CHAPITRE XI
nu CONSERVATOIRE DE SAINTE-CATHERINE-DESr.ORDlERS.
Sous l’impulsiou de saint Philippe et de saint Ignace, il se forma, eu 1543, une association d’hommes bienfaisants, dans le but de sauver de la séduction les filles nées de femmes perdues. Le cardinal Frédéric Donati- Cesi commença, en 1544, à élever une égUse, termmée en 1 50^4 , dédiée à la sainte vierge et martyre Catherine, et surnommée De’funari . parce que les fabricants de cordes habitaient la même rue. Cette église fut unie à l’œuvre pieuse tellement prompte en son développement, que quand écrivait Fanucci, en 1600, elle comptait jusqu’à 160 jeunes fdlcs. Quelques maîtresses chargées de l’éducation des élèves, et quelques élèves ellesmêmes, voulurent, trente ans après la fondation, revêtir l’habit monastique de Saint- Augustin ; de sorte qu’ aujourd’hui!’ institut se compose de religieuses, d’orphelines et de jeunes filles de condition relevée qui paient une pension et sont confiées pour leur éducation aux dames Augustines. Actuellement il renferme 20 rehgieuses, dont 13 voilées et 7 converses, 1 8 iiensionnaires qui paient 5 écus
par mois, 8 orphelines nommées filles de t établissemenl et élevées gratuitement. On n’exige plus aujourd’hui les mêmes conditions que dans le principe, et il suffit, pour y être admise, d’être pauvre et orpheline. Les filles de l' institut et les pensionnaires ont le même genre de vie , et leur traitement est meilleur que celui des autres conservatoires, parce que l’on y reçoit surtout des jeunes filles nées de familles pauvres, mais distinguées. Si elles se marient , leur dot est de 50 écus; si elles se font religieuses dans le monastère même, elles doivent apporter une dot de 400 écus. Elles s’occupent à divers ouvrages de femmes commandés par rétablissement lui-même ou par des étrangers ; dans le premier cas elles ne sont pas payées , dans le second le gain tout entier lenr appartient. Les travaux les plus fatigants sont à la charge des sœurs converses ; ceux qui donnent moins de peine sont confiés aux jeunes filles elles-mêmes, afin de les habituer aux soins domestiques. Les religieuses veillent à l’exécution du règlement. A défaut de la confrérie , mère de cette œuvre, elle dépend aujourd’hui d’un cardinal protecteur qui a le droit d’en confier la direction à des députés de son choix, et d’admettre aux places vacantes les filles qu’il en juge les plus dignes.
Le cardinal S. Onofrio laissa au conservatoire une certaine rente pour l’entretien de deux jeunes filles nobles et en danger de se perdre. Autrefois on plaçait les élèves comme femmes de chambre, dans des familles qui devaient s’obliger à les garder six ans et à leur donner, en cas de mariage, f .50 écus de dot. Cefte excellente eoufume est mallieureusement tombée. H y avait encore
près de l’établissement une maison de refuge pour les femmes qui, ayant été filles du conservatoire, deviendraient veuves, ou qui, mariées, devraient pour de graves raisons se séparer de leurs maris.