‹ Des institutions de bienfaisance publique et d'instruction primaire à RomeChapitre 57 sur 73 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

DE e’aHCHICONFRÉRIE DE LA SAINTE ANNONCIATION.

Le cardinal espagnol Torrecremata , de l’ordre des Frères prêcheurs, institua, en 1460, pendant le pontificat de Pie II, une société de deux cents citoyens romains qu’il plaça sous l’invocation de la Vierge dans son Annonciation. Les confrères se réunissaient pour diverses œuvres de piété, dans l’église de Sainte-Marie-dela-Minerve, et mangeaient quelquefois fraternellement au réfectoire de la communauté, avec les religieux euxmêmes. Les choses allèrent ainsi pendant quelques années, jusqu’à ce que vers 1465, ils résolurent de se rendre utiles au prochain et se consacrèrent spécialement à recueillir des aumônes pour sauver de la séduction, en les dotant, de jeunes filles pauvres; leurs pieuses intentions réussirent à tel point, que déjà en 1 600, ils donnaient à 200 demoiselles 50 écus de dot, avec un vêtement blanc et des chaussures. Le pape Urbain VII aimait si

vivement cette œuvre, qu’il lui laissa tous ses biens, ce qui porta le montant des dots à 80 et même à 1 00 écus romains.

Les qualités requises pour avoir part aux bienfaits de la congrégation, sont d’être fille, pauvre, de bonne réputation, Romaine, née de légitime mariage, et de ne point habiter avec des personnes suspectes. Les orphelines sont préférées à toutes les autres, et si elles sont étrangères, ou les considère, par ce seul fait de leur abandon , comme Romaines. On exclut les jeunes filles qui demeurent dans des monastères, vivent dans un hôtel ou vont travailler aux vendanges, aux coupes de bois, aux moissons, les aubergistes, cabaretières, blanchisseuses et grènetières. Dès l’àge de 1 5 ans, les demoiselles qui ne sont dans aucun cas d’exclusion peuvent déposer entre les mains de rarchiconfrérie leurs certificats; les visiteurs choisis parmi les hommes les plus mûrs et les plus probes de la Société, vont s’assurer, dans leur maison même, de leur pauvreté et de leur conduite : après trois aas de surveillance et d’épreuve, elles obtiennent leur dot. Cette espèce de patronage qui s’exerce pendant les trois années les plus périlleuses de la vie, sur les jeunes filles qui sollicitent des dots et qui sont fort nombreuses dans la ville, doit influer très avantageusement sur la morale publique.

Le jour de l’Annonciation on délivre le diplôme dotal. Le pape se rend à Sainte-Marie-de-la-Minerve, où après avoir tenu chapelle pontificale , il admet au baisement des pieds quelques jeunes filles qui représentent celles qui se destinent au cloître, et le même jour elles font toutes une procession solennelle. Cette dernière ecrémonie était

autrefois en usage dans toutes les distributions de dots.

En 1700, rarchiconfrérie donnait une dot de 60 écus à 400 jeunes filles, et la délivrance s’en faisait non-seulement au jour de l’Annonciation, mais en septembre et en mai. Aujourd’hui, la diminution des ressources a réduit à 30 écus les dots des fiancées, à 50 celles des novices. Le nombre moyen est toujours de 400 ; on donne en outre à chaque personne, en place des vêtements et des souliers, 3 écus et 60 baïoques. Les revenus de l’œuvre s’élèvent à 25,000 écus, mais on en consacre 1 5,000 seulement aux dots, le reste étant enlevé par des charges d’un autre genre.

Les membres de l’archiconfrérie ne portent point de sac de pénitence ; ils se réunissent dans un local situé près de Sainte-Claire et ont dans l’église de la Minerve une belle chapelle particulière.

Page 1