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DES OUPHEUNS DE SAINTE-MARIE-IN-AQUIRO

Sous Paul 111, vers 1540, à l'instigation principalement de saint Ignace de Loyola, on ouvrit un asile pour les orphelins à Sainte-Marie i(l-.■l(/«iro, diaconie cardinale, et pour les orplielines, à Saiut-Bartliélemy-en-l’île. Tels

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furent les premiers établissements de ce genre fondés à Borne. Une confrérie, sous le titre de la Visitalion de Marie Vierge des orphelins les dirigeait tous deux et les conduisit à un haut degré de prospérité, puisqu’ils continrent à la fois jusqu’ à trois cents personnes des deux sexes. Le cardinal Antommaria Salviati , qui mourut en 1 602 laissant un témoignage magnifique de sa charité aux hôpitaux de Saint-Jacques et de Saint-Roch , renouvela les bâtiments de Sainte-Marie et fonda , en 1 59 1 , un collège appelé de son nom Salviati. Il avait remarqué que, parmi les pauvres enfants destinés aux arts et métiers, il y en avait que la nature avait doués de talents et d’aptitude aux travaux littéraires ; il voulut donc que de leur refuge ils passassent au collège , pourvu qu’ils fussent âgés de douze ans , et eussent vécu pendant trois ans au moins dans leur premier asile. Le cardinal mit son collège, comme l’hospice luimême, sous la direction de la confrérie ; à ces conditions toutefois, que les deux administrations seraient séparées, afin de rester chacune dans sa destination, et de ne pas se vicier l’une l’autre en se confondant. L’uniforme des orphelins était un sac de toile blanche avec un masque et un chapeau de même couleur, comme ils le portent encore <]uand ils suivent les convois d’enfants; celui des élèves du collège fut une soutane de laine blanche de même forme que l’habit des séminaristes. suite du temps a produit forcément ce que craignait le e.ardinal, la fusion des deux établissements , et l’on applique aujourd’hui le nom d’orphelins à toute la communauté de garçons de Sainte-Marie-in-Açutro.

Léon .\II en confia la direction aux Pères Sommasques fondés par saint Girolamo Emiliani pour l'éducation de

la jeunesse, et il ne pouvait la déposer en des mains plus habiles. Un cardinal protecteur est le su|)érieur principal de Sainte-Marie-in-i4çuiro et des Saints-Quattre. De lui dépend l’ admission desjeunes gens, excepté ponrles places laissées à la nomination de quelques familles. Les revenus actuels ne permettent de donner que trente-huit places gratuites , mais on admet des pensionnaires moyennant 7 écus par mois. Les conditions voulues pour l’admission gratuite sont : d’ètre Romain, privé au moins de son père, âgé de plus de sept et de moins de dix ans. A dix-huit ans accomplis les élèves sortent du collège. On en compte aujourd’hui cinquante, divisés en cinq chambrées, bien que le bâtiment puisse contenir six chambrées et soixante-dix élèves. Treize pères Sommasques et sept domestiques remplissent les différentes fonctions. Ondonne aux jeunes gens 15 ou 18 onces de pain, selon leur âge, et une feuillette et demie de vin pour toute la journée : au dîner, du potage, du bouilli, des légumes, des fruits; au souper, des légumes, une salade, des fruits. Les chambres sont nettoyées chaque jour; les jeunes gens font euxmêmes leurs bts composés de matelas et de couvertures de laine. En somme, on y entretient une grande propreté, bien que le bâtiment soit vieux et humide au rezde-chaussée. LecardinalWeld, protecteur actuel', l’a restauré en grande partie et a fait établir des fourneaux éco ■ noiniques suivant les plus nouveaux modèles. Une chambre entr’ autres, mise en bon ordre, renferme les inscriptions et les |K)rtraits des bienfaiteurs parmi lesquels on remarque l’ avocat Gorirossi qui, d: nos jours, a laissé par son testament un magnifique et généreux exemple de

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charité. Dans cette inèine salle, il est permis, une fois la semaine , aux mères de venir voir leurs üLs, afin de conserver les liens de l’amour filial et maternel.

Le plus grand nombre des élèves suitl’étude des lettres, quelques autres s’adonnent aux arts. Il semblera peut-être aux lecteurs que le but où tendent ces orphelins est trop élevé, leur éducation et leur traitement trop soignés, pourdes jeunes gens que l’ on présume être pauvres. Mais il faut considérer que, dans une vaste cité telle que Borne, des enfants viennent souvent à perdre leur père qui, avec les travaux honorables de quelque profession, soutenait convenablement sa famille. Ces pauvres enfants élevés dans des habitudes délicates et déjà livrés aux études, trouvent dès-lors dans la maison de Sainte-Marie uu asilcen harmonieavecleur situation. Commedans la société les positions sont diverses , et variables les phases de la fortune, il est digne d’une intelligente charité d’offrir des abris différents au malheur etdes moyens variés d’ existence, afin que chaque état trouve dans sa misère un soulagement. Ce que tous les hommes de bien désirent, c’est l’accord de ces diverses institutions et leur concours amical au soulagement et au perfectionnement moral du pauvre.

L’administration de la maison des orphelins est réunie à celle du conservatoire des Saints-Quattre ; elle disposede 14,500 écus, grevés de l’entretien de deux églises, d’un couvent et d’autres charges qui absorbent plus des deux tiers des revenus.

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