‹ Des institutions de bienfaisance publique et d'instruction primaire a Rome, essai historique et statistiqueChapitre 37 sur 78 · DU CONSERVATOIBE DES NÉOPHITES · texte numérisé non relu

DU CONSERVATOIBE DES NÉOPHITES

Sous le pontUicat de Paul III, en 1540, fut instituée dans réghsc de Saint-Jean, près du Capitole, une confrérie nommée de Saint-Joseph-de$-Catéchumènes , qui

accueillait les juifs et les inûdëlcs désii'eux d’embrasser la foi catholique, et les retenait dans une maison voisine de l’église même. Dans le même temps s’ouvrit un monastère de l’ordre de Saint-Dominiqnc, sous le titre de la Sainte- Annonciation, pour recevoir les femmes catéchumènes, et les garder jusqu’à leur mariage ou leur entrée en religion. La même confrérie dirigeait les deux institutions. Grégoire XIII , comprenant que les nouveaux convertis avaient besoin d’une plus solide instruction religieuse, créa, en 1577, un collège pour les néophites qui suivaient aussi les cours de belles-lettres dans les écoles des Pères jésuites. Le collège eut 70 élèves, et fut placé près des Thermes d’Agrippine. Le cardinal S. Onofrio le transporta en 1634 à la madone des Monts, ainsi que l’Institut des catéchumènes de Saint-Joseph. Innocent X I y réunit ensuite les femmes catéchumènes et néophites logées alors en une maison voisine de Saint-Quirice, peut-être parce que l’Annonciation était déjà devenue ce qu’elle est aujourd’hui , un véritable monastère. Maintenant donc, à la Madone des Monts, des bâtiments séparés renferment les hommes et les femmes qui aspirent au baptême. Quand une personne veut embrasser le catholicisme, elle se présente, est admise et gardée pendant 40 jours ; si au bout de ce temps elle se fait baptiser, elle a été entretenue gratuitement , sinon elle doit remboui’ser les frais de son séjour. Les hommes sont congédiés après leur baptême, parce que les malheurs des temps ont anéanti le collège des néophites. Les femmes que l’on ne pourrait renvoyer sans péril restent dans rétablissement et y forment ce que l’on nomme le

conservatoire des néophites. J’y ai trouvé 24 élèves, c’est-à-dire 20 néophites et 4 catéchumènes : sur ce nombre 20 avaient été juives et 4 idolâtres , dont 3 mauresques. Les catéchumènes sont séparées, même à table, des néophites. Le local est beau , les salles superbes, le traitement parfait. Les élèves remplissent tour à tour les fonctions de cuisinières , portières , et sont chaînées des services intérienrs de la maison , ce qui , joint aux ouvrages qu’on leur enseigne, les dispose à être de bonnes mères de famille. Dans leur chapelle, elles pratiquent en commun les exercices religieux. Les jours de fêtes et quelques autres jours encore, elles vont en promenade, vêtues ; uniformément de robes bleues et de bonnets blancs. Si elles se marient, on leur donne 150 écus de dot; si elles veulent se faire religieuses, le monastère de l’Annonciation leur est consacré. La prieure, la compagne et la maîtresse doivent être nées chrétiennes. Le cardinal-vicaire de Borne dirige et administre le pieux institut, qui a ses revenus confondus avec ceux de l’établissement des hommes. Le trésor fournit sur la caisse de la dette publique 7,200 écus par an. D’autres pays catholiques possèdent des établissements semblables ; ce qui distingue le nôtre, c’est qu’avec une charité toute romaine, il n’exclut personne, tandis que les premiers n’admettent que les seuls citoyens de leur pays.

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