on y établit avec grande pompe pendant la semaine sainte; ces deux cérémonies coûtent 1,000 écus. L’aumônerie n’a pas de fonds à elle; la datairie lui fournit 22,800 écus par an, employés aux œuvres
ci-dessus désignées , au soulagement des infirmes et au soutien des écoles.
Saint Grégoire-le-Grand avait ordonné que chaque jour on fît dîner douze pauvres dans son palais, et cette bonne œuvre, nommée l’aumône du Campo-Santo, interrompue lors des derniers bouleversements politiques, avait été rétablie par Léon XII : monsignor l’aumônier présidait lui-même au repas. Aujourd’hui l’on trouve plus convenable de donner aux pauvres une somme équivalente, afin qu’ils puissent la partager avec leurs familles.