‹ Des institutions de bienfaisance publique et d'instruction primaire a Rome, essai historique et statistiqueChapitre 35 sur 78 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

DE l’hospice de sxinte-galle.

Sainte-Galle , fille du consul Symmaque, mis à mort sous Théodorick, avait coutume de nourrir chaque jour douze pauvres dans sa maison , située à la place du fa-

mcux portique d’Octavie. Cette maison fut, dans la suitd, transformée en église sous l'invocation de Marie-trés- Sainle-au-Porlique. Ou y voyait une célébré image de la Vierge, concédée par Clément VIII, en 1601, à l’église de Campitelli, et un hôpital incorporé depuis à celui de la Consolation.

Au milieu du xvii® siècle, le charitable prêtre Marc- Antoine Odescalchi ouvrit à Sainte-Galle un refuge de nuit pour tous les pauvres sans asile, spécialement en hiver. Il parvint à en recueillir jusqu’à cinq ou six cents dont il réparait les haillons décousus , raccommodait les chaussures, et auxquels il donnait un lit, du feu et une soupe qu’il leur offrait de ses propres mains; mais son grand et premier but était de les instruire dans les choses de la foi. 11 ne refusait pas même ceux qui avaient des maladies cutanées et malpropres, et les faisait soigner avec grande sollicitude. A cette œuvre pieuse concourait de ses aumônes le cardinal Benedetto - Odescalchi , devenu plus tard Innocent XI, qui à la mort de Marc-Antoine. en 1670, en prit un soin spécial. Dom Livio- Odescalchi releva, sur les dessins de Mattia di Rossi, en 1725, l’église et l’hospice, agrandis ensuite par dom Baldassare, membre de la même famille, jusqu’à nos jours noble et généreuse protectrice de cette œuvre.

Les pauvres trouvent donc à Sainte-Galle un abri pour leur repos et un lit composé de supports, de tablettes, d’une paillasse, de draps et de couvertures. En été, on les reçoit jusqu’à une demi-heure de nuit (à peu près huit heures) ; en hiver, jusqu’à trois heures (huit heures et demie). Il y a, pour les hommes seulement, 224 lits disposés en

cinq dortoirs, dont trois sont communs ; un autre sert aux maladies de la peau ; un cinquième est destiné aux ecclésiastiques : ce dernier est de 1 1 lits. Le plus grand nombre se présente en hiver, le plus faible en été ; et l’on ne doit pas s’étonner si dans la belle saison l’on voit tant de pauvres dormir en plein air, car la douceur du climat le ])ermet, et plusieurs préfèrent les degrés d’une ^lise ou l’étal d’un boucher à la discipline de leur asile. L’hiver, avec ses gelées et ses pluies, les chasse à Sainte- Galle, et quelquefois alors les lits ne suffisent point à la foule . Quand cette presse arrive, les vieillards et les enfants sont préférés à tous les autres. Les mêmes individus ne devraient pas être admis au-delà de quelques jours déterminés; mais le refuge est ouvert tant qu’en subsiste le besoin. Le 5 octobre, jour de la fête de Sainte-Galle, on tire au sort une liste de douze pauvres, auxquels on donne un bon dîner.

En 1702, Carlo-Testa et Girolamo-Vaselli, prêtres zélés , établirent à Sainte-Galle une société d’ecclésiastiques pour distribuer aux pauvres les soins spirituels. Le vénérable chanoine Derossi y exerça pendant plusieurs années son zèle apostolique. Parmi les œuvres de piété que r on y pratique, je citerai les exercices de saint Ignace, destinés à préparer les jeunes gens à leur première communion. L’église a un sacristain, l’hospice un recteur et trois autres employés. Sainte-Galle a donné naissance à deux établissements, l’hospice apostolique de Saint-Michel et l’hôpital de Saint-Gallican. Je l’ai déjà dit en parlant de ces deux institutions, mais je le rappelle ici, pour montrer comment la divine Providence fait sortir plu-

«ours bienfaits d’un seul germe, lîien que Sainte-Galle soit uii institut particulier delà famille Odescalclii, d’après l’acte de fondation, elle n’est point administrée par un membre de cette famille, mais seulement par un individu qui en dépend.

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