DU CONSERVATOIRE DE LA DIVINE PROVIDENCE ET SAINT-PASCAL
François Papaceli, prêtre romain, mort le 23 mars 1684, avait, dix années avant, ouvert à la Tour-des- Miroirs, une maison pour de pauvres filles qu’il nourrissait et faisait instruire par de bonnes maîtresses. Clément X, en 1675 , transféra près de l’église de Sainte- Ursule à Ripetta , cette œuvre pieuse qui, agrandie plus tard, finit par renfermer 200 personnes et par être, le plus vaste des conservatoires de Rome. Innocent XI lui appliqua les produits d’une certaine contribution payée par les bateliers et négociants du port de Ripetta , le jour de Saint-Roch, et qui se dissipaient jusqu’alors en courses sur l’eau, chasses aux oisons et autres divertissemens de ce genre. Le même pape lui donna pour protecteur le cardinal Cibo et pour directeur monsignor Corsi. L’institut dépend aujourd’hui du cardinal-vicaire qui nomme un député pour l’administrer et le diriger.
Les pensionnaires sont au nombre de 100, nées de familles pauvres , mais honnêtes. EUes ont fabriqué des gants et d’autres ouvrages en peau, tant que les manufac-
turesde Naples, aujourd’hui supérieures par la perfection de leurs produits et leur prix modéré , ne leur ont pas fait une trop redoutable concurrence. Maintenant elles cousent , font des bas, raccommodent le linge ; les mal* tresses sont choisies parmi elles, et le produit de leur travail leur appartient tont entier 5 elles ont pour ateber une très belle salle où l’on admet aussi en apprentissage quelques pauvres jeunes filles n’ appartenant pas à l’établissement. Le blanchissage esteonfié à des étrangers, mais la cuisine, l’infirmerie et les autres travaux domestiques sont laissés aux élèves. La nourriture est d’une feuUlctte de vin, 16 onces de pain, 8 onces de viande, le soir une salade et un ragoût de la valeur d’une baïoque. Elles vont quelquefois à la promenade , excepté les jours de fête, et elles sortent alors par bandes de cinq, vêtues d’une robe noire, d’un schall, d’un chapeau et d’un voile de la même couleur.
L’ édifice offrant de vastes dortoirs et une infirmerie commode, permet de séparer les malades de celles qui nele sont pas. Chaque dortoir a de 12 à 1 5 lits, et quelques autres chambres, plus petites , eu contiennent deux , trois ou quatre. Les femmes êgées, presque toutes infirmes, exigent beaucoup de soins et ont un quartier spécial de 1 5 lits. Il ne manque qu’un jardin et l’on pourrait bien facilement en créer un dans une position délicieuse sur la rive du Tibre. L’église de Sainte-Ursule a été convertie en oratoire domestique dans lequel les jeunes filles vont souvent accompbr leurs devoirs religieux. A ce conservatoire de la divine Providence est venu se joindre en grande partie celui de Saint-Pascal, situé dans le Tras-
tevere. Des 100 personnes entretenues dans l’établissement , 25 paient une pension de 4 écus et demi par mois, les autres sont reçues gratuitement. En cas de mariage ou d’entrée au couvent, on leur donne 100 écus de dot. La chambre apostolique accorde au conservatoire une subvention annuelle de 31 1 écus qui, joints aux autres revenus, forment une rente de 6,500 écus, suffisante au soutien de la maison.